IP/08/1161
Bruxelles, le 16 juillet 2007
Services financiers: la Commission propose
un cadre communautaire amélioré pour les fonds
d'investissement
La Commission européenne a proposé une
vaste révision du cadre communautaire régissant les fonds
d'investissement, qui offre aux consommateurs la possibilité
d'accéder, à un coût raisonnable, à des placements
gérés par des professionnels. Ces fonds, appelés OPCVM
(Organismes de placement collectif en valeurs mobilières), totalisaient
à la fin de l'année dernière des actifs de plus de 6 400
milliards d'euros, ce qui équivaut à 50 % du PIB de l'Union et
représente 11,5 % des actifs financiers détenus par les
ménages européens. Les nouvelles dispositions vont accroître
l'efficacité du cadre législatif actuel dans toute une série de
domaines essentiels. Premièrement, elles permettront aux aux gestionnaires
d’OPCVM de développer leurs activités transfrontalières et
de dégager des économies d'échelle tout en consolidant
l'épargne. Actuellement, les fonds européens sont en moyenne 5 fois
moins importants que les fonds américains et leurs coûts de gestion
deux fois plus élevés qu'aux États-Unis. Deuxièmement, les
investisseurs bénéficieront d'un plus grand choix de fonds
d'investissement avec des frais de gestion moindres. Troisièmement, la
proposition vise à améliorer la protection des investisseurs en
faisant en sorte que les investisseurs grand public reçoivent des
informations claires, facilement compréhensibles et pertinentes. Ces
améliorations contribueront à renforcer la compétitivité des
OPCVM sur les marchés mondiaux. À l'heure actuelle, 40 % des
OPCVM originaires de l'UE sont vendus dans des pays tiers, en Asie, dans la
région du Golfe et en Amérique latine essentiellement. La nouvelle
directive qui s'inscrit dans la stratégie de la Commission visant à
«Mieux légiférer» et dans sa volonté de simplifier
l’environnement réglementaire, remplacera 10 directives actuelles par
un texte unique. La proposition est à présent transmise pour examen au
Parlement européen et au Conseil.
Charlie McCreevy, membre de la Commission européenne chargé du
marché intérieur et des services, a déclaré: «La
proposition sur les OPCVM représente un réel progrès pour les
fonds d'investissement en Europe. L'amélioration de l'environnement
réglementaire diminuera la bureaucratie et les frais inutiles des
opérations transterritoriales et renforcera la protection des
investisseurs. Les avantages escomptés de cette mesure pour l'industrie
européenne sont estimés à plus de 6 milliards d'euros. Nous
pensons que ces avantages entraîneront une baisse des frais pour les
investisseurs. Sur la base d'un processus de consultation élargi et d'une
analyse coût-bénéfice approfondie, nous avons recensé avec
soin, ces dernières années, les domaines dans lesquels des
améliorations devraient être apportées aux dispositions en
vigueur.
Cet ensemble de dispositions législatives devrait garantir que les
règles de fonctionnement des OPCVM demeurent un gage de qualité en
Europe et dans d'autres partie du monde aussi, comme l'Asie ou l'Amérique
latine, où l'étiquette «OPCVM» se vend bien et est vivement
appréciée».
Les modifications proposées de la directive OPCVM vont:
- lever les obstacles administratifs à la distribution
transfrontalière des fonds des OPCVM: les procédures laborieuses de
notification actuellement en vigueur peuvent prendre plusieurs mois avant
d'aboutir. Elles sont source de paperasseries inutiles et de frais
administratifs estimés à 45 millions d'euros environ. La nouvelle
procédure de notification se réduira à une simple communication
électronique entre autorités de régulation. La distribution des
parts de fonds commencera immédiatement après cette
communication.
- créer un cadre pour les fusions entre fonds d'OPCVM et permettre
l'utilisation de structures «maître-nourricier»: les fusions de
fonds seront autorisées, tant sur une base nationale que transterritoriale,
et leurs procédures d'autorisation seront harmonisées, tout comme le
niveau requis des informations à fournir aux investisseurs. Sous
réserve de son approbation et de la communication des informations
pertinentes aux investisseurs, un fonds d'OPCVM (nourricier) pourra investir la
totalité de ses actifs dans un autre fonds (maître). On estime que ces
nouvelles modalités de gestion permettront aux OPCVM d'économiser
jusqu'à 6 milliards d'euros grâce aux réductions de frais et aux
économies d'échelle. Ces économies pourraient être
partagées avec les investisseurs par un abaissement des frais
d’investissement.
- remplacer le prospectus simplifié par un nouveau concept
d’«informations clés pour l’investisseur»: celles-ci
seront contenues dans un document court présentant les éléments
essentiels aux investisseurs privés sous une forme claire et
compréhensible afin de les aider à prendre leurs décisions
d'investissement en connaissance de cause.
- améliorer les mécanismes de coopération entre les
autorités de surveillance nationales.En ce qui concerne le "passeport de la
société de gestion" (c. à d. la possibilité pour des fonds
autorisés dans un État membre d'être gérés à
distance par une société de gestion établie dans un autre
État membre), la procédure de consultation la plus récente a fait
apparaître une série d'inquiétudes en ce qui concerne la
surveillance et la protection offerte à l'investisseur. Il y a lieu de les
prendre en compte pour que le passeport de la société de gestion ne
diminue pas la protection assurée aux investisseurs privés ou ne porte
pas atteinte à l'étiquette des OPCVM, traditionnellement
considérée comme «la» référence européenne
pour la protection de l'investisseur. La Commission a décidé, par
conséquent, de consulter le Comité européen des régulateurs
des marchés de valeurs mobilières (CERVM) sur ces questions. Un mandat
en ce sens lui sera envoyé dès aujourd'hui. Le CERVM sera invité
à conseiller la Commission pour l’aider à élaborer des
dispositions permettant l’introduction d’un passeport pour les
sociétés de gestion dans des conditions compatibles avec un degré
élevé de protection des investisseurs. À cet égard, le
CERVM sera invité à envoyer, pour le 1er novembre 2008, son avis
à la Commission en ce qui concerne la structure et les principes des
modifications qu’il serait éventuellement nécessaire
d’apporter à la directive OPCVM pour mettre en œuvre le
passeport de la société de gestion d’OPCVM. Sur la base de ces
conseils, la Commission présentera une proposition appropriée en temps
utile pour permettre son adoption au cours de la législature
actuelle.
Contexte
Les fonds d'investissement sont des produits d'investissement
spécialement constitués dans le seul but de collecter des capitaux
auprès des investisseurs pour les investir dans un portefeuille
d'instruments financiers du type actions, obligations ou autres valeurs
mobilières. De cette façon, les petits investisseurs ont accès,
pour un coût raisonnable, à un panier d'instruments financiers
diversifiés et gérés de façon professionnelle. Les fonds
d'investissement sont un produit d’épargne à long terme
largement utilisé par les ménages européens. Ils
représentent 11,5 % des actifs financiers détenus par ces
ménages .
Les OPCVM (organismes de placement collectif en valeurs mobilières) sont
des fonds d'investissement établis et autorisés conformément aux
exigences de la directive 85/611/CEE. Une fois autorisé, un fonds OPCVM
peut être ouvert à des investisseurs de toute l'Union européenne
après notification aux autorités nationales correspondantes. La
directive a été la clé de la réussite du développement
du marché européen des fonds d’investissement. Actuellement, les
OPCVM gèrent 6400 milliards d'euros d'actifs (soit la moitié environ
du PIB de l'UE).
La directive OPCVM prévoit des règles communes pour l'organisation,
la gestion et la surveillance des fonds des OPCVM. Elle dresse la liste des
actifs dans lesquels les fonds des OPCVM peuvent être investis. Elle impose
des règles relatives à la diversification et à la liquidité
du portefeuille des fonds. Grâce à ces clauses strictes, les fonds des
OPCVM jouissent, au niveau mondial, d'une réputation de produit financier
bien contrôlé. Ces clauses ont aussi protégé les fonds des
OPCVM contre les graves effets des turbulences financières
récentes.
Des informations complémentaires sont disponibles à
l’adresse suivante:
http://ec.europa.eu/internal_market/investment/legal_texts/index_fr.htm
MEMO/08/510
Annexe
Modifications proposées concernant les OPCVM:
résumé à l’intention des citoyens
1. Introduction
Les OPCVM (organismes de placement collectif en valeurs mobilières) sont
des fonds d’investissement qui ont été établis en vertu de
la législation communautaire depuis 1985. Une fois enregistré dans un
pays de l’Union européenne, un fonds OPCVM peut être
commercialisé librement dans l’ensemble de l’Union. Les OPCVM,
qui géraient plus de 6 trillions d’euros d’actifs en 2007, ont
connu le succès et sont largement utilisés par les ménages
européens. Ils bénéficient aussi de la clientèle
régulière d’investisseurs extérieurs à l’Union
européenne, qui les apprécient en raison du niveau élevé de
protection des investisseurs qui les caractérise.
2. Quel est l’enjeu?
- Certaines parties de la directive OPCVM existante n’ont pas eu
l’efficacité voulue:
- la procédure de commercialisation des OPCVM entre les États
membres est trop longue et bureaucratique, ce qui réduit les flux de fonds
transfrontaliers;
- dans l’état actuel des choses, la documentation obligatoire sur
les OPCVM (prospectus simplifié) n’aide pas les investisseurs à
prendre des décisions en connaissance de cause sur les investissements
proposés;
- par rapport aux fonds des États-Unis, la taille moyenne d’un
fonds européen est modeste. En l’absence de mécanisme de
consolidation ou de la possibilité de cogérer des fonds, les
coûts de la gestion des OPCVM restent élevés. Ils sont
répercutés aux investisseurs.
3. Pourquoi une action
à l’échelon de l’Union européenne est-elle
nécessaire?
Les OPCVM ont été créés à l’origine en vertu
de la législation communautaire. Étant donné que le
fonctionnement de certaines parties de cette législation ne donne pas
satisfaction, leur modification serait la meilleure solution.
4. Contenu de la proposition
Les modifications apportées à la directive OPCVM auront les effets
suivants:
- les obstacles administratifs à la commercialisation
transfrontalière des OPCVM seront levés: leur commercialisation pourra
débuter sans retard dès que le régulateur du fonds aura averti le
régulateur financier du pays de l’UE où la commercialisation du
produit est envisagée;
- le prospectus simplifié sera remplacé par le concept
d’«informations clés pour l’investisseur»: il
s’agira d’un document simple donnant aux investisseurs les
informations essentielles d’une manière claire et
compréhensible. Il les aidera à prendre leurs décisions
d’investissement en connaissance de cause;
- les fusions entre fonds OPCVM seront facilitées: les exigences à
remplir pour obtenir l’autorisation d’une fusion de fonds et les
informations à mettre à la disposition des investisseurs seront
soumises à une réglementation unique dans l’ensemble de
l’Union européenne;
- la possibilité sera donnée de créer des structures
«maître-nourricier», permettant à un fonds (nourricier)
d’investir la totalité de ses actifs dans un autre fonds
(maître);
- les mécanismes de coopération entre les autorités de
surveillance nationales seront améliorés.
5. Avantages
attendus de la proposition
Les économies attendues profiteront tant au secteur
d’activité qu’aux investisseurs. Les gains
d’efficacité directs pourraient s’élever à plusieurs
milliards d’euros chaque année. Une souplesse accrue dans
l’organisation et la gestion des fonds ouvrira de nouvelles
possibilités commerciales au secteur européen des fonds
d’investissement et renforcera sa compétitivité. Le maintien du
degré élevé de protection des investisseurs renforcera
l’attrait des OPCVM à l’intérieur comme à
l’extérieur des frontières de l’UE. Ces effets positifs
contribueront réaliser la stratégie de Lisbonne et ses objectifs de
création de croissance et d’emploi en Europe.
Les investisseurs pourront participer à ces gains, sous la forme
d’une réduction des frais d’investissement, d’une
intensification de la concurrence et d’une amélioration de
l’information sur les produits. L’abaissement des coûts de
gestion des fonds aura des effets positifs sur leur performance. La suppression
des obstacles à la commercialisation transfrontalière de fonds
élargira le choix offert aux investisseurs ou à leurs conseillers
financiers. Confrontés à une concurrence accrue, les promoteurs de
fonds devront rendre leur offre plus attrayante pour les investisseurs.
L’amélioration de l’information sur les produits aidera les
investisseurs à comparer les fonds et à prendre des décisions
d’investissement en connaissance de cause.
6. Quand la proposition prendra-t-elle effet?
Si la proposition est adoptée par le Conseil de ministres de
l’Union européenne et le Parlement européen au cours du
deuxième trimestre de 2009, ses dispositions entreront en vigueur à la
mi-2011.