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Fusions: la Commission interdit à Ryanair de prendre le contrôle d'Aer Lingus

Commission Européenne - IP/07/893   27/06/2007

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IP/07/893

Bruxelles, le 27 juin 2007

Fusions: la Commission interdit à Ryanair de prendre le contrôle d'Aer Lingus

La Commission européenne s'est opposée au projet de rachat d'Aer Lingus par Ryanair en s'appuyant sur le règlement communautaire relatif aux concentrations. L'acquisition en question aurait abouti au rapprochement des deux principales compagnies aériennes qui opèrent à partir d'Irlande et qui se livrent actuellement une concurrence acharnée. Dans ses conclusions, la Commission estime que la fusion envisagée aurait porté préjudice aux consommateurs en faisant disparaître cette concurrence et en créant une situation de monopole ou de position dominante pour 35 lignes aériennes exploitées par les deux compagnies. Cela aurait eu pour conséquence une restriction du choix proposé à la clientèle et, très probablement, une hausse des prix pour plus de 14 millions de passagers européens qui voyagent chaque année sur ces lignes à destination et au départ de l'Irlande. L'enquête menée par la Commission et l'analyse des mesures correctives proposées par Ryanair ont montré que les problèmes de concurrence subsistaient. En particulier, le nombre restreint de créneaux horaires proposés n'était pas de nature à permettre une concurrence équivalente à la pression concurrentielle existant actuellement entre les deux compagnies. La Commission a donc conclu que la concentration envisagée entraverait de manière significative une concurrence effective dans l'Espace économique européen (EEE) ou une partie substantielle de celui-ci.

“Notre décision d'interdire cette fusion était essentielle pour protéger les consommateurs irlandais, qui sont très dépendants du transport aérien, ainsi que les autres consommateurs européens. Les monopoles leur sont préjudiciables car ils restreignent les choix proposés, entraînent une baisse de la qualité et tirent les prix à la hausse. Les compagnies aériennes à bas coûts comme Ryanair ne font pas exception à la règle. Les mesures correctives proposées par cette dernière ne permettaient malheureusement pas de résoudre les problèmes de concurrence" a déclaré Neelie Kroes, commissaire chargée de la concurrence.

Ryanair est une compagnie aérienne irlandaise à bas coûts, qui propose des services de transport aérien de point à point sur plus de 400 lignes en Europe. Elle a transporté plus de 40 millions de voyageurs en 2006, ce qui en fait l'une des plus grandes compagnies aériennes au monde.

Aer Lingus est l'ancienne compagnie nationale irlandaise de transport aérien. Elle a modifié sa stratégie commerciale ces dernières années et se concentre désormais sur des vols de courte distance à bas prix. Aer Lingus exploite plus de 80 lignes aériennes et a transporté plus de 8,6 millions de voyageurs en 2006. Ses activités se limitent à des liaisons à destination et au départ de l'Irlande, à partir de Dublin, Shannon et Cork.

Actuellement, Ryanair et Aer Lingus sont de loin les principaux opérateurs pour les vols courts à destination et au départ de l'Irlande et se font mutuellement concurrence sur ces liaisons. Elles occupent une position de force, notamment pour ce qui est du transport aérien à destination et au départ de Dublin, où elles auraient réalisé 80 % environ de l'ensemble du trafic intra-européen en cas de fusion. Conformément à l'approche adoptée dans les précédentes affaires de fusion concernant le secteur aérien, la Commission a analysé les conséquences du projet sur les liaisons pour lesquelles les activités des deux compagnies se chevauchent. À l'issue d'une enquête approfondie (qui a comporté des contacts avec de nombreuses compagnies aériennes ainsi que des tiers, une enquête auprès des consommateurs à l'aéroport de Dublin et diverses analyses quantitatives), la Commission a constaté qu'Aer Lingus et Ryanair se livrent actuellement une concurrence directe sur 35 lignes à destination et au départ d'Irlande. La fusion aurait abouti à une situation de monopole pour 22 de ces liaisons. En ce qui concerne les autres lignes, Aer Lingus et Ryanair sont en concurrence directe et la fusion aurait sensiblement restreint le choix proposé aux consommateurs puisque l'entité issue de la fusion aurait détenu plus de 60 % du marché.

L'analyse du marché a également révélé que la plupart des compagnies n'auraient guère pu livrer directement concurrence à l'entité Ryanair/Aer Lingus issue de la fusion sur le marché irlandais. En effet, non seulement l'entité en question aurait été en mesure d'exploiter la très forte présence de Ryanair et d'Aer Lingus en Irlande et bénéficié ainsi de la clientèle de leurs deux marques bien implantées, mais Ryanair a en outre la réputation de prendre des mesures de rétorsion agressives contre les tentatives de ses concurrents. La fusion aurait même conféré à l'entité Ryanair/Aer Lingus une plus grande souplesse pour lancer des réductions tarifaires ponctuelles sur certaines destinations et renforcé sa capacité à protéger sa puissante position de marché contre d'éventuelles tentatives concurrentielles sur des liaisons à destination et au départ de l'Irlande. La probabilité d'une concurrence est en outre limitée par l'encombrement de l'aéroport de Dublin et d'autres villes aux heures de pointe pour les liaisons où les activités se chevauchent.

Ryanair a proposé diverses mesures correctives pour résoudre les problèmes soulevés au regard de la concurrence. Leur portée ne permettait cependant pas d'écarter tout risque de préjudice pour la clientèle. En particulier, le nombre restreint de créneaux horaires proposés n'aurait probablement pas permis l'entrée sur le marché de nouveaux opérateurs suffisamment importants pour prendre le relais de la pression concurrentielle actuellement exercée par Aer Lingus, ce que les enquêtes approfondies réalisées sur les mesures correctives proposées ont confirmé.

La présente affaire diffère des fusions qui ont eu lieu précédemment entre des compagnies aériennes. Pour la première fois, la Commission devait se prononcer sur un projet de fusion entre les deux principales compagnies aériennes d'un même pays, ayant toutes deux le même aéroport "d'attache" – Dublin. C'était également la première fois que la Commission devait analyser une fusion entre deux compagnies aériennes à bas coûts, ayant des activités de point à point. Enfin, le nombre de liaisons où les activités des parties se chevauchent est sans précédent.
De plus amples informations sur cette affaire sont disponibles à l'adresse suivante:

http://ec.europa.eu/comm/competition/mergers/cases/index/m88.html#m_4439

Voir aussi MEMO/07/258


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