IP/05/130
Bruxelles, le 2 février 2005
La Commission européenne a présenté aujourd’hui une nouvelle stratégie visant à stimuler la croissance et la création d’emplois. Cette stratégie vise à donner un nouveau souffle à l’agenda dit «de Lisbonne», le programme de réforme économique de l’UE engagé en 2000. Les actions proposées aujourd’hui par la Commission pourraient induire une croissance supplémentaire du PIB de 3 % à l’horizon 2010 et créer plus de 6 millions d’emplois. La nécessité d’agir à ces niveaux est particulièrement criante, la stratégie de Lisbonne ne semblant pas en mesure, cinq années après son lancement, de déboucher sur les résultats espérés. Pour préserver l’avenir du modèle communautaire de développement durable, la compétitivité de l’Union doit être renforcée et son économie doit être dynamisée. La Commission a défini un programme d’action concret pour l’UE et ses États membres visant à assurer une croissance économique soutenue et la création d’emplois plus nombreux et de meilleure qualité. Elle appelle les États membres à lancer un nouveau partenariat de l’UE pour la croissance et l’emploi à l’occasion du Conseil européen de printemps (22/23 Mars).
M. Barroso, Président de la Commission, a déclaré: «l’Europe doit mieux faire. Ce que nous proposons aujourd’hui c’est de libérer l’impressionnant potentiel économique de l’Europe. C’est indispensable pour préserver le modèle européen de société auquel nous sommes si attachés, qui est le fondement de la justice sociale et d’une société où chacun a sa chance. Notre ambition est intacte. Globalement, les objectifs de Lisbonne étaient pertinents, mais l’action engagée pour les atteindre n’était pas satisfaisante. La leçon à tirer de ces cinq dernières années est que nous devons revoir les priorités de cet agenda en vue de parvenir à des résultats. Avec cette nouvelle stratégie, je suis convaincu que nous disposerons des instruments adéquats pour atteindre nos objectifs. Ce qui est réellement en jeu ne se résume pas à des faits et à des chiffres sur le papier mais concerne leur impact réel sur la vie des gens: comment nous payons pour notre éducation, nos retraites, nos services sociaux et nos soins de santé. Avec ces propositions, nous avons fait des choix et des jugements sans concession. Le développement durable a été, et demeure, au centre de notre vision. La Commission fera preuve d’une détermination inébranlable dans son action en faveur du renouveau économique».
Le vice-président Günter Verheugen a ajouté: «Nous devons viser cette fois le sans faute et mettre nos forces en commun pour offrir aux citoyens ce qu’ils souhaitent le plus en matière d’emploi. Le message que je souhaite faire passer aujourd’hui est qu’il n’y a pas de solutions miracles: nous devons nous mettre au travail dans un esprit de partenariat et mettre en place un encadrement des politiques à même de revigorer la croissance et la création d’emplois. La Commission fera en sorte que ces objectifs soient poursuivis au quotidien».
La Commission européenne a présenté aujourd’hui ses recommandations de politique économique en vue de l’examen de mi-parcours de la mise en œuvre de l’agenda dit de Lisbonne. Pour passer des mots à l’action concrète, la Commission est persuadée qu’un élan renouvelé et un recentrage sur des objectifs moins nombreux et réalisables s’avèrent nécessaires. L’incapacité à respecter le calendrier de Lisbonne s’explique par l’effet conjugué d’un environnement économique médiocre, des incertitudes internationales et de la lenteur des progrès dans les États membres, ainsi que par une dilution progressive des priorités stratégiques.
Face au défi que représente le vieillissement des sociétés européennes et à l’intensification de la concurrence internationale de pays comme l’Inde ou la Chine, l’Europe doit relever sa productivité et créer plus d’emplois.
Les principaux axes du programme d’action concret présenté par la Commission sont les suivants:
Faire de l’Europe une zone plus attrayante pour l’investissement et le travail
Mettre la connaissance et l’innovation au service de la croissance
Créer des emplois plus nombreux et de meilleure qualité
Partenariat: la responsabilité dans les principaux domaines politiques, à savoir l’emploi, la politique macroéconomique et les réformes structurelles, est partagée entre l’Union et les États membres: un partenariat est donc indispensable. Le programme d’action établit une claire distinction entre les actions selon qu’elles sont engagées au niveau des États membres ou à celui de l’Union: s’inspirant de l’expérience du programme du marché intérieur, il identifie les responsabilités, fixe les délais et mesurera les progrès réalisés. Les gouvernements des États membres pourraient nommer un « M. / Mme Lisbonne » qui serait chargé du suivi de la mise en œuvre.
Il simplifie les mécanismes de mise en œuvre: il n’y aura, après une large consultation, qu’un seul programme d’action national et un seul rapport national sur sa mise en œuvre.
L’ambition a un coût: l’Union ne sera en mesure de réaliser ses objectifs en matière d’investissement et de cohésion sociale que si les États membres sont disposés à doter l’UE d’un budget à la hauteur de ses priorités économiques et sociales clés et des engagements qui auront été pris en commun.