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IP/10/819

Bruxelles, le 24 juin 2010

Le dernier rapport trimestriel sur la zone euro se concentre sur les défis qui attendent les exportateurs de la zone euro

La deuxième édition 2010 du rapport trimestriel sur la zone euro consacre sa section «Focus» aux exportations de la zone euro, à leurs performances d’avant la crise et aux défis que doivent à présent de relever les exportateurs de la zone euro. Dans les dix années qui ont précédé la crise, ceux-ci ont bénéficié de la forte croissance de marchés émergents voisins et de leur haut degré de spécialisation dans certains secteurs clés, qui ont fortement tiré les exportations. Leur position concurrentielle relativement solide est de bon augure pour leur capacité d’exploiter les opportunités offertes par la reprise en cours des échanges mondiaux. Pour ce faire, il leur faudra toutefois relever un certain nombre de défis importants mis en évidence par la crise. Les décideurs politiques peuvent les y aider, en créant des mesures incitatives qui favorisent l’innovation et en améliorant l’environnement économique des entreprises. Le rapport jette en outre une lumière nouvelle sur les causes de la récession qu’a récemment connue la zone euro et l’impact qu’a eu la crise sur la convergence des cycles économiques entre les États membres qui en font partie.

La crise récente et les graves turbulences des échanges mondiaux qu’elle a provoqués ont attiré l’attention sur le rôle du secteur extérieur dans la propagation des chocs. La section «Focus» du rapport s’intéresse plus particulièrement au secteur des exportations de la zone euro, dont elle s’efforce d’apprécier les forces et les faiblesses, afin de mieux évaluer quelles seront ses performances probables sur les marchés mondiaux d’après la crise. Selon le rapport, dans les dix années qui ont précédé celle-ci, la zone euro a pu se targuer de performances relativement bonnes de ses exportations – ce qui est d’autant plus remarquable que l’euro connaissait alors une tendance générale à la hausse.

L’origine de ces performances relativement bonnes est à chercher dans les caractéristiques structurelles du secteur des exportations de la zone euro. Les exportateurs de la zone euro ont ainsi bénéficié d’une position forte sur des marchés voisins à croissance rapide comme la Russie et les nouveaux États membres de l’UE. Il est également apparu que la structure des produits exportés, en dépit d’une moins grande spécialisation que les États-Unis ou le Japon dans les technologies de l’information et de la communication et d’une plus grande proportion de produits à haute intensité de main-d’œuvre, avait plutôt favorisé les exportations. En particulier, les exportateurs de la zone euro ont marqué des points dans certains secteurs clés, qui ont fortement tiré les exportations.

Il s’agit notamment de secteurs de haute technologie comme le secteur des produits pharmaceutiques, pour lesquels la demande mondiale a crû rapidement, mais aussi de secteurs de moyenne technologie à croissance plus lente, comme le secteur des machines et celui des transports, dans lesquels les exportateurs de la zone euro ont gagné des parts de marché. Il est également établi que les exportateurs de la zone euro ont bien résisté à la concurrence en se spécialisant dans les segments haut de gamme de certains groupes de produits.

En dépit des performances relativement bonnes qu’ils avaient enregistrées avant la crise, les exportateurs de la zone euro ont été durement frappés par l’effondrement des échanges mondiaux durant celle-ci. Il est également probable que le monde d’après la crise va les confronter à de nouveaux défis. Tout d’abord, les économies émergentes d’Asie et d’Amérique latine vont avoir une importance croissante dans les échanges mondiaux. Les sociétés exportatrices des économies développées verront ainsi s’ouvrir de nouvelles opportunités, mais devront parallèlement affronter une concurrence plus dure sur les marchés mondiaux. Ensuite, l’ajustement des bilans qui sera nécessaire dans certains pays qui constituent des débouchés commerciaux importants pour la zone euro, comme les pays d’Europe de l’Est ou les États-Unis, risque d’avoir un effet négatif durable sur la demande étrangère de produits en provenance de la zone euro. Enfin, la crise a mis en évidence des déséquilibres structurels dans certains secteurs d’exportation clés de la zone euro, dont le plus important est le secteur des transports. L’avenir des exportateurs de la zone euro dépendra de leur capacité d’adaptation à ces évolutions.

Dans une autre section, le rapport analyse en détail comment des facteurs autres que le prix, comme l’innovation ou l’environnement économique des entreprises, influent sur la croissance des exportations. Les résultats économétriques montrent que les économies qui innovent et qui placent les entreprises dans des conditions favorables exportent davantage. Par conséquent, en créant, au niveau des économies nationales, des conditions propices à l’entrepreneuriat et à l’innovation, les décideurs politiques peuvent aider les entreprises de la zone euro à tirer pleinement parti de la rapide reprise que connaissent actuellement les échanges mondiaux.

Le rapport s’attache, par ailleurs, à une autre question qui demeure importante, qui est de mieux comprendre les causes et la dynamique de la récente crise économique et financière. Il analyse quantitativement, sur la base de la dernière version du modèle QUEST de la Commission, l’importance relative des divers facteurs à l’origine de la récession qu’a connue la zone euro. Selon les conclusions de cette analyse, la chute du PIB de la zone euro s’explique essentiellement par une forte baisse de la productivité et une contraction de l’investissement. La récession s’est ensuite trouvée exacerbée par l’effondrement des échanges mondiaux. En revanche, d’autres facteurs, dont il a été beaucoup question durant la crise, comme l’explosion de la bulle immobilière et le durcissement des conditions du crédit pour les ménages, ne semblent pas avoir été prépondérants dans la récession économique qu’a connue la zone euro.

Le rapport analyse également une autre question liée à la crise, et qui est l’impact de celle-ci sur les différences de cycle économique entre les États membres de la zone euro. Si ces États membres ont vu leurs économies évoluer en parallèle depuis le lancement de l’euro (avec des pics et creux conjoncturels restant alignés), certains d’entre eux ont connu une croissance conjoncturelle relativement plus forte dans les quelques années qui ont précédé la crise (IE, EL, ES et FI), ce qui s’explique essentiellement par de forts cycles du crédit (IE, EL, ES) et une exposition importante à des échanges mondiaux en pleine croissance (FI). La phase de dispersion des cycles économiques a été récemment suivie d’un retour à la convergence, la récession ayant été comparativement plus marquée dans les pays concernés, contraints de réduire leur endettement excessif. La convergence pourrait toutefois n’être que temporaire. Dans les économies insuffisamment flexibles, les processus de désendettement peuvent, en effet, être très longs. On ne peut donc exclure une réapparition, à moyen terme, de la divergence des cycles économiques liée à la lenteur de la reprise dans certains des pays qui doivent se désendetter fortement.


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