IP/09/650
Bruxelles, le 28 avril 2009
Fiscalité et bonne gouvernance: la
Commission européenne propose des mesures pour améliorer la
transparence et l’échange d’informations et progresser sur la
voie de la concurrence loyale dans le domaine fiscal
La Commission européenne a adopté
aujourd’hui une communication dans laquelle sont recensées les
mesures que les États membres devraient prendre pour promouvoir la
«bonne gouvernance» dans le domaine fiscal (c’est-à-dire
plus de transparence et d’échange d’informations et de nouveaux
progrès sur la voie de la concurrence loyale en matière fiscale).
Cette communication indique les moyens qui permettraient d’améliorer
la bonne gouvernance au sein de l'UE. Elle recense également les outils
dont la Communauté et les États membres disposent pour veiller à
ce que les principes de bonne gouvernance soient mis en œuvre au niveau
international. Enfin, cette communication invite les États membres à
adopter, dans leurs relations bilatérales avec les pays tiers et au sein
des enceintes internationales, une approche plus cohérente par rapport aux
principes de bonne gouvernance. La communication s’appuie
sur la politique actuellement poursuivie par l'UE dans le domaine fiscal et les
récentes conclusions du G20 en matière de juridictions fiscales non
coopératives.
László Kovács, membre de la Commission chargé de la
fiscalité et de l'union douanière, a déclaré à ce
propos: «Les États membres de l’UE ne peuvent pas se permettre
d’agir seuls lorsqu’ils conçoivent des politiques visant à
empêcher le détournement de leurs recettes fiscales vers les paradis
fiscaux ou des juridictions non coopératives. S'ils ne coopèrent pas,
en particulier au sein des enceintes internationales, les mesures qu’ils
prennent pour protéger leurs recettes resteront sans effets.»
Améliorer la bonne gouvernance au sein de l’UE
L’amélioration de la bonne gouvernance au sein de l’UE
constituerait pour les autres juridictions une raison supplémentaire de
prendre des mesures semblables.
La Commission invite donc les États membres de l’Union à
adopter dès que possible ses récentes propositions qui visent
à:
- assurer
une coopération administrative efficace dans l’évaluation des
impôts et taxes, qui empêcherait notamment les États membres
d’invoquer à l’avenir la législation sur le secret
bancaire pour justifier le fait qu'ils s’abstiennent d'assister les
autorités fiscales d’autres États membres (IP/09/201);
- garantir la coopération administrative dans le recouvrement des
créances fiscales;
- améliorer
le fonctionnement de la directive sur la fiscalité de l'épargne (IP/08/1697).
Il est nécessaire d’élargir le champ d’application de
cette directive aux structures intermédiaires exonérées
d'impôts (trusts, fondations etc.) et aux revenus
équivalents aux intérêts perçus pour des investissements
dans certains produits financiers
innovants.
La
Commission demande également aux États membres de poursuivre les
travaux qu’ils mènent dans le cadre du Code
de conduite dans le domaine de la fiscalité des entreprises aux fins
d’abroger les mesures dommageables en matière de fiscalité des
entreprises.
Promouvoir la bonne gouvernance dans les relations avec les pays
tiers
La Commission européenne propose d’améliorer les outils
spécifiques dont la Communauté européenne et les États
membres disposent pour encourager la bonne gouvernance au niveau international:
- elle recense les moyens d’assurer une meilleure cohérence entre
les politiques de l'UE en général, de façon à ce que les
partenaires de l’UE s’engagent à mettre en œuvre les
principes de bonne gouvernance. À cet effet, il convient notamment
d’assurer le respect de ces principes dans les accords entre l'UE et les
pays tiers concernés et de prévoir des incitations dans le cadre de la
coopération au développement;
- elle invite les États membres de l’UE à adopter une approche
coordonnée et cohérente pour promouvoir les principes de bonne
gouvernance vis-à-vis des pays tiers, et, notamment, lorsque cela se
justifie, à adopter des mesures coordonnées à l'encontre des
juridictions qui refusent d'appliquer les principes de bonne
gouvernance.
Voici quelques unes des mesures concrètes
proposées:
- inviter le Conseil à donner le poids politique approprié au mandat
confié à la Commission pour intégrer les principes de bonne
gouvernance dans les accords entre l'UE et les pays tiers concernés;
- étudier avec les États membres les mesures de rétorsion qui
pourraient être prises à l’encontre des juridictions non
coopératives dans le domaine fiscal (le Secrétariat de l’OCDE a
proposé une liste de mesures. Ces mesures devront être examinées
avec les États membres);
- promouvoir un renforcement de la coopération avec les pays tiers dans
le cadre de la directive sur la fiscalité de l’épargne;
- conclure des accords spécifiques dans le domaine fiscal contenant, au
besoin, des dispositions relatives à la transparence et à
l’échange d'informations aux fins de la fiscalité au niveau de
l'UE, afin d'accélérer le processus de mise en œuvre des
engagements pris par certaines juridictions pour accroître la transparence
et l'échange d'informations;
- étudier l'opportunité de réaffecter des fonds au profit des
pays en développement qui respectent leurs engagements et, inversement,
étudier l'opportunité de supprimer les fonds destinés aux pays
qui n'auraient pas respecté leurs engagements;
- accroître la cohérence entre, d’une part, les politiques
fiscales bilatérales avec les pays tiers menées par les États
membres et, d’autre part, les principes de bonne gouvernance dans le
domaine fiscal.
Contexte
En raison de la crise financière, les gouvernements nationaux n'ont
jamais eu autant besoin de préserver leurs recettes fiscales.
La nécessité de promouvoir la coopération internationale dans
le domaine fiscal et l'adoption de normes communes figure désormais
régulièrement à l'ordre du jour des discussions, tant au sein de
l'UE que dans les enceintes internationales. Tout récemment, les dirigeants
réunis à l’occasion du sommet du G20 qui s’est tenu à
Londres le 2 avril 2009 sont convenus «de prendre des mesures à
l'encontre des juridictions non coopératives, y compris les paradis
fiscaux».
La présente communication de la Commission constitue une réponse
aux questions soulevées à l’échelle internationale, qui est
ancrée dans le contexte de la politique globale de bonne gouvernance que
l’UE mène dans le domaine fiscal.
Pour accéder aux textes des propositions, cliquer sur le lien
suivant:
http://ec.europa.eu/taxation_customs/index_fr.htm
Pour de plus amples informations sur la stratégie d'amélioration
des mesures de lutte contre la fraude, veuillez consulter la page suivante:
http://ec.europa.eu/taxation_customs/taxation/tax_cooperation/gen_overview/index_fr.htm