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IP/02/344

Bruxelles, le 28 février 2002

Adieu aux monnaies nationales

Ce jeudi 28 février, nous disons officiellement adieu aux dernières monnaies nationales dans la zone euro. C'est en effet aujourd'hui que se termine la période de double circulation. À partir du 1er mars, l'euro sera la seule monnaie à avoir cours légal dans les douze États membres participants. D'après les derniers sondages, plus de 80 % des citoyens de la zone euro estiment que la transition s'est bien passée, et près de 70 % se disent heureux que l'euro soit devenu leur nouvelle monnaie. "Le passage à l'euro a été un énorme succès pour l'Europe, pour les citoyens européens, pour notre nouvelle monnaie. Tout cela grâce à l'enthousiasme des Européens, qui ont montré qu'ils pouvaient se rallier avec détermination à des idées qui leur semblent bonnes pour eux-mêmes, pour leur vie quotidienne et pour leur avenir", a déclaré Romano Prodi, président de la Commission européenne. La grande majorité d'entre eux attend avec impatience de pouvoir profiter des avantages que l'euro leur réserve au quotidien, comme la possibilité de comparer facilement les prix d'un pays à l'autre, l'amélioration des perspectives de croissance et la stabilité des prix. Malgré cet enthousiasme général, une minorité de citoyens a encore du mal à se familiariser avec les nouvelles pièces et les nouveaux billets. C'est pourquoi la Commission continuera, tout au long du premier semestre 2002, de cofinancer des campagnes d'information plus particulièrement destinées aux catégories vulnérables de la population dans les différents pays de la zone euro.

Selon la dernière enquête réalisée par la Commission du 21 au 31 janvier (et dont les résultats sont intégralement disponibles à l'adresse: http://ec.europa.eu/public_opinion), 81 % des citoyens jugent que le passage à l'euro a été un succès et 87 % déclarent qu'il s'est passé sans accroc en ce qui les concerne; 60 % des citoyens de la zone euro pensent que l'euro leur procurera des avantages (en hausse de 12 points par rapport à décembre 2001), alors que 28 % sont de l'avis contraire; 67 % se déclarent heureux que l'euro soit devenu leur monnaie; 86 % (+ 8 points) pensent que l'euro permettra de comparer plus facilement les prix d'un pays à l'autre, 66 % (+ 8 points) qu'il facilitera la croissance, et 71 % (+ 10 points) qu'il deviendra une monnaie internationale.

En revanche, la majorité des Européens (67 %) pensent que le passage à l'euro s'est traduit par un arrondi des prix à la hausse. Eurostat publie aujourd'hui (STAT/23/2002) les données définitives concernant l'IPCH de janvier 2002, ainsi qu'une analyse de l'impact du passage à l'euro sur les prix. Soulignant que les perceptions ne sont pas nécessairement étayées par les faits, cette analyse statistique indique clairement que même si l'IPCH de janvier 2002 fait apparaître une hausse générale des prix sur douze mois et d'un mois sur l'autre, le passage à l'euro n'a eu qu'un impact inflationniste limité, allant de 0,0 % à 0,16 %.

D'autre part, il n'est pas surprenant que les citoyens aient du mal à faire la distinction entre les hausses de prix selon qu'elles sont dues au mauvais temps, aux hausses d'impôts, à la montée des prix de l'énergie ou au passage à l'euro. Il est également logique qu'au cours du premier mois de l'année, ils soient plus attentifs au prix des produits qu'ils achètent quotidiennement, et moins au tarif des services qu'ils ne doivent régler qu'une fois par mois ou par trimestre.

"Au-delà de l'enthousiasme des Européens, l'un des facteurs clés de la réussite du passage à l'euro est le soin méticuleux apporté aux préparatifs logistiques et techniques. Les secteurs bancaires et le commerce de détail ont joué un rôle crucial dans le succès de cette entreprise", constate Pedro Solbes, commissaire européen responsable des affaires économiques et monétaires. "Maintenant que nous sommes passés à l'euro, il est temps d'exploiter les avantages que la monnaie unique peut apporter aux citoyens, à titre individuel, et à l'ensemble de l'économie. Nous devons, par une coordination efficace et cohérente des politiques économiques, poursuivre la modernisation de nos économies et assurer l'amélioration, grandement nécessaire, du potentiel de croissance de l'Europe".

La préalimentation, facteur de succès décisif

Au total, dans le cadre de la préalimentation des banques, des commerces et des citoyens, 6 milliards de nouveaux billets d'une valeur totale de 132 milliards d'euros (soit 40 % du volume total produit, ou 80 % du volume de billets en circulation à la fin de janvier 2002) et 37,5 milliards de nouvelles pièces d'une valeur totale de 12,4 milliards d'euros (soit 73,5 % du volume total produit, ou 97 % des pièces en circulation à la fin de janvier) ont pu être injectés dans le circuit avant le 1er janvier 2002. Il s'agit là d'une remarquable réussite sur le plan logistique, surtout si l'on tient compte de l'absence d'incident majeur sur le plan de la sécurité. Durant la période de préalimentation, qui a duré de septembre à décembre 2001, l'on n'a signalé que 27 vols de billets en euros et 17 vols de pièces, grâce aux mesures de sécurité prises par les autorités. À titre de comparaison, 5 184 vols ont été perpétrés en 2000 dans des banques de la zone euro.

Si la préalimentation des banques s'est globalement bien passée dans la zone euro, celle des commerçants, en revanche, s'est déroulée de façon très inégale. Dans certains pays, elle a été compliquée par certains préparatifs logistiques et par les contraintes liées à ce genre d'opération. En moyenne, les banques n'ont reversé que 9 % de la valeur des billets en euros reçus, et seulement à une fraction des 2,8 millions de détaillants de la zone euro.

Les citoyens ont manifesté un véritable enthousiasme pour les sachets de pièces en euros durant la deuxième quinzaine de décembre, puisqu'ils en ont acheté 150,3 millions au total, ce qui correspond à 4 280 millions de pièces (en moyenne 14 pièces par personne).

Les banques et les détaillants en première ligne

Les banques ont fourni un effort absolument remarquable, puisque 80 % des distributeurs automatiques de billets délivraient des euros dès le 1er janvier 2002, et 97 % dès le 3 janvier. Par l'intermédiaire de leurs 218 000 agences dans la zone euro, les banques ont su offrir un service régulier à leurs clients.

Les commerçants, quelle que soit leur taille, se sont retrouvés en première ligne, plus qu'aucun autre agent économique. La majorité d'entre eux a rendu la monnaie en euros dès les tout premiers jours de l'année. Le 3 janvier, 40 % en moyenne des transactions en espèces s'effectuaient déjà en euros, dans un sens comme dans l'autre. Cette proportion atteignait 85 % au 10 janvier et 95 % à la fin de la deuxième semaine de janvier.

Ce succès et la forte demande de billets et de pièces qu'il a suscitée ont fait croître la demande globale d'euros. Les 7 585 camions affectés au transport d'espèces dans toute la zone ont travaillé au maximum de leurs capacités le premier mois, d'abord pour livrer des euros et, en second lieu, pour récupérer les pièces nationales.

Aucun problème sérieux de faux monnayage

Aucun incident sérieux lié au faux monnayage n'a été signalé, ce qui est également remarquable. Au total, l'on n'a constaté en janvier qu'une cinquantaine de contrefaçons de mauvaise qualité (photocopies, billets scannés, etc.), et aucune contrefaçon sérieuse; à titre de comparaison, l'on a détecté en moyenne 2 000 faux billets nationaux par jour en 2000.

En vue du Conseil européen de Barcelone, qui doit se tenir le 6 mars 2002, la Commission adoptera un rapport complet sur le passage à l'euro, qui contiendra des analyses et des informations détaillées pour chaque pays.


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