IP/08/1931
Bruxelles, le 10 décembre 2008
«L'inflation qui touche les produits alimentaires a constitué environ un tiers de l'inflation totale entre août 2007 et juillet 2008 et a particulièrement affecté les ménages à revenus modestes. Dans le contexte actuel de ralentissement économique, il est primordial d'envoyer un message clair indiquant que nous comptons sérieusement nous attaquer aux rigidités et autres facteurs qui empêchent le fonctionnement optimal des marchés. Cela permettrait non seulement de proposer aux consommateurs des prix plus compétitifs et non biaisés, mais aussi de protéger le pouvoir d'achat des personnes les plus vulnérables et de soutenir la création d'emplois,» a déclaré Joaquín Almunia, membre de la Commission européenne chargé des affaires économiques et monétaires.
«La politique agricole a un rôle clé à jouer pour assurer que les denrées alimentaires parviennent aux consommateurs à un prix raisonnable. Les changements intervenus lors du récent «bilan de santé» de la PAC ont permis aux agriculteurs de répondre plus librement aux signaux du marché. J'espère que nous pourrons désormais lever certaines restrictions aux échanges internationaux de denrées alimentaires en parvenant à un accord équilibré dans le cadre du cycle de négociations commerciales multilatérales de Doha,» a indiqué Mariann Fischer Boel, membre de la Commission responsable de l'agriculture et du développement rural.
La communication d'aujourd'hui propose des solutions pour améliorer le fonctionnement de la chaîne d'approvisionnement alimentaire en Europe afin d'offrir aux ménages européens des prix en permanence compétitifs. Elle répond à une requête du Conseil européen de juin demandant d'examiner les causes des fortes augmentations du prix des denrées alimentaires qui ont suivi la hausse encore plus marquée du prix des matières premières.
La Commission propose:
Il faudrait renforcer les efforts visant à rééquilibrer l'offre et la demande de denrées alimentaires au niveau mondial, à stimuler la recherche agricole et à ouvrir les marchés internationaux.
Bien que le prix des produits de base ait fortement baissé, des facteurs structurels comme la croissance de la demande mondiale risquent, à moyen terme, de maintenir les prix à un niveau élevé.
La hausse des prix observée depuis 2006 s'est accompagnée d'une forte poussée des flux d'investissement dans les produits dérivés associés. La récente contraction brutale des investissements sur les marchés à terme pourrait signaler l'éclatement d'une bulle spéculative. L'instabilité reste néanmoins un sujet de préoccupation.
Les problèmes de fonctionnement de la chaîne d'approvisionnement alimentaire, en termes de degré de concurrence et de réglementation, ont aussi joué un rôle important.
Les prix des denrées alimentaires dans les États membres ont réagi très différemment aux changements, ce qui montre que le marché communautaire est encore fragmenté. La consolidation du marché va générer des gains d'efficacité et faire baisser les prix. Ce phénomène ne doit cependant pas aggraver les conditions de concurrence au niveau local, au détriment des consommateurs et des entreprises.
Il semble y avoir suffisamment de marge pour améliorer le fonctionnement de la chaîne d'approvisionnement alimentaire et ainsi garantir que l'intégration et la consolidation des secteurs iront de pair avec une meilleure compétitivité et des prix plus bas, ainsi qu'avec un plus grand choix de produits alimentaires.
La promotion d'une politique commerciale ouverte, qui repose sur le succès du cycle des négociations commerciales de Doha menées dans le cadre de l'OMC, serait bénéfique pour tous, notamment pour les pays en développement qui souffrent le plus de la hausse des prix. En adoptant le «bilan de santé» de la PAC, l'UE a pris des mesures décisives pour aider les agriculteurs à mieux réagir aux signaux du marché et à exploiter de nouvelles opportunités, tout en fournissant un filet de sécurité moderne en cas de véritables crises du marché.
Contexte
Le sommet de juin a demandé à la Commission de mieux surveiller l'évolution des prix des produits agricoles de base et des denrées alimentaires, d'analyser l'incidence de la spéculation sur les prix des produits de base agricoles, et d'étudier le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement alimentaire.
Le texte de la communication peut être consulté dans son intégralité à l’adresse suivante:
http://ec.europa.eu/economy_finance/thematic_articles/article13524_en.htm.