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Famine au Sahel: la course contre la montre a commencé

European Commission - IP/12/107   08/02/2012

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Communiqué de presse de la Commission européenne

Famine au Sahel: la course contre la montre a commencé

Bruxelles, le 8 février 2012 - La Commission européenne revoit à la hausse son aide humanitaire au Sahel, faisant passer à 123,5 millions d'euros l'enveloppe en faveur de cette région d'Afrique subsaharienne où le spectre de la famine guette 12 millions de personnes.

Cette décision est le fruit d'une prise de conscience chaque jour plus forte de la communauté internationale quant à l'urgence qu'il y a à contenir la menace de crise alimentaire. Les principaux bailleurs de fonds, au nombre desquels figurent les États membres de l'UE, les États-Unis d'Amérique, le Canada et le Japon, se réunissent aujourd'hui à Bruxelles afin de trouver les meilleurs moyens d'aider les plus démunis et réitérer leur engagement de donner l'alerte et mobiliser l'aide internationale au profit des populations les plus vulnérables dans les pays du Sahel.

La commissaire européenne chargée de l'aide humanitaire, Mme Kristalina Georgieva, s'est dite déterminée à faire en sorte que les ressources mobilisées par la communauté internationale soient toujours à la hauteur de la crise, quelle qu'en soit l'ampleur. Si l'on ajoute ces 123,5 millions d'euros aux 150 millions d'euros au moins d'aide au développement, l'aide financière de la Commission en faveur du Sahel se monte à ce jour à près de 275 millions d'euros. On estime, toutefois, que 700 millions d'euros seront nécessaires pour couvrir les six prochains mois.

«Tous les signaux d'alarme ont viré au rouge; les taux de malnutrition sont en constante augmentation, de même que le prix des denrées alimentaires et de vastes populations ont commencé à se déplacer, emmenant leurs cheptels avec elles. L'UE a adopté des mesures d'urgence et je prie instamment les autres donateurs d'en faire autant», a déclaré Mme Georgieva, commissaire européenne chargée de la coopération internationale, de l'aide humanitaire et de la réaction aux crises.

Cinq pays du Sahel (Burkina Faso, Tchad, Mali, Mauritanie et Niger) ont décrété l'état d'urgence et fait appel à l'aide internationale. Mme Georgieva, qui a visité la région le mois dernier, a encore ajouté: «Les gouvernements de la région doivent être soutenus dans leurs efforts pour éviter la crise. Les mécanismes d’alerte rapide ont permis de prendre sans tarder des mesures d'urgence. Toutefois, à défaut d'une intervention soigneusement préparée aujourd'hui, le risque est grand d'avoir affaire à une crise alimentaire majeure en juin. En agissant dès à présent, nous pouvons sauver bien plus de vies, tout en nous épargnant les charges supplémentaires inhérentes à toute réaction tardive, lorsque la crise aura déjà atteint son paroxysme.»

Au Sahel, la «saison de la faim» s'étend généralement de mai/juin à septembre. Cette année, en revanche, du fait des mauvaises récoltes de 2011, elle devrait débuter dans les semaines qui viennent. Faute d'aide, des gens pourraient bientôt mourir de faim.

La lutte contre le fléau de la malnutrition chez les enfants et les femmes enceintes et allaitantes compte parmi les grandes priorités de la Commission. C'est également une condition préalable si l'on entend briser le cycle de l'insécurité alimentaire chronique et du sous-développement dans la région. Forte de ces objectifs et de l'appui financier de la Commission, l'UNICEF approvisionne actuellement les pays touchés en aliments thérapeutiques spéciaux destinés à traiter la malnutrition sévère lorsqu'elle atteindra des sommets dans les mois à venir. Le Programme alimentaire mondial a d'ores et déjà commencé à acheter de la nourriture pour les populations les plus vulnérables. Des fonds supplémentaires sont transférés en espèces afin de permettre aux plus nécessiteux de se procurer de quoi manger. Cette mesure incitera les commerçants locaux à continuer d'approvisionner les marchés en denrées alimentaires, certains qu'ils seront de trouver des acheteurs.

Une crise dans la crise

Les pays du Sahel sont parmi les plus pauvres du monde. Sur les 187 pays inventoriés en 2011 dans l’indice de développement humain des Nations unies, le Niger se classait 186e, le Tchad 183e, le Burkina Faso 181e et le Mali 175e. La crise alimentaire actuelle vient donc exacerber une situation déjà délicate. Les années de récolte normale, les foyers les plus pauvres dépensent l'essentiel de leur revenu (70 % environ) dans l'achat de nourriture. L'irrégularité des précipitations et les mauvaises récoltes de 2011 entraînent aujourd'hui une hausse rapide du prix des denrées alimentaires (jusqu'à 50 % de plus que l'an dernier), plongeant nombre de familles dans la crise et l'incertitude quant aux moyens de s'alimenter.

La situation de la région est, de surcroît, d'une grande complexité; elle souffre en effet d'une détérioration de son environnement, qui subit de plein fouet sécheresses à répétition et désertification croissante. Situé aux avant-postes du changement climatique, le Sahel est victime de la rapide progression du Sahara vers le sud.

Pour de plus amples informations:

Site web de Mme Kristalina Georgieva:

http://ec.europa.eu/commission_2010-2014/georgieva/index_en.htm

Service d’aide humanitaire et de protection civile de la Commission européenne:

http://ec.europa.eu/echo/index_fr.htm

Personnes à contacter:

David Sharrock (+32 22968909)

Irina Novakova (+32 22957517)


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