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10 ans d'Union économique et monétaire: un succès retentissant et de nouveaux défis

European Commission - IP/08/716   07/05/2008

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IP/08/716

Bruxelles, le 7 mai 2008

10 ans d'Union économique et monétaire: un succès retentissant et de nouveaux défis

L'euro est une réussite incontestable. En cette période d'incertitude et dans le contexte d'une progression inquiétante des prix de l'énergie et des denrées alimentaires, on ne peut que se féliciter de la protection offerte par une monnaie internationale basée sur un marché de près de 320 millions de personnes, soutenue par des finances publiques saines et par des politiques macroéconomiques stables. Toutefois, dix ans après la création de l'Union économique et monétaire (UEM), nous devons reconnaître qu'il reste beaucoup à faire. La gouvernance de la zone euro et la coordination des politiques économiques doivent être améliorées. Pour cela, il y a lieu d'approfondir et d'étendre la surveillance économique afin de guider la politique budgétaire tout au long du cycle et à long terme, tout en corrigeant les divergences observées sur le plan de la croissance, de l'inflation et de la compétitivité. Par ailleurs, nous devons mieux nous faire entendre sur la scène mondiale, afin de refléter le poids de l'euro en tant que monnaie internationale utilisée bien au-delà de ses frontières. Ce n'est qu'ainsi que les citoyens de la zone euro prendront pleinement conscience des avantages de la monnaie unique.

« L'UEM est une construction solide et une réussite remarquable. Toutefois, l'expérience acquise durant cette première décennie montre que les décisions politiques d'un pays peuvent avoir des répercussions importantes sur d'autres. Dès lors, nous devons continuer à améliorer la gouvernance économique de la zone euro au moyen d'engagements politiques forts et contraignants. Durant les trois dernières années, nous avons réexaminé les instruments de coordination, le pacte de stabilité et de croissance et la dimension de la zone euro dans le processus de Lisbonne. Nous devons maintenant renforcer notre coordination des politiques budgétaires et économiques. Nous devons également améliorer notre stratégie économique internationale. Nous le devons aux citoyens européens, pour faire en sorte que l'euro devienne un exemple vibrant de croissance et de dynamisme», a déclaré Joaquín Almunia, le commissaire européen chargé des affaires économiques et monétaires, avant d'ajouter: «J'ai l'intention de mener ce débat avec les États membres, le Conseil et le Parlement européen durant la présidence française, et de présenter ensuite des propositions.»

Le 2 juin 1998, il y a presque exactement 10 ans, les dirigeants de l'UE ont pris la décision historique d'introduire l'euro le 1er janvier 1999, avec la participation de 11 pays de l'Union européenne[1]. Au même moment, ils ont créé la Banque centrale européenne, avec effet au 1er juin 1998.

À l'occasion du 10ème anniversaire de ce que les citoyens de l'UE considèrent comme l'un des principaux symboles de la réconciliation et de l'intégration européennes, la Commission a adopté ce jour une communication intitulée - UEM@10: Bilan de l'Union économique et monétaire dix ans après sa création qui examine les avantages offerts par l'UEM mais surtout les améliorations à apporter pour faire en sorte qu'elle fonctionne encore mieux durant la prochaine décennie et au-delà. Cette communication s'accompagne d'un rapport des services de la Commission qui présente un examen systématique à l'appui de l'analyse politique.

L'euro a apporté une stabilité des prix durable à un niveau que la plupart de ses membres, sinon tous, n'avaient jamais connu auparavant, malgré le récent soubresaut de l'inflation découlant de l'envolée des prix des denrées alimentaires et de l'énergie sur les marchés mondiaux. Les taux d'intérêt sont tombés à 5 % en moyenne, contre quelque 9 % durant les années 1990, et la disparition des coûts et des risques liés au taux de change ont stimulé les échanges internes, qui représentent aujourd'hui un tiers du PIB de la zone euro, contre un quart dix ans plus tôt. De la même manière, l'investissement direct étranger provenant de l'intérieur de la zone représente maintenant un tiers du PIB contre un cinquième précédemment, indiquant que l'attrait de la zone euro a augmenté d'une manière significative. L'abaissement du coût du capital a par ailleurs relevé les niveaux des investissements privés et publics à 22 % du PIB en 2007, un niveau jamais atteint depuis le début des années 1990. Les déficits publics sont tombés à un niveau record de 0,6 % du PIB en 2007, contre une moyenne de 4 % durant les années 1980 et 1990. Avec la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l'emploi, la stabilité macroéconomique globale et les politiques budgétaires saines ont permis à la zone euro de créer près de 16 millions d'emplois depuis 1999, plus que durant les décennies précédentes, et partant, de ramener le taux de chômage à environ 7 %.

Un programme qui doit permettre d'exploiter pleinement le potentiel de l'UEM

Néanmoins, nous pouvons et devons améliorer le fonctionnement de l'UEM. La croissance est faible dans certains pays, et la productivité est à la traîne par rapport à celle des États-Unis. Les efforts de réforme structurelle doivent être intensifiés, et des différences substantielles persistent entre les pays. Malgré l'importance croissante de l'euro en tant que monnaie internationale, la zone euro ne parvient pas encore à se faire entendre sur la scène internationale. De même, l'impression du public concernant l'euro n'est pas à la hauteur des bénéfices offerts par la monnaie unique en termes de stabilité économique, de transparence des prix, de diminution du coût du crédit et de simplification des déplacements. Enfin, compte tenu des défis de plus en plus pressants liés au vieillissement de nos populations et à la mondialisation, encore exacerbés par la crise qui se prolonge sur les marchés financiers et par la progression des prix des denrées alimentaires et de l'énergie, l'amélioration du fonctionnement de l'UEM n'est plus seulement un objectif, mais aussi une obligation.

Un programme de politique intérieure

  • Approfondir et élargir la surveillance économique. Approfondir la surveillance signifie améliorer le fonctionnement du "volet préventif" du pacte de stabilité et de croissance de manière à guider les politiques budgétaires tout au long du cycle et à prendre en compte les coûts que la diminution et le vieillissement de la population feront peser sur les générations futures. Nous devons nous attacher davantage à la qualité des finances publiques pour optimiser l'utilisation de l'argent des contribuables. Et nous devons également étendre le système actuel d'examen par les pairs au-delà de la politique budgétaire, afin de corriger en temps utile les déséquilibres économiques et les divergences entre les membres de la zone euro.
  • Mieux intégrer les réformes structurelles dans le processus de coordination. La zone euro a tout intérêt à ce que les réformes aboutissent, en particulier au niveau de l'intégration financière et de l'amélioration du fonctionnement des marchés de l'emploi. Les mesures d'encouragement en faveur des réformes structurelles prévues par la réforme du pacte de 2005 pourraient être utilisées davantage, sans pour autant mettre en péril le rôle central du pacte pour la discipline budgétaire.

Renforcer le rôle de la zone euro sur la scène internationale

La zone euro doit définir une stratégie concernant le rôle international de l'euro et se faire entendre sur les questions de dimension internationale. Elle doit parvenir et se tenir à des positions communes afin de s'exprimer d'une seule voix. Elle doit également consolider sa représentation extérieure et s'efforcer de parvenir à un siège unique dans les institutions et les forums financiers internationaux.

Promouvoir une gouvernance efficace de l'UEM

Sur le front politique, si la zone euro n'a pas besoin de nouvelles institutions, elle a besoin d'une meilleure gouvernance. Une meilleure coordination et une meilleure surveillance des politiques économiques et budgétaires nationales doivent être assurées au niveau du Conseil ECOFIN et de l'Eurogroupe, dans la perspective également de l'élargissement progressif de la zone euro, afin de corriger les déséquilibres et de promouvoir les réformes structurelles qui favorisent l'ajustement, la stabilité et la croissance.

La Commission envisage de lancer un débat franc et ouvert durant le deuxième semestre de 2008 afin de parvenir à un consensus sur toutes ces questions et de présenter ensuite les propositions appropriées.

Rapport UEM@ http://ec.europa.eu/economy_finance/emu10/reports_en.htm

Site internet UEM@10 http://ec.europa.eu/economy_finance/emu10/index_en.htm


[1] Belgique, Allemagne, Espagne, France, Italie, Irlande, Luxembourg, Pays-Bas, Autriche, Portugal et Finlande.


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