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Commission européenne - Communiqué de presse

Lutte contre le terrorisme sur l'internet: le Forum sur l'internet prône la détection automatique de la propagande terroriste

Bruxelles, le 6 décembre 2017

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Le commissaire pour la migration, les affaires intérieures et la citoyenneté, M. Dimitris Avramopoulos, et le commissaire pour l'union de la sécurité, M. Julian King, ont accueilli aujourd'hui la troisième réunion ministérielle du Forum de l'UE sur l'internet, pour dresser le bilan des progrès accomplis au cours de l'année écoulée dans la lutte contre les contenus à caractère terroriste en ligne et pour définir les prochaines étapes dans ce domaine. Le moment est venu de redoubler d'efforts sur tous les fronts pour ne pas seulement détecter, mais également retirer les contenus à caractère terroriste de l'internet avant qu'ils n'atteignent les utilisateurs, pour simplifier et accélérer le processus de signalement de ces contenus, pour améliorer la transparence et la communication régulière d'informations de la part des entreprises de l'internet et pour accroître le nombre d'entreprises de l'internet participant au Forum. 

M. Dimitris Avramopoulos, commissaire pour la migration, les affaires intérieures et la citoyenneté, a déclaré: «Grâce à nos efforts conjoints sur le plan européen et international, nous gagnons en rapidité et en finesse dans la lutte contre la propagande terroriste en ligne. Nous sommes non seulement capables de la détecter, mais aussi de la supprimer rapidement, dans certains cas, avant même qu'elle n'ait été publiée. Notre objectif le plus urgent à présent est d'intensifier nos efforts afin que toutes les entreprises de l'internet prennent part à cette action: nous ne devons plus laisser aucune chance aux contenus terroristes en ligne, d'où qu'ils viennent.»

M. Julian King, commissaire pour l'union de la sécurité, a indiqué, quant à lui: «Il existe un lien direct entre les attentats perpétrés récemment en Europe et le matériel en ligne utilisé par des groupes terroristes tels que Daech pour radicaliser les personnes vulnérables et semer la peur et la discorde au sein de nos sociétés. On ne peut continuer à laisser ce type de contenus terroristes briser des vies. Je me réjouis des progrès annoncés aujourd'hui, d'autant plus qu'ils s'appuient sur l'approche de coopération que nous privilégions avec les entreprises. Nous allons analyser ces progrès pour savoir s'ils vont assez loin et sont suffisamment rapides et, s'il y a lieu, nous nous tiendrons prêts à proposer un acte législatif.»

Mme Monika Bickert, directrice de la politique du réseau Facebook à l'échelle mondiale, a déclaré: «Le recours à l'intelligence artificielle et à d'autres formes d'automatisation pour empêcher la diffusion de contenus à caractère terroriste apparaît prometteur. À l'heure actuelle, 99% des contenus terroristes en rapport avec ISIS et Al Qaeda que nous supprimons de Facebook sont des contenus que nous détectons avant même que quiconque dans notre communauté ne nous les ait signalés et, dans certains cas, avant qu'ils soient publiés sur le site. Pour ce faire, nous utilisons des systèmes automatisés tels que la reconnaissance de photos et de vidéos et l'apprentissage automatique à partir de textes. Après avoir identifié un contenu à caractère terroriste, nous supprimons 83 % des copies dans l'heure qui suit leur chargement. Bien évidemment, nous pouvons toujours faire plus et nous sommes heureux de renforcer notre collaboration avec la Commission européenne et avec d'autres parties, en augmentant notre engagement commun à combattre le terrorisme.» 

Mme Sinéad McSweeney, vice-présidente chargée de la politique publique de Twitter pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique, a déclaré: «Le terrorisme est un problème de société et appelle donc une réponse sociétale. La technologie a un rôle à jouer, tout comme les pouvoirs publics, les éducateurs, les ONG, les services répressifs et le milieu universitaire. Pour notre part, nous avons considérablement réduit la présence des groupes terroristes sur Twitter. La grande majorité des comptes sont maintenant suspendus avant même d'avoir envoyé leur premier tweet. À l'avenir, nous poursuivrons notre partenariat avec nos homologues afin de partager des idées et d'aider les petites entreprises à mesure qu'elles se développent.»

M. Mat Brittin, président chargé des activités commerciales et opérations de Google pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique, a déclaré: «Lutter contre l'extrémisme violent constitue un défi majeur pour nous tous, et nous entendons apporter notre contribution à la solution, en collaboration avec les pouvoirs publics et la société civile. Nous avons fait des progrès importants en 2017: déploiement des technologies d'apprentissage automatique, renforcement de nos dispositifs d'exécution et élargissement de nos partenariats avec des experts. Nous avons accru la vitesse et la précision de nos retraits: aujourd'hui 98 % des vidéos que nous retirons de YouTube pour motif d'extrémisme violent nous sont signalées par des algorithmes d'apprentissage automatique; le chiffre n'était que de 75 % il y a quelques mois seulement et notre objectif est de porter à 10 000 le nombre de personnes travaillant au traitement des contenus problématiques sur Google en 2018. Le Forum de l'UE sur l'internet a joué un rôle crucial en stimulant la coopération sur ces problématiques et il a contribué à jeter les bases du Forum mondial contre le terrorisme sur l'internet, au sein duquel nous nous sommes associés avec d'autres entreprises technologiques pour contrer la multiplication des contenus terroristes en ligne.»

La base de données des contenus à caractère terroriste connus («database of hashes»), annoncée lors du Forum de l'UE sur l'internet 2016 et lancée au printemps 2017, est désormais pleinement opérationnelle et a déjà recueilli plus de 40 000 empreintes numériques («hashes») de vidéos et d'images à caractère terroriste connues. Ce chiffre pourrait augmenter de façon exponentielle lorsque davantage d'entreprises commenceront à alimenter la base de données. Il convient maintenant d'exploiter pleinement le potentiel de la base et de communiquer aux participants au Forum de l'UE sur l'internet des informations relatives au nombre et à la rapidité des suppressions effectuées. Le taux des signalements non automatisés, tels que ceux qui parviennent de l'unité de l'UE chargée du signalement des contenus sur Internet, continue également d'augmenter.

Les grandes plateformes participant au Forum de l'UE sur l'internet sont de plus en plus actives dans le développement d'outils automatiques de détection et de suppression des contenus à caractère terroriste sur l'internet. Twitter a indiqué que les trois quarts des 300 000 comptes supprimés entre janvier et juin 2017 l'avaient été avant que leur premier tweet ne soit envoyé. Selon YouTube, plus de 150 000 vidéos ont été retirées depuis juin 2017. Après avoir identifié un contenu terroriste, Facebook supprime 83 % des copies dans l'heure qui suit leur chargement. Il est essentiel que toutes les entreprises du secteur de l'internet participent à cet effort commun et partagent avec les autres plateformes les informations importantes sur les suppressions effectuées. C'est pourquoi le Forum s'est fixé pour priorité de toucher les entreprises nouvelles et les petites entreprises et de les associer à l'initiative. 

Le débat qui s'est tenu aujourd'hui contribue à l'effort global fourni par la Commission pour lutter contre les contenus illicites en ligne et l'aidera à déterminer s'il est nécessaire d'adopter des mesures supplémentaires pour garantir la détection et la suppression rapides et anticipatives des contenus à caractère terroriste en ligne.

Contexte

Le Forum de l'UE sur l'internet a été lancé en décembre 2015 par le commissaire pour la migration, les affaires intérieures et la citoyenneté, M. Dimitris Avramopoulos, afin de mettre un terme à l'utilisation abusive de l'internet par des groupes terroristes internationaux. Il réunit les ministres de l'Intérieur de l'UE, des représentants du secteur de l'internet et d'autres parties prenantes souhaitant collaborer dans le cadre d'un partenariat volontaire pour traiter ce problème complexe et protéger les citoyens de l'Union. Le Forum poursuit deux objectifs principaux: réduire l'accessibilité des contenus à caractère terroriste en ligne et donner aux partenaires de la société civile les moyens d'accroître, sur l'internet, le volume de contre-discours efficaces.

Les entreprises de l'internet ont annoncé en décembre 2016, à l'occasion du Forum de l'UE sur l'internet, la création d'une base de données d'empreintes numériques («Database of Hashes») commune en vue de détecter plus efficacement les contenus à caractère potentiellement terroriste dans les médias sociaux et de prévenir leur réapparition sur d'autres plateformes. Lors de la même réunion, le programme de l'UE visant à renforcer les moyens d'action de la société civile a été lancé afin d'élaborer des campagnes porteuses d'un contre-discours efficace. Le 5 octobre, la Commission a mis à disposition une enveloppe supplémentaire de 6 millions d'EUR pour continuer à soutenir ces campagnes dans leur évolution. Grâce au programme de l'UE, plus de 250 organisations de la société civile en Europe ont reçu une formation les aidant à élaborer des contre-discours en ligne.

En juin 2017, le Conseil européen a lui aussi invité les entreprises du secteur à mettre au point de nouvelles technologies et de nouveaux outils en vue d'améliorer la détection automatique et la suppression des contenus qui incitent à la commission d'actes terroristes, à compléter si nécessaire par les mesures législatives appropriées au niveau de l'UE. À la suite de cet appel, la Commission a défini des orientations et principes pour les plateformes en ligne afin d'accroître la prévention, la détection et la suppression proactives des contenus illicites en ligne, notamment les contenus à caractère terroriste.

La réunion d'aujourd'hui a rassemblé un certain nombre de représentants du secteur, dont Google/YouTube, Facebook, Microsoft, Twitter, Justpaste.it, Snap, Wordpress et Yellow, ainsi que des représentants des États membres, d'Europol, du réseau européen de sensibilisation à la radicalisation, du réseau européen des communications stratégiques (SCN), des chercheurs de VOX-Pol (un réseau de recherche sur l'extrémisme politique violent en ligne) et des représentants de la direction exécutive du Comité contre le terrorisme des Nations unies (UNCTED).

Pour en savoir plus

Lancement du Forum de l'UE sur l'internet

Réseau de sensibilisation à la radicalisation (RSR):

Communication sur la mise en œuvre du programme européen en matière de sécurité pour lutter contre le terrorisme et ouvrir la voie à une union de la sécurité réelle et effective

IP/17/5105

Personnes de contact pour la presse:

Renseignements au public: Europe Direct par téléphone au 00 800 67 89 10 11 ou par courriel


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