IP/08/1495
Bruxelles, le 13 octobre 2008
Aides d’État: La Commission
fournit des orientations aux États membres au sujet des mesures prises en
faveur des banques en situation de crise
La Commission européenne a publié des
orientations sur la manière la plus efficace dont les États membres
peuvent soutenir les institutions financières dans la crise financière
actuelle tout en respectant les règles communautaires en matière
d’aides d’État et en évitant ainsi des distorsions
excessives de la concurrence. Ces orientations sont fondées en particulier
sur les règles du traité CE permettant des aides visant à
remédier à une perturbation grave de l'économie d'un État
membre (article 87.3.b du traité CE). Elles aideront les États membres
à mettre en place des mesures concrètes coordonnées pour
rétablir la confiance dans les marchés financiers conformément
à la déclaration de l’Eurogroupe du 12 octobre. Selon les
règles communautaires relatives aux aides d’État, les mesures
prises ne peuvent provoquer des distorsions disproportionnées de la
concurrence, par exemple en créant une discrimination à
l’égard des institutions financières établies dans
d’autres États membres et/ou en permettant aux banques
bénéficiaires d’attirer de manière déloyale de
nouvelles activités complémentaires du seul fait du soutien
gouvernemental. En outre, les mesures en question doivent être
limitées dans le temps et assorties de contributions adéquates du
secteur privé. La Commission s’efforcera d’approuver au plus
vite (dans les 24 heures si possible) les programmes conformes à ces
orientations.
Mme Neelie Kroes, commissaire européen chargé de la concurrence, a
déclaré: «En adoptant ces orientations, la Commission a
honoré, dans un délai très court, l’engagement
qu’elle avait pris le 7 octobre dernier, à l’égard du
Conseil des ministres des finances de l’Union européenne,
d’aider les États membres à agir de manière coordonnée
et efficace pour résoudre les problèmes urgents auxquels est
confronté le secteur financier. Ces orientations démontrent combien
les règles régissant les aides d'État constituent un volet
important de la solution à apporter aux problèmes actuels qui
affectent les marchés financiers et servent de complément opportun
à l’accord de l’Eurogroupe du 12 octobre concernant les mesures
de sauvegarde du système financier».
Ces orientations (sous forme de communication) illustrent la manière
dont la Commission a l’intention d’appliquer les règles du
traité CE sur les aides d’État aux programmes d’aide mis
en place par les États et aux aides individuelles apportées aux
institutions financières dans le cadre de la crise actuelle. Les programmes
d’aide tels que les garanties ou les projets de recapitalisation peuvent
être autorisés par la Commission dans des délais très courts
pour autant qu'ils remplissent les conditions garantissant qu'ils sont bien
ciblés et proportionnés à l’objectif de stabilisation des
marchés financiers et qu’ils prévoient un certain nombre de
garde-fous contre des effets négatifs indésirables sur la concurrence.
Ces conditions spécifiques seront notamment les suivantes:
- l'accès devra être non-discriminatoire afin de protéger le
fonctionnement du marché unique en veillant à ce que
l'admissibilité à un régime d'aide ne soit pas fonction de la
nationalité;
- les engagements de l'État auront une durée limitée, ce qui
permettra de garantir que le soutien sera fourni le temps nécessaire pour
permettre aux établissements de faire face à la crise secouant les
marchés financiers mais qu'il sera revu et adapté ou qu'il y sera mis
fin dès que l'amélioration de la situation du marché le
permettra;
- l'aide de l'État devra être clairement définie et son
périmètre limité au soutien qu'il convient d'apporter pour faire
face à la tourmente financière actuelle; dans le même temps, il
faudra veiller à ce que les actionnaires des établissements financiers
ne profitent pas d'avantages indus au détriment des contribuables;
- le secteur privé apportera une contribution appropriée sous la
forme d'une rémunération adéquate en contrepartie de
l'instauration de régimes généraux d'aide (tels qu'un régime
de garanties) et couvrira au moins une partie substantielle de l'aide
reçue;
- les bénéficiaires de l'aide devront respecter un certain nombre de
règles de conduite visant à empêcher tout mauvais usage du
soutien public, par exemple le fait de profiter d'une garantie de l'État
pour déployer une stratégie commerciale agressive et ambitieuse;
- un suivi approprié sera instauré grâce à des mesures
d'ajustement structurel s'appliquant à l'ensemble du secteur financier
et/ou grâce à la restructuration des établissements financiers
qui ont dû faire appel à l'intervention de l'État.
Le respect de ces principes, y compris pour les mesures d'aide
individuelles, devra être garanti par les États membres et sera
contrôlé par la Commission. Avant de parachever un régime
donné, les États membres peuvent s'adresser à la Commission pour
adapter au mieux leurs mesures nationales sur la base de ces principes, afin de
les aligner sur les règles de l'UE relatives aux aides d'État.
La présente communication repose sur les principes qui sous-tendent les
lignes directrices actuelles concernant les aides au sauvetage et à la
restructuration (voir MEMO/04/172)
et tient compte des circonstances particulières que connaît le secteur
financier, à savoir une crise exceptionnelle dont on peut considérer
qu'elle perturbe gravement l'économie d'un État membre au sens des
règles sur les aides d'État (article 87, paragraphe 3, point b).
Le texte de la communication relatif à ces principes peut être
consulté à l'adresse suivante:
http://ec.europa.eu/competition/state_aid/legislation/horizontal.html