IP/07/1915
Bruxelles, le 12 Décembre 2007
Consommateurs: de nouvelles dispositions
européennes pour lutter contre la publicité trompeuse et les pratiques
de vente agressives
Deux semaines avant Noël (le 12 décembre
2007), de nouvelles dispositions européennes ambitieuses visant à
lutter contre la publicité trompeuse et les pratiques de vente agressives
– y compris une interdiction des fausses offres «gratuites» et
une interdiction des publicités fondées sur le «pouvoir de
harcèlement» des enfants (c'est-à-dire qui contiennent des
incitations adressées directement à ces derniers) sur l'internet
– entreront en vigueur dans l'ensemble de l'Union. Les techniques
précitées figurent sur une liste noire détaillée de
méthodes interdites par la nouvelle directive sur les pratiques
commerciales déloyales, qui comprend notamment douze des pratiques les plus
abusives utilisées à l'égard des consommateurs, des
publicités appâts aux systèmes pyramidaux en passant par les
publireportages et les allégations mensongères sur les
propriétés curatives d'un produit. La directive sur les pratiques
commerciales déloyales renforce sensiblement les normes européennes
existantes en matière de publicité trompeuse et en fixe de nouvelles
contre les pratiques commerciales agressives, dont le harcèlement, la
contrainte et l'influence injustifiée. Elle vise à accroître la
confiance des consommateurs et des entreprises dans le marché unique afin
que les citoyens puissent profiter pleinement de la possibilité de faire
des achats dans des pays autres que le leur. À ce jour, seuls quatorze
États membres ont transposé la directive. La Commission a entamé
une procédure à l'encontre des États membres qui n'ont pas encore
adopté de dispositions nationales.
La commissaire européenne chargée de la protection des
consommateurs, Meglena Kuneva, a déclaré: «Les pratiques
déloyales conduisent à l'escroquerie des consommateurs et à la
distorsion des marchés concurrentiels. Sur le marché unique
européen, il ne peut pas y avoir de place pour les professionnels qui font
pression sur les consommateurs, les intimident ou les induisent en erreur, en
particulier à Noël, la période de l'année où les achats
sont les plus nombreux. C'est la raison pour laquelle l'Europe donne l'exemple;
les dispositions qui ont été adoptées concernant la vente
trompeuse et forcée font partie des plus sévères au
monde.»
Les nouvelles dispositions
La nouvelle directive comprend quatre éléments essentiels:
- une clause générale d'une grande portée qui définit les
pratiques qui sont déloyales et donc interdites;
- une définition détaillée des pratiques (actions et omissions)
trompeuses et des pratiques agressives, les deux principales catégories de
pratiques commerciales déloyales;
- des protections pour les consommateurs vulnérables, sous la forme de
dispositions visant à prévenir l'exploitation desdits
consommateurs;
- une liste noire détaillée de pratiques qui sont interdites dans
tous les cas.
Douze méthodes déloyales – la
liste noire
La liste noire contient plus de trente pratiques qui sont réputées
déloyales en toutes circonstances. Elle comprend notamment douze
méthodes bien connues pour les préjudices qu'elles causent aux
consommateurs.
- 1. Les publicités appâts – Pousser le
consommateur à acheter à une entreprise en faisant de la
publicité pour un produit à un prix très bas sans disposer d'un
stock raisonnable.
- 2. Les fausses offres «gratuites» – Donner une
impression fausse d'offre gratuite en décrivant un produit comme étant
«gratuit», «à titre gracieux», «sans frais»
ou autres termes similaires si le consommateur doit payer quoi que ce soit
d'autre que les coûts inévitables liés à la réponse
à la pratique commerciale et au fait de prendre possession ou livraison de
l'article.
- 3. Les incitations adressées directement aux
enfants – Inciter directement les enfants à acheter
(«Va acheter le livre!») ou à persuader (grâce à leur
«pouvoir de harcèlement») leurs parents ou d'autres adultes de
leur acheter le produit faisant l'objet de la publicité. «Alice et le
livre magique de Fondi sort maintenant en vidéo! Dis à ta maman de
l'acheter chez le marchand de journaux!» Les incitations adressées
directement aux enfants sont interdites à la télévision; la liste
noire étend l'interdiction à tous les médias, y
compris – et c'est là le plus important – à
l'internet.
- 4. Les allégations mensongères sur les propriétés
curatives d'un produit – Des allergies au surpoids en
passant par la chute des cheveux.
- 5. Les publireportages – Utiliser un contenu
rédactionnel dans les médias pour faire la promotion d'un produit,
alors que le professionnel a financé celle-ci lui-même, sans
l'indiquer clairement.
- 6. Les systèmes pyramidaux – Un système
de promotion pyramidale dans lequel la contrepartie provient essentiellement de
l'entrée d'autres consommateurs dans le système plutôt que de la
vente ou de la consommation de produits.
- 7. Les prix – Donner la fausse impression que le
consommateur a gagné un prix, alors que, soit il n'existe pas de prix, soit
l'accomplissement d'une action en rapport avec la demande du prix est
subordonné à l'obligation pour le consommateur de verser de l'argent
ou de supporter un coût.
- 8. Les impressions trompeuses sur les droits des
consommateurs – Présenter les droits
conférés au consommateur par la loi comme constituant une
caractéristique propre à la proposition faite par le professionnel.
- 9. Les offres limitées – Déclarer faussement
qu'un produit ne sera disponible que pendant une période très
limitée afin de priver les consommateurs d'une possibilité suffisante
d'opérer un choix en connaissance de cause.
- 10. La langue du service après-vente – S'engager
à fournir un service après-vente aux consommateurs et assurer ce
service uniquement dans une autre langue sans clairement en informer le
consommateur avant que celui-ci ne s'engage dans la transaction.
- 11. Les fournitures non demandées – Exiger le
paiement immédiat ou différé de produits fournis par le
professionnel sans que le consommateur les ait demandés, ou exiger leur
renvoi ou leur conservation.
- 12. Les garanties valables dans toute l'Europe –
Créer faussement l'impression que le service après-vente en rapport
avec un produit est disponible dans un État membre autre que celui dans
lequel le produit est vendu.
«Gratuit» doit vraiment
vouloir dire gratuit – exemple concret
En septembre 2007, M. Folcini, d'Italie, s'est inscrit pour avoir
une nouvelle adresse électronique. Il a remarqué un petit encadré
en bas de la page internet, indiquant «5 messages gratuits par jour».
Il a cliqué et a été redirigé vers une autre page indiquant
«5 MESSAGES GRATUITS PAR JOUR». Il a suivi les instructions et un
deuxième message l'a informé qu'il était inscrit et que le
coût du service était de trois euros par semaine. Il est retourné
vérifier et il était en effet indiqué en petits caractères
sur le site qu'il s'agissait d'un service payant.
Pour plus d'informations,
voir:
http://ec.europa.eu/consumers/rights/index_en.htm
http://ec.europa.eu/consumers/cons_int/safe_shop/fair_bus_pract/ucp_fr.pdf