Navigation path

Left navigation

Additional tools

Commission européenne - Communiqué de presse

Semestre européen – Paquet d'hiver: examen des progrès accomplis par les États membres dans la réalisation de leurs priorités économiques et sociales

Bruxelles, le 7 mars 2018

La Commission européenne publie aujourd'hui son analyse annuelle de la situation économique et sociale dans les États membres, qui comprend un examen des progrès réalisés dans la mise en œuvre des recommandations par pays ainsi qu'une évaluation des déséquilibres éventuels.

L'économie européenne connaît une expansion vigoureuse et les perspectives économiques favorables s'accompagnent d'une amélioration de la situation sur le marché du travail et sur le plan social. Cet état de fait est le résultat des réformes menées ces dernières années par les États membres et constitue l'occasion de renforcer encore la résilience des économies et des sociétés de l'UE. Néanmoins, la relance ne profite pas à tous de la même manière au sein de la société et des faiblesses structurelles freinent la croissance et la convergence dans certains États membres. C'est la raison pour laquelle les pays de l'UE devraient se servir de la dynamique actuelle pour consolider davantage les fondements de leurs économies.

Les 27 rapports par pays publiés aujourd'hui (concernant tous les États membres à l'exception de la Grèce, qui fait l'objet d'un programme de soutien à la stabilité) présentent l'analyse annuelle de la situation économique et sociale dans les États membres effectuée par les services de la Commission, qui porte également sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre des recommandations par pays au fil des ans. Cette analyse s'appuie sur un dialogue intense aux niveaux technique et politique avec les États membres, ainsi qu'avec les parties prenantes à tous les niveaux, dans le cadre du Semestre européen de coordination des politiques.

En ce qui concerne les 12 États membres retenus en novembre dernier pour faire l'objet d'un bilan approfondi, les rapports par pays incluent une évaluation des éventuels déséquilibres macroéconomiques, et le paquet comprend une catégorisation actualisée des pays au titre de ce que l'on appelle la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques.

Pour la première fois, les rapports par pays mettent particulièrement l'accent sur la prise en compte des priorités du socle européen des droits sociaux proclamé en novembre 2017. Cette année, l'analyse des défis en matière de compétences et du fonctionnement des filets de protection sociale au niveau national occupe une place importante. Les données du tableau de bord social sont aussi utilisées pour suivre les résultats obtenus en matière d'emploi et sur le plan social.

Le paquet d'hiver 2018 du Semestre européen fait suite à la publication, en novembre, de l'examen annuel de la croissance 2018 et de la recommandation concernant la politique économique de la zone euro, qui fixaient les priorités pour l'année à venir au niveau européen. Il met maintenant l'accent sur la dimension nationale du Semestre et fournit aux États membres une base sur laquelle ils pourront bâtir leurs programmes nationaux annuels d'ici à la mi-avril. Avec les rapports par pays, les programmes nationaux sous-tendront les propositions de la Commission en vue de la prochaine série de recommandations par pays en mai.

M. Valdis Dombrovskis, vice-président pour l'euro et le dialogue social, également chargé de la stabilité financière, des services financiers et de l'union des marchés de capitaux, a déclaré: «Les économies fortes sont celles qui ne cessent de remédier à leurs points faibles, même lorsque la conjoncture est bonne. À l'heure où l'économie européenne croît à son rythme le plus élevé depuis dix ans, telle devrait être notre stratégie, tant au niveau de l'UE qu'à l'échelon national.»

M. Pierre Moscovici, commissaire chargé des affaires économiques et financières, de la fiscalité et des douanes, a déclaré pour sa part: «Onze pays de l'UE sont encore confrontés à des déséquilibres macroéconomiques, ce qui les rend vulnérables en cas de choc. Aujourd'hui, la Commission européenne constate que ces déséquilibres sont en train d'être corrigés grâce aux réformes en cours et à la reprise économique, rendant ainsi l'Europe plus forte. C'est une bonne nouvelle! Le nombre de pays concernés par la procédure n'a cessé de diminuer depuis la crise et, aujourd'hui, nous récompensons les progrès accomplis en Bulgarie, en France, au Portugal et en Slovénie par un changement de catégorie positif. Des efforts supplémentaires sont nécessaires dans tous les pays. Pour des millions d'Européens, la vie reste un combat quotidien; c'est la raison pour laquelle tous les gouvernements doivent prendre davantage de mesures pour lutter contre les inégalités, le chômage et la précarité de l'emploi.»

Mme Marianne Thyssen, commissaire chargée de l'emploi, des affaires sociales, des compétences et de la mobilité des travailleurs, a déclaré: «Avec la proclamation du socle européen des droits sociaux, nous avons placé les investissements dans les compétences, la réduction des inégalités, l'équité sociale et la croissance inclusive au premier rang de nos priorités. Nous devons maintenant examiner dans quelle mesure les États membres appliquent les principes et les droits qui forment le socle afin d'en faire une réalité sur le terrain.»

Progrès réalisés dans la mise en œuvre des recommandations par pays

Comme chaque année, les rapports par pays évaluent les progrès que les États membres ont accomplis pour relever les principaux défis économiques et sociaux auxquels ils sont confrontés et pour donner suite aux recommandations par pays qui leur ont été adressées précédemment. Si l'on observe l'évolution au fil des ans, les États membres ont réalisé au moins «certains progrès» en ce qui concerne plus de deux tiers des recommandations.

La mise en œuvre des réformes a été solide dans certains domaines essentiels. Depuis le lancement du Semestre européen en 2011, les États membres ont accompli les progrès les plus importants dans les domaines des services financiers ainsi que de la politique et de la gouvernance budgétaires. Des progrès significatifs ont également été réalisés pour ce qui est de l'accès au financement, de la législation sur la protection de l'emploi et des cadres relatifs aux contrats de travail. Les rapports par pays présentent les points marquants pour tous les États membres.

Aujourd'hui, la Commission a également adopté le programme de travail 2018 du programme d'appui à la réforme structurelle (PARS), qui aidera les États membres à mettre en place des réformes, surtout en lien avec les priorités définies dans les recommandations par pays.
En 2018, plus de 140 projets répartis dans 24 États membres bénéficieront d'un soutien.

Correction des déséquilibres macroéconomiques

En novembre dernier, la Commission avait entamé des bilans approfondis concernant 12 États membres, afin de déterminer s'ils présentaient des déséquilibres macroéconomiques et d'évaluer la gravité de ces déséquilibres. Les 12 États membres soumis à un bilan approfondi cette année avaient tous été épinglés comme connaissant des déséquilibres ou des déséquilibres excessifs l'an dernier. La Commission conclut aujourd'hui à l'existence de déséquilibres ou de déséquilibres excessifs dans 11 des 12 États membres concernés (8 sont confrontés à des déséquilibres et 3 à des déséquilibres excessifs). Les résultats des bilans approfondis peuvent être résumés comme suit:

  • Chypre, la Croatie et l'Italie présentent des déséquilibres économiques excessifs;
  • l'Allemagne, la Bulgarie, l'Espagne, la France, l'Irlande, les Pays-Bas, le Portugal et la Suède connaissent des déséquilibres économiques. Pour la Bulgarie, la France et le Portugal, il s'agit d'une amélioration par rapport aux déséquilibres excessifs de l'année dernière.
  • La Slovénie ne présente plus de déséquilibre économique.

Pour la Bulgarie et le Portugal, la Commission a souligné que des efforts supplémentaires demeurent nécessaires pour parvenir à une correction durable des déséquilibres.

Socle européen des droits sociaux

Cette année, la dimension sociale du Semestre européen s'est enrichie grâce à la prise en compte des priorités du socle européen des droits sociaux. Les rapports par pays se fondent aussi sur les données recueillies dans le cadre du tableau de bord social pour suivre les résultats obtenus en matière d'emploi et sur le plan social. Naturellement, les situations et les priorités varient, et l'analyse tient compte de cette diversité. Parmi les questions particulièrement préoccupantes dans certains États membres figurent la fourniture des compétences adéquates, l'écart persistant entre hommes et femmes en matière d'emploi, la forte segmentation du marché du travail et les travailleurs exposés au risque de pauvreté, la faible incidence des transferts sociaux sur la réduction de la pauvreté, la croissance atone des salaires et l'insuffisance du dialogue social.

Prochaines étapes

Les rapports par pays présentent l'analyse de la situation dans chaque État membre effectuée par la Commission et fournissent à l'ensemble des parties prenantes une base pour agir. Le Conseil devrait débattre des rapports, ainsi que des résultats des bilans approfondis. La Commission procédera à des entretiens bilatéraux avec les États membres sur leurs rapports respectifs. Les vice-présidents de la Commission et les commissaires se rendront dans les États membres pour y rencontrer les gouvernements, les parlements nationaux, les partenaires sociaux et d'autres parties prenantes et examiner avec eux les conclusions des rapports.

L'étape suivante pour les États membres consistera à présenter leurs priorités de politique économique et sociale dans leurs programmes nationaux de réforme et dans leurs programmes de stabilité et/ou de convergence (énonçant leurs priorités budgétaires) d'ici à la mi-avril, à la lumière des défis recensés et en tenant compte des priorités de l'examen annuel de la croissance 2018 et de la recommandation concernant la politique économique de la zone euro. La Commission recommande que ces programmes soient rédigés avec l'aide des parlements nationaux et de toutes les parties prenantes essentielles, comme les partenaires sociaux, les pouvoirs régionaux et locaux, ainsi que les organisations de la société civile si nécessaire.

La Commission proposera une nouvelle série de recommandations par pays en mai.

Contexte

Le paquet d'hiver s'inscrit dans le cycle annuel de coordination des politiques au niveau de l'UE, le Semestre européen. Il fait suite à la publication, en novembre, de l'examen annuel de la croissance 2018 et de la recommandation concernant la zone euro, qui fixaient les priorités pour l'année à venir au niveau européen. Il met maintenant l'accent sur la dimension nationale du Semestre européen.

Il est fondé sur les données les plus récentes issues des prévisions économiques intermédiaires de l'hiver 2018 de la Commission et s'appuie sur les analyses et recommandations figurant dans le paquet d'automne 2017 du Semestre européen. Les rapports par pays fournissent aux États membres une base sur laquelle ils pourront bâtir leurs programmes nationaux d'ici à la mi-avril et sous-tendront les recommandations par pays qui seront adoptées par la Commission par la suite dans le courant du printemps.

APPENDICE - CONCLUSIONS TIRÉES DES BILANS APPROFONDIS POUR CHAQUE ÉTAT MEMBRE [mis à jour le 08/03/2018 à 16:10]

La Bulgarie connaît des déséquilibres. Les vulnérabilités du secteur financier s'accompagnent d'un fort endettement et de la présence de prêts improductifs dans le secteur des entreprises, dans un contexte marqué par un ajustement incomplet du marché du travail. Dans le même temps, la position extérieure nette s'est améliorée, principalement en raison de l'excédent du compte courant. Les autorités ont progressé dans la mise en oeuvre des recommandations adressées après les examens de la qualité des actifs et des bilans, mais les problèmes hérités du passé liés à la faiblesse de la gouvernance, de la qualité des actifs et de la surveillance n'ont pas encore été intégralement réglés. La croissance robuste a permis un désendettement privé continu et la poursuite de la diminution des ratios de prêts improductifs, mais les encours de prêts improductifs dans le secteur des entreprises restent élevés. L'amélioration du marché du travail s'est poursuivie malgré les problèmes structurels persistants, comme la proportion élevée de jeunes sans emploi et qui ne suivent ni études ni formation ou les pénuries et les inadéquations de compétences sur le marché du travail. Bien que des mesures aient été prises pour remédier aux principales sources de déséquilibre, des progrès supplémentaires sont nécessaires pour s'attaquer aux vulnérabilités qui demeurent dans le secteur financier, y compris en améliorant encore la surveillance des banques et des établissements financiers non bancaires, en s'attaquant aux actifs difficiles à évaluer et à la surveillance au niveau des groupes, et en menant à bien la réforme du cadre d'insolvabilité.


La Croatie connaît des déséquilibres excessifs. Les vulnérabilités sont liées au niveau élevé de la dette publique, de la dette privée et de la dette extérieure, en grande partie libellées en devises, dans un contexte de faible croissance potentielle. La forte croissance, qui est supérieure à son potentiel estimé, contribue à réduire les déséquilibres de stocks: les ratios de dette publique, de dette privée et de dette extérieure diminuent rapidement. La position extérieure nette négative reste importante mais s'améliore grâce à l'excédent de la balance courante. La forte croissance a favorisé la réduction de la dette et le rythme de désendettement est appelé à ralentir, étant donné que les flux de crédits vers les ménages et les entreprises deviennent positifs. La dette publique a atteint un sommet en 2014 et est actuellement sur une trajectoire décroissante, mue par une forte croissance du PIB et par une réduction du déficit nominal. Le secteur bancaire est de plus en plus rentable et l'encours de prêts improductifs a continué de diminuer. L'exposition au risque de change (principalement l'euro) des entreprises et des ménages reste toutefois une source de vulnérabilité. Bien que l'environnement économique s'améliore, peu de progrès ont été constatés en matière d'adoption de mesures concrètes visant à s'attaquer aux déséquilibres macroéconomiques, notamment en relevant le potentiel de croissance encore faible.

Chypre connaît des déséquilibres excessifs. Une proportion très importante de prêts improductifs pèse sur le secteur financier et les niveaux élevés de la dette privée, de la dette publique et de la dette extérieure menacent l'économie dans un contexte de chômage encore relativement élevé, bien qu'en déclin, et de faible croissance potentielle. Le solde des opérations courantes est toujours négatif et s'accroît. Il n'est pas suffisant pour garantir une évolution viable du volume important des engagements extérieurs nets. La dette privée ne diminue que lentement et les flux de crédit vers le secteur privé se redressent malgré des niveaux très élevés de dette privée. Grâce aux efforts de restructuration des prêts consentis par les banques, à la forte reprise conjoncturelle et à la mise en oeuvre des réformes du passé, les prêts improductifs ont pu être réduits, mais leur encours reste très élevé. La mauvaise exécution des contrats, les lacunes du système judiciaire, les obstacles entravant la mise en oeuvre de la législation en matière de saisie et d'insolvabilité et la discipline de remboursement inefficace freinent le désendettement du secteur privé et la diminution des prêts improductifs. Une orientation budgétaire prudente et une politique active de gestion de la dette ont accéléré la réduction de la dette publique. Il est nécessaire de donner un nouvel élan aux réformes, notamment pour contribuer à la réduction de la dette publique, améliorer la compétitivité, accélérer la réduction des prêts improductifs et augmenter la croissance potentielle.

La France connaît des déséquilibres. Les vulnérabilités découlent de la dette publique élevée et d'un dynamisme insuffisant de la compétitivité dans un contexte de faible croissance de la productivité, dont l'incidence dépasse les frontières nationales. La croissance modérée des salaires soutient les améliorations en cours en matière de compétitivité des coûts. Par contre, la croissance timide de la productivité constitue un frein. La faible réactivité du marché du travail face à l'évolution des conditions de l'offre et de la demande et certains éléments de l'environnement des entreprises pèsent encore sur la compétitivité hors coûts. Le ratio de la dette publique par rapport au PIB a encore augmenté en 2017 mais il devrait se stabiliser en 2018 et 2019. Les tendances qui étaient jusqu'alors négatives ont perdu en intensité, la conjoncture économique s'améliore et les efforts de réforme s'accélèrent. Les actions annoncées et mises en oeuvre récemment peuvent avoir des effets positifs à moyen terme tant sur le plan national qu'au-delà des frontières. Des progrès ont été réalisés sur plusieurs fronts, dont les marchés du travail et la fiscalité, tandis que les initiatives annoncées pour améliorer l'environnement des entreprises, l'enseignement et la formation professionnels, les allocations de chômage et les systèmes de retraite doivent encore se concrétiser. Il convient d'agir encore pour assurer un meilleur accès au marché du travail pour les demandeurs d'emploi, simplifier le système fiscal et revoir les dépenses publiques pour garantir la viabilité des finances publiques et développer le potentiel de croissance.

L'Allemagne connaît des déséquilibres. La persistance d'un important excédent de la balance courante a une incidence qui dépasse les frontières nationales et reflète la stagnation de l'investissement par rapport à l'épargne tant dans le secteur public que dans le secteur privé. L'excédent, enregistré en grande partie avec des pays tiers, s'est légèrement réduit depuis 2016 et devrait diminuer progressivement en raison d'une reprise de la demande intérieure au cours des prochaines années, tout en demeurant à des niveaux historiquement élevés au cours de la période couverte par les prévisions. Si on constate aujourd'hui une évolution vers une croissance davantage tirée par la demande intérieure, tant la consommation que l'investissement restent atones en tant que part du PIB malgré les conditions cycliques et de financement favorables et les besoins d'investissement dans les infrastructures pour lesquels il existe une marge de manoeuvre budgétaire. Bien que plusieurs mesures aient été prises pour renforcer les investissements publics, ces efforts n'ont pas encore débouché sur une tendance à la hausse durable dans les investissements publics en tant que part du PIB. Les progrès accomplis dans la mise en oeuvre des recommandations dans d'autres domaines ont aussi été limités.

L'Irlande connaît des déséquilibres. L'encours élevé des dettes publique et privée et des engagements extérieurs nets est source de vulnérabilité. Les améliorations ont toutefois été considérables. Grâce à la forte croissance de la productivité ces dernières années, la compétitivité s'est améliorée et le solde de la balance courante est positif, ce qui a entraîné une réduction rapide de l'encours élevé des engagements extérieurs nets. La forte croissance économique continue de favoriser le désendettement privé mais la dette privée reste élevée, même si l'influence considérable des activités des multinationales doit être prise en compte lors de l'évaluation de la dette des entreprises et que la dette des ménages semble être globalement conforme aux fondamentaux. D'après les prévisions, la dette publique devrait rester sur une courbe descendante et le déficit se rapproche de l'équilibre. Les prix de l'immobilier augmentent rapidement, même si les niveaux de départ étaient sans doute sous-évalués, ce qui renforce aussi les bilans des ménages. Les banques sont correctement recapitalisées et leur rentabilité s'améliore progressivement. Le stock de prêts improductifs continue de diminuer, même s'il reste élevé. Des mesures concrètes ont été adoptées pour s'attaquer à ces vulnérabilités mais il faudra du temps pour que certaines mesures produisent les effets escomptés.

L'Italie connaît des déséquilibres excessifs. Le niveau élevé de la dette publique et l'atonie persistante de la productivité constituent des risques pour l'avenir, dont l'incidence dépasse les frontières nationales, dans un contexte marqué par un niveau encore élevé de prêts improductifs et de chômage. Le ratio de la dette publique devrait se stabiliser mais ne s'est toujours pas engagé sur une trajectoire résolument descendante, en raison d'une détérioration du solde primaire structurel. Si la compétitivité extérieure s'est améliorée, la timide croissance de la productivité, liée aux obstacles structurels qui continuent de freiner une allocation efficace des facteurs de production dans l'économie, l'accélération des coûts salariaux unitaires et la faible inflation générale permettent difficilement de combler les pertes considérables de compétitivité subies par le passé. Les pressions du marché pesant sur le secteur bancaire se sont réduites, à la suite notamment du soutien public à la capitalisation de quelques banques en difficulté. Ce n'est que tout récemment que le volume de prêts improductifs a commencé à diminuer et il continue de peser sur les besoins en capitaux, les bénéfices et les politiques de crédit des banques. Le rythme des réformes a quelque peu ralenti mais des progrès ont été accomplis dans la mise en oeuvre des recommandations. Plusieurs mesures sont actuellement en préparation, notamment dans les domaines de la politique sociale et de la politique du travail, de la justice civile et de l'environnement des entreprises.

Les Pays-Bas connaissent des déséquilibres. Le niveau élevé de la dette privée et l'excédent important de la balance courante constituent des sources de déséquilibre dont l'incidence dépasse les frontières nationales. L'important excédent de la balance courante, qui reflète principalement des caractéristiques structurelles de l'économie et la politique à l'égard des sociétés non financières et qui s'explique en partie par des pressions en faveur du désendettement, a récemment augmenté mais devrait quelque peu diminuer. Le ratio de la dette privée au PIB n'a diminué que très progressivement ces dernières années, soutenu par la croissance économique. Dans le même temps, la dette nominale des ménages est repartie à la hausse, étant donné que la reprise en cours sur le marché du logement fait grimper les niveaux de la dette hypothécaire nominale. Les récentes annonces de réforme, comme l'accélération de la réduction de la déductibilité des intérêts hypothécaires et la relance budgétaire devraient contribuer à soutenir la demande agrégée.

Le Portugal connaît des déséquilibres. L'encours important des engagements extérieurs nets, la dette publique et privée et une proportion importante de prêts improductifs sont source de vulnérabilité dans un contexte de croissance atone de la productivité. Une position prudente du compte courant et le maintien de gains de compétitivité sont requis pour garantir l'ajustement des engagements extérieurs nets. Les ratios de dette privée, qui se trouvaient à un niveau élevé, ont continué à diminuer, en raison tant de la reprise de la croissance nominale que de flux de crédit légèrement négatifs, et le ratio de la dette publique au PIB devrait connaître une évolution à la baisse, dans un contexte de besoins persistants de désendettement. Les interventions dans le secteur financier ont contribué à réduire les risques pour la stabilité, bien que les banques continuent de pâtir de la faible rentabilité et d'un important volume de prêts improductifs, qui ont toutefois commencé à baisser. Une plus grande croissance de la productivité est essentielle à l'amélioration des perspectives en matière de compétitivité, de désendettement et de croissance potentielle. Le taux de chômage diminue à un rythme soutenu depuis plusieurs années. Des lacunes subsistent, notamment au niveau de la mise en oeuvre des mesures présentées visant à réduire les prêts improductifs et à améliorer l'environnement des entreprises. L'adoption et la mise en oeuvre de plusieurs plans de réforme, notamment des mesures destinées à lutter contre la segmentation du marché du travail ou des réformes budgétaires structurelles visant à améliorer la viabilité des finances publiques, devront faire l'objet d'un suivi.

La Slovénie ne connaît pas de déséquilibre. Les risques découlant des faiblesses dans le secteur bancaire, de l'endettement des entreprises et de la situation budgétaire à court se sont atténués. La dette publique a atteint un sommet en 2015 et, a depuis lors, suivi une tendance à la baisse. Le secteur des entreprises a connu un désendettement considérable, ce qui a affaibli les investissements et la croissance potentielle. Les investissements s'accélèrent toutefois et les flux d'investissements étrangers directs se sont redressés considérablement ces dernières années. La restructuration du secteur bancaire a coïncidé avec une baisse rapide de la proportion de prêts improductifs. Des actions ont été menées pour contribuer à la correction des déséquilibres, mais des mesures visant à renforcer la viabilité des régimes de retraite, de soins de santé et de soins de longue durée demeurent une priorité de premier ordre.

L'Espagne connaît des déséquilibres. Une importante dette extérieure et intérieure, tant publique que privée, reste source de vulnérabilité dans un contexte de taux de chômage élevé et son incidence dépasse les frontières nationales. Le rééquilibrage externe progresse, grâce aux excédents de la balance courante enregistrés depuis 2013. Toutefois, les engagements extérieurs nets restent élevés et l'Espagne devra afficher des excédents durables du compte courant pendant une période prolongée avant que lesdits engagements n'atteignent des niveaux prudents. La réduction de la dette du secteur privé progresse également, profitant de conditions de croissance favorables, mais les besoins de désendettement demeurent. Un secteur financier plus sain soutient l'activité économique et le ratio de prêts improductifs a continué à diminuer. Malgré la forte croissance du PIB nominal, la dette publique en pourcentage du PIB commence à peine à se réduire progressivement et les déficits devraient s'atténuer avec le temps. Le taux de chômage a continué à chuter rapidement, mais demeure très élevé et la forte segmentation du marché du travail empêche une croissance plus rapide de la productivité de la main-d'oeuvre. Des progrès ont été accomplis au niveau des politiques tout particulièrement entre 2012 et 2015 et, récemment, seuls des progrès limités ont été réalisés dans la mise en oeuvre des recommandations. Il reste d'importants défis à relever, en particulier pour ce qui est de la gouvernance budgétaire, des politiques actives du marché du travail et de l'amélioration de l'innovation et des compétences en vue de stimuler la compétitivité hors coûts.

La Suède connaît des déséquilibres. Les prix du logement, surévalués, associés à une augmentation continue de l'endettement des ménages, créent des risques de correction désordonnée. L'endettement des ménages, déjà élevé, conserve une trajectoire ascendante. Les prix du logement augmentent rapidement de manière quasi constante depuis près de vingt ans. Une croissance négative a été enregistrée au dernier trimestre de 2017. Toutefois, les indicateurs d'évaluation montrent que les prix du logement demeurent très élevés par rapport aux fondamentaux économiques. Bien que les banques semblent suffisamment capitalisées, une correction désordonnée pourrait également avoir une incidence sur le secteur financier, étant donné l'exposition croissante des banques aux crédits hypothécaires des ménages. Cela pourrait avoir des répercussions sur les pays voisins compte tenu des interdépendances financières systémiques. Les autorités sont très conscientes des risques croissants et, ces dernières années, des mesures ont été prises pour juguler la croissance de la dette hypothécaire et accélérer la construction de logements. L'action des pouvoirs publics n'a toutefois pas été suffisante à ce jour pour remédier au problème de la surévaluation dans le secteur du logement et il manque encore des mesures importantes, particulièrement en ce qui concerne les systèmes d'incitations fiscales à l'accession à la propriété ainsi que le fonctionnement de l'offre de logements et le marché de la location.

Pour en savoir plus

Mémo: Semestre européen – Paquet d'hiver

Rapports par pays

Communication chapeau sur les rapports par pays

Rapports de suivi spécifique au titre de la PDM

Programme de travail annuel du PARS pour 2018

Examen annuel de la croissance 2018

Rapport 2018 sur le mécanisme d'alerte

Recommandation concernant la zone euro pour 2018

Projet de rapport conjoint sur l'emploi 2018

Socle européen des droits sociaux

Représentation graphique du cycle du Semestre européen

Fiches thématiques

Rapport sur les indicateurs de planification fiscale agressive

Suivez le vice-président Dombrovskis sur Twitter: @VDombrovskis

Suivez la commissaire Thyssen sur Twitter: @mariannethyssen

Suivez le commissaire Moscovici sur Twitter: @pierremoscovici

Suivez la DG ECFIN sur Twitter: @ecfin

IP/18/1341

Personnes de contact pour la presse:

Renseignements au public: Europe Direct par téléphone au 00 800 67 89 10 11 ou par courriel


Side Bar