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IP/05/1688

Bruxelles, le 22 décembre 2005

Sus aux « supermicrobes » : les États membres doivent faire davantage pour combattre la résistance aux substances antimicrobiennes

Selon un nouveau rapport de la Commission, il faut intensifier les efforts visant à réduire le recours inopportun aux antibiotiques dans l’Union européenne et à faire pièce à l’apparition de « supermicrobes » résistant aux traitements médicaux. L’utilisation abusive ou inadéquate d’antibiotiques a entraîné une accélération de la prolifération générale de bactéries et d’autres microbes immunisés contre les médicaments que l’on utilise normalement pour en venir à bout. Ce phénomène, connu sous le nom de « résistance aux substances antimicrobiennes » (RSAM), peut représenter une grave menace pour la santé en ôtant toute efficacité aux traitements traditionnellement employés contre certaines affections. Le rapport publié aujourd’hui énumère les principales mesures que doivent prendre les pouvoirs publics pour éliminer la RSAM, parmi lesquelles un endiguement plus efficace des infections, une diminution de l’automédication par antibiotiques et une meilleure information des citoyens quant au bon usage des traitements antimicrobiens.

Le commissaire européen chargé de la santé et de la protection des consommateurs, M. Markos Kyprianou, a déclaré : « Si la découverte de la pénicilline, il y a de cela près de quatre-vingts ans, a constitué un gigantesque pas en avant dans le domaine de la santé publique, l’abus d’antibiotiques a accéléré la prolifération de bactéries résistant à cette classe de médicaments et menace désormais de saper une bonne partie des progrès accomplis dans la lutte contre les infections. Certains des traitements mis au point dans ce but – traitements qui nous sont devenus indispensables – commencent à perdre de leur efficacité, tandis que la présence dans les hôpitaux de "supermicrobes" est la cause de morts qui n’auraient jamais dû se produire. Il convient de faire l’éducation des citoyens à ce propos, et il est du devoir des États membres comme du corps médical de tout mettre en œuvre pour combattre le phénomène de RSAM. »

La menace

La RSAM fait référence à des bactéries, virus, champignons et parasites divers qui développent une immunité à certains médicaments en raison, essentiellement, de l’utilisation anarchique ou inadéquate des antibiotiques par l’homme. C’est là un problème de santé publique qui a pris des proportions mondiales, dès lors que l’apparition et la prolifération de microbes résistants menacent le traitement efficace d’infections dont la médecine pouvait venir à bout jusqu’ici. La tuberculose, la malaria, la blennorragie, la sinusite et les otites infantiles ne sont que quelques-unes des maladies qu’il est devenu difficile de soigner aux antibiotiques à cause de la RSAM, et les microbes présentant une multirésistance aux médicaments, telles certaines souches de staphylocoque doré (Staphylococcus aureus) résistant à la méthicilline (SDRM), peuvent être à l’origine de graves infections nosocomiales.

En 2001, la Commission a lancé une stratégie destinée à combattre la menace que la RSAM faisait peser sur l’homme, la faune et la flore. Cette stratégie prévoyait la collecte d’informations, des activités de surveillance et de recherche, des campagnes de sensibilisation et l’abandon progressif de l’emploi d’antibiotiques à des fins non thérapeutiques chez les animaux. Elle comportait également une recommandation du Conseil sur l’utilisation prudente des antibiotiques (cf. IP/01/1596), adoptée en 2002, qui définissait les mesures précises à prendre par les États membres pour atténuer ou prévenir la RSAM.

État d’avancement

Le rapport d’aujourd’hui dresse le bilan d’application de la recommandation de 2002, par laquelle les autorités nationales étaient invitées à agir pour enrayer la propagation de la RSAM sur le territoire communautaire en encourageant une utilisation plus circonspecte des antibiotiques chez l’homme. La Commission reconnaît que les États membres ont progressé dans l’aménagement d’un dispositif de lutte contre la RSAM grâce, entre autres, à une meilleure surveillance parallèle du phénomène et de l’emploi des antibiotiques et à une coopération resserrée entre professionnels ; elle constate cependant que cela ne suffit pas : notamment, les États membres doivent élaborer et appliquer des stratégies et des plans d’action et procéder à des échanges plus fructueux de bonnes pratiques concernant, par exemple, les campagnes de vaccination, l’hygiène, ou encore, l’endiguement des infections.

Le problème de l’automédication par antibiotiques persiste dans de nombreux États membres, selon le rapport ; voilà pourquoi il convient de respecter strictement le principe de la « délivrance sur ordonnance » et d’éduquer les citoyens. La Commission suggère, d’une part, que tous les États membres publient des lignes directrices sur les traitements antimicrobiens appropriés, du moins pour les pathologies les plus courantes, et, d’autre part, que la population soit mieux informée sur les substances antimicrobiennes. Les établissements de soins publics sont vivement invités à renforcer les mesures d’endiguement des infections pour faire échec à la propagation de « supermicrobes » tels que le SDRM. Enfin, le rapport met l’accent sur l’importance de la coopération internationale en matière de RSAM, compte tenu de la dimension mondiale du problème. La Commission s’occupe d’ailleurs de la question en étroite collaboration avec des partenaires internationaux, dont l’Organisation mondiale de la santé.

Voir : http://ec.europa.eu/health/ph_threats/com/mic_res/mic_resistance_fr.htm


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