IP/08/628
Bruxelles, le 23 avril 2008
Coup d’accélérateur à
la médiation en matière civile et commerciale: le Parlement
européen approuve de nouvelles dispositions
Une directive portant sur certains aspects de la
médiation en matière civile et commerciale a été
adoptée aujourd’hui, le 23 avril 2008. Elle a pour objet de faciliter
l’accès aux procédures de résolution des litiges
transfrontaliers et de favoriser le règlement amiable des litiges en
encourageant le recours à la médiation et en garantissant une relation
saine entre la médiation et les procédures judiciaires. Cette
directive est l’une des deux actions de suivi consécutives au livre
vert sur les modes alternatifs de résolution des conflits
présenté par la Commission en 2002, l’autre étant le
code de conduite européen pour les médiateurs, établi par un
groupe de parties prenantes avec l’assistance de la Commission et
lancé en juillet 2004.
Saluant l'adoption de la directive, le vice-président Jacques Barrot
s’est exprimé en ces termes: «Cette directive permet de remplir
l'objectif politique défini en octobre 1999 par le Conseil
européen de Tampere, qui - en vue de promouvoir un meilleur accès
à la justice en Europe - a demandé la mise en place de procédures
de substitution extrajudiciaires de règlement des litiges dans les
États membres. La médiation peut permettre une résolution
extrajudiciaire rapide et peu onéreuse des litiges en matière civile
et commerciale grâce à des procédures adaptées aux besoins
des parties. Les accords conclus à l’issue d’une procédure
de médiation ont plus de chances d'être respectés sur une base
volontaire et favorisent le maintien de relations amicales et durables entre les
parties».
La Commission a présenté sa proposition de directive en octobre
2004 (voir IP/04/1288). Cette directive facilite le recours à la
médiation en renforçant les garanties juridiques l'accompagnant, ce
qui apporte une réelle valeur ajoutée aux citoyens et aux entreprises
de l'Union européenne. Les grandes composantes de la directive sont les
suivantes:
- La directive oblige les États membres à encourager la
formation des médiateurs et l’élaboration de codes
volontaires de bonne conduite et le respect de ces codes ainsi que d'autres
mécanismes efficaces de contrôle de la qualité relatifs
à la fourniture de services de médiation.
- La directive donne le droit à tout juge de la Communauté, à
chacune des étapes de la procédure, de proposer aux parties
d’assister à une réunion d'information sur la médiation et,
s'il l’estime approprié, d’inviter les parties à
recourir à la médiation.
- La directive permet aux parties de conférer à un accord conclu
après une procédure de médiation un statut semblable à
celui d'un jugement en le rendant exécutoire. Cela peut se faire,
par exemple, au moyen d’une décision judiciaire ou d’un acte
authentique rendant ces accords exécutoires dans les États membres en
vertu des règles communautaires existantes.
- La directive permet que la médiation puisse se dérouler dans le
respect de la confidentialité et que les informations ou
propositions présentées par toute partie pendant la médiation ne
puissent être utilisées contre cette partie au cours de
procédures judiciaires ultérieures si la médiation échoue.
Cette disposition est essentielle pour que les parties aient confiance dans la
procédure de médiation et pour les encourager à y avoir recours.
À cet effet, la directive prévoit que le médiateur ne peut pas
être contraint, au cours de procédures judiciaires ultérieures
opposant les parties, de produire des preuves se rapportant au déroulement
de la procédure de médiation.
- La disposition de la directive concernant les délais de prescription
permettra de veiller à ce que les parties ayant recours à la
médiation ne se voient pas empêchées de saisir la justice en
raison du temps écoulé pendant la procédure de médiation. La
directive préserve ainsi l'accès des parties à la justice en cas
d’échec de la procédure de médiation.
À
compter de l'adoption de la directive, qui a eu lieu aujourd'hui, les États
membres disposent de 36 mois pour transposer ces nouvelles dispositions
dans leur droit interne.