IP/08/1572
Bruxelles, le 22 octobre 2008
Une protection renforcée pour les
vacanciers: la commissaire Kuneva se félicite de l’adoption de la
directive sur la multipropriété par le Parlement
La nouvelle directive adoptée
aujourd’hui par le Parlement européen permettra d’offrir aux
consommateurs de toute l’Union européenne une protection
renforcée en matière de vacances — qu’il s’agisse
d’acheter ou de revendre des séjours en multipropriété, des
séjours de type «temps partagé» sur des navires de
croisière, des bateaux fluviaux ou dans des caravanes, ou encore
d’adhérer aux fameux «clubs de vacances à tarif
préférentiel». Le but de cette directive est de renforcer la
confiance des consommateurs dans la multipropriété (secteur qui
pèse plus de 10,5 milliards d’euros et emploie plus de
40 000 personnes dans l’Union) et de mettre fin aux agissements
des professionnels indélicats causant des problèmes aux consommateurs
et jetant le discrédit sur les opérateurs honnêtes. À ce
jour, la réglementation européenne en matière de
multipropriété confère aux consommateurs des droits fondamentaux,
et notamment le droit d’obtenir des informations claires, de se
rétracter et de changer d’avis, et interdit le paiement
d’avances. La nouvelle directive adoptée aujourd’hui par le
Parlement vise à combler les lacunes des règles actuelles. En
particulier, elle aura pour effet d’étendre la portée de la
directive de 1994 sur le temps partagé à de nouveaux produits qui sont
apparus sur le marché, comme les clubs de vacances à tarif
préférentiel ou encore les séjours de type «temps
partagé» à bord de navires de croisière, de bateaux fluviaux
ou dans des caravanes, et d’élargir la protection à des domaines
importants comme la revente de multipropriétés et les clubs
d’échange. La nouvelle réglementation devrait permettre de
garantir aux consommateurs une protection équivalente dans l’ensemble
de l’Union et de faire en sorte que les règles du jeu soient les
mêmes pour tous sur le marché de la multipropriété et de
certains autres produits de vacances.
«Je suis ravie que le Parlement ait apporté son soutien à
cette directive, dont l’objectif est de rassurer les consommateurs au
moment où ils achètent leurs vacances de rêve.» a
déclaré la commissaire à la protection des consommateurs,
Mme Meglena Kuneva. «Ces nouvelles règles
offriront aux consommateurs une protection optimale sur le marché moderne
des vacances et empêcheront les professionnels malhonnêtes
d’exploiter les lacunes de la législation.»
Qu’est-ce que la multipropriété (time
share)?
Il s’agit du droit de passer un certain temps (c’est-à-dire
une ou plusieurs semaines) dans un logement de vacances à un moment
déterminé de l’année, sur une période de trois ans ou
plus. Les vacances en temps partagé sont très populaires dans de
nombreux pays de l’Union européenne. Ainsi, le Royaume-Uni, la
Suède, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne sont parmi les
pays qui comptent le plus grand nombre de consommateurs investissant dans des
vacances en multipropriété.
En Espagne, au Portugal, en Allemagne, en Italie et en France, le secteur de
la multipropriété est florissant. Dans des pays comme la
République tchèque, la Hongrie et la Pologne, ce marché attire un
nombre croissant de consommateurs.
La directive de 1994 actuellement en vigueur protège les
intérêts des consommateurs:
- en donnant aux acheteurs le droit d’être informés par des
brochures avant de signer un contrat;
- en tentant d’empêcher «les ventes forcées»
grâce à une période de réflexion (droit de
rétractation) d’au moins dix jours;
- en interdisant aux opérateurs de réclamer le paiement d’une
avance pendant le délai de réflexion.
Pourquoi la
Commission a-t-elle révisé la législation actuelle?
Depuis l’adoption de la directive en 1994, le marché a connu des
bouleversements majeurs. De nouveaux produits et de nouveaux contrats ne
relevant pas de la législation ont été élaborés, de
sorte que les consommateurs qui les achètent ne bénéficient pas
des mêmes droits ou niveaux de protection. On rencontre ainsi de nouveaux
produits permettant aux consommateurs d’accéder à
différents types d’hébergements (par exemple des navires de
croisière, des caravanes ou des bateaux fluviaux) ou encore des contrats
pouvant porter sur une durée inférieure à trois ans. Par
ailleurs, le fait que la revente et l’échange de programmes de
multipropriété ne relèvent pas des dispositions actuelles pose
également certaines difficultés.
Quel sera le champ d’application de la nouvelle directive?
La nouvelle directive se substituera à l’ancienne en mettant en
place un cadre moderne, simplifié et cohérent applicable à la
multipropriété et aux produits de vacances à long terme, ainsi
qu’à leur échange et à leur revente. Elle étendra donc
le champ d’application des règles actuelles:
- aux contrats de courte durée — les contrats d’une
durée de moins de trois ans seront désormais couverts;
- aux biens mobiliers — les dispositions s’appliqueront aux
contrats de multipropriété portant sur des hébergements tels que
les péniches fluviales, les caravanes et les navires de
croisière;
- aux produits de vacances à long terme — ces derniers comprennent
les clubs de vacances à tarif préférentiel, pour lesquels les
consommateurs versent, par exemple, 3 000 euros pour obtenir un mot de
passe donnant accès à un site Internet sur lequel on leur promet des
«remises exceptionnelles» — souvent trompeuses — sur des
hébergements de vacances, des vols ou des locations de voitures. En vertu
de la nouvelle réglementation, les professionnels ne pourront plus exiger
le paiement intégral d’emblée des cotisations à de tels
clubs; les consommateurs pourront étaler le paiement en versements
annuels;
- à la revente de produits en multipropriété — un grand
nombre de propriétaires en temps partagé sont contactés par des
agents commerciaux qui leur proposent, à titre onéreux, de revendre
leur multipropriété en temps partagé;
- à l’échange de produits en multipropriété —
certains propriétaires en temps partagé s’acquittent d’un
montant supplémentaire pour adhérer à un club
d’échange leur permettant, par exemple, d’échanger une
semaine dans les Canaries contre une semaine dans les Alpes. Des informations
supplémentaires obligatoires devraient leur permettre de se faire une
idée réaliste de l’offre et leur éviter toute
déception.
Les
produits de vacances de longue durée et les programmes de revente et
d’échange ne relèvent pas de la législation actuelle; ils
ne sont donc pas couverts par les dispositions relatives au délai de
réflexion, au paiement d’avances et à l’information.
Les consommateurs qui — sous la pression — adhèrent à
un tel programme n’ont donc guère de possibilités de changer
d’avis. La nouvelle directive améliorera les droits des consommateurs
sur le marché de la multipropriété et des produits de vacances
à long terme et mettra en place des conditions équitables pour les
vendeurs de ces produits.
Pour de plus
amples informations:
http://ec.europa.eu/consumers/cons_int/safe_shop/timeshare/index_fr.htm