IP/07/253
Bruxelles, le 27 février 2007
Protection des consommateurs: l'UE prend des
mesures rigoureuses contre les fraudeurs transfrontaliers
Avec l'inauguration officielle d'un nouveau et
puissant réseau de lutte contre les fraudes et les infractions qui aura
lieu à Bruxelles demain, les commerçants qui enfreignent la loi au
niveau transfrontalier s'exposent désormais à des mesures de
répression à l'échelle de l'UE. Le réseau aura pour cible
les escroqueries transfrontalières telles que les fausses loteries et les
faux clubs de vacances. Il s'attaquera aussi aux violations systématiques
des dispositions communautaires en matière de protection des consommateurs,
qui vont du refus d'une compagnie aérienne de procéder à des
remboursements en cas de vol retardé à la vente forcée de
vacances en multipropriété, en passant par l'envoi de brochures de
vacances trompeuses à des consommateurs résidant dans d'autres pays de
l'UE. Le règlement relatif à la coopération pour l'application de
la législation crée un réseau à l'échelle
européenne entre les organes chargés de veiller à ladite
application, le but étant de s'attaquer aux escrocs qui volent leurs
victimes dans un pays mais sont établis dans un autre pays. Il instaure
également des normes minimales pour les autorités nationales
chargées de veiller à l'application de la législation. Celles-ci
comprendront la capacité de procéder à des inspections sur place,
d'imposer des amendes et d'ordonner aux sociétés de mettre un terme
à leurs pratiques illégales. Ces pouvoirs pourraient conduire, par
exemple, à geler les avoirs des escrocs et à les empêcher de
causer davantage de préjudices aux consommateurs et aux commerçants
honnêtes. La commissaire européenne responsable de la protection des
consommateurs, Meglena Kuneva, lancera officiellement mercredi le nouveau
réseau après la première réunion des représentants des
autorités nationales chargées de veiller à l'application de la
législation, qui se tiendra demain. L'inauguration aura lieu au siège
de la Commission, dans le coin VIP du bâtiment Berlaymont, à
13h30.
“Les escrocs se servent de courriers électroniques de grande
diffusion ou de fausses promesses de gains importants pour piéger les
personnes vulnérables", a déclaré Mme Kuneva. "Les fraudeurs sont
intelligents; ils profitent de l'existence de différents systèmes
juridiques dans l'UE pour s'attaquer aux personnes vulnérables. Leurs
systèmes astucieux, consistant par exemple à personnaliser les lettres
et à leur donner un aspect professionnel, coûtent des millions d'euros
aux consommateurs européens. Rien qu'au Royaume-Uni, plus de trois millions
d'adultes sont victimes d'escroqueries chaque année, et perdent ainsi 1 500
euros chacun en moyenne. Ce type de pratiques malveillantes doit cesser. Le
nouveau réseau européen d'organes de surveillance nationaux aidera
à arrêter net les commerçants sans scrupules en faisant en sorte
qu'ils ne puissent plus échapper aux autorités de protection des
consommateurs."
À quoi le réseau s'attaquera-t-il?
1. Aux escroqueries
Les commerçants malhonnêtes ont tendance à être mobiles
et à traverser les frontières pour éviter d'être
découverts. Parmi les escroqueries qui seront visées par les nouvelles
règles figurent:
- les faux clubs de vacances – un consommateur A est en vacances dans un
autre pays de l'UE et reçoit un billet à gratter indiquant qu'il a
"gagné" des vacances gratuites. Il est invité à une
présentation pour recevoir son lot et incité à devenir membre
d'un club de vacances fermé. Or le club en question n'offre pas de vacances
gratuites et, qui plus est, l'adhésion implique de nombreux coûts
cachés;
- les tombolas, loteries internationales et sweepstakes frauduleux – un
consommateur B reçoit une lettre indiquant qu'il a gagné un lot. Tout
d'abord, il doit appeler un numéro onéreux pour savoir comment
réclamer son lot, puis il est informé qu'il ne peut obtenir son
"billet gagnant" qu'en échange du paiement de frais d'inscription ou de
gestion. Le règlement doit se faire par un transfert d'argent vers un autre
pays, et le lot n'arrive jamais.
2. Aux violations des lois en
matière de protection des consommateurs
Le nouveau règlement européen (le règlement relatif à la
coopération transfrontalière) concerne les violations de seize actes
législatifs communautaires portant sur des questions telles que la
publicité trompeuse, les vacances à forfait, la
multipropriété et la vente à distance. Le réseau pourrait
prendre des mesures répressives à l'égard d'infractions telles
que:
- les brochures de vacances trompeuses – une société fait de
la publicité pour un circuit en autocar auprès des consommateurs d'un
autre pays. Le circuit est proposé à un prix fixe, des excursions
"facultatives" pouvant être effectuées moyennant des frais
supplémentaires. Pendant le voyage, les vacanciers découvrent que
s'ils ne participent pas à ces excursions "facultatives", la
société d'autocars les laisse bloqués dans des hôtels
éloignés de tout centre touristique. Les autorités du pays
d'origine des consommateurs pourraient demander à celles de leur pays de
destination d'enquêter sur la société étant donné que
les consommateurs ont été induits en erreur;
- les clauses de "non-remboursement" – une société vendant des
places de concert à des consommateurs d'autres pays de l'UE inclut, dans
ses conditions générales, une clause stipulant que les consommateurs
n'ont doit à aucun remboursement même en cas d'annulation du concert.
Ce refus du droit au remboursement pourrait être considéré comme
abusif et des mesures transfrontalières pourraient désormais être
prises contre la société.
Que faire en cas de
problème avec un commerçant d'un autre pays de l'UE?
En cas de problème avec un commerçant transfrontalier, la
première chose à faire est de contacter le Centre européen des
consommateurs de votre pays. Le CEC examinera les éléments de votre
dossier et pourra vous aider pour le règlement du litige et d'autres
mesures telles que l'obtention d'un dédommagement. Les CEC transmettent les
informations relatives aux sociétés au sujet desquelles ils
reçoivent des plaintes et à leurs pratiques aux organes nationaux
chargés de veiller à l'application de la législation, qui peuvent
alors prendre des mesures contre les mauvaises pratiques générales de
ces sociétés.
Quelles sont les prochaines étapes?
Le règlement relatif à la coopération en matière de
protection des consommateurs a été adopté le 27 octobre 2004 et
est entré pleinement en vigueur en janvier 2007. Lors de la réunion
qui aura lieu à Bruxelles aujourd'hui, la commissaire responsable de la
protection des consommateurs, à laquelle se joindront les
représentants des autorités nationales chargées de veiller à
l'application de la législation, donnera le coup d'envoi officiel des
activités du réseau doté de ses nouveaux pouvoirs. Il s'agira de
la première des réunions bruxelloises régulières entre les
agences chargées de l'application de la législation dans l'UE, qui
seront au cœur du nouveau système de coopération.