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IP/01/574

Bruxelles, le 18 avril 2001

La Commission ouvre une enquête approfondie sur l'acquisition d'Addtek par CRH dans le secteur de la construction

Le Commission européenne a décidé, ce jour, d'ouvrir une enquête approfondie sur le projet par lequel la société irlandaise CRH Plc entend acquérir la société Addtek International Oy Ab, dont le siège est en Finlande. La Commission craint, à ce stade, que l'opération soit susceptible de diminuer sensiblement la concurrence et, partant, de se traduire par une augmentation des prix d'un certain nombre de produits, essentiellement des planchers en béton préfabriqué en Finlande et aux Pays-Bas.

CRH, un groupe international qui a son siège en Irlande, fabrique et distribue des matériaux de construction (tels que du ciment, des granulats et du béton prêt à l'emploi), ainsi que des produits en béton préfabriqué pour le secteur de la construction (planchers en béton préfabriqué, murs et structures, par exemple). CRH est présent sur le marché finlandais des matériaux de construction par l'intermédiaire de deux filiales: Finnsementti Oy, qui fabrique du ciment gris, et Lohja Rudus Oy, active dans les secteurs des granulats et du béton prêt à l'emploi. CRH exerce également des activités sur le marché néerlandais des dalles de construction par le biais de sa filiale Dycore B.V.

Addtek est le premier fabricant européen de produits en béton préfabriqué. Dans le domaine du béton préfabriqué, les dalles précontraintes et alvéolées de plancher constituent le groupe de produits le plus important, suivies des poutres, des colonnes et des murs. Le béton préfabriqué est également utilisé dans des ouvrages d'infrastructure, y compris les traverses pour voies ferrées et les structures pour ponts et tunnels. Addtek est active sur le marché finlandais des produits en béton préfabriqué par le biais de Parma Betonila Oy, qu'elle contrôle conjointement avec le groupe Heidelberger. Addtek est également présente sur le marché néerlandais des dalles de construction par l'intermédiaire de ses filiales Verenigde Bouwproducten Industrie B.V. (VBI) et Spanbeton B.V.

Aux Pays-Bas, Ies activités de CRH et d'Addtek se chevauchent dans le secteur des planchers en béton préfabriqué. En Finlande, une relation verticale apparaît entre les activités de CRH dans le secteur des matériaux de construction (ciment gris, granulats et béton prêt à l'emploi) et celles d'Addtek en ce qui concerne les éléments en béton préfabriqué.

L'enquête initiale d'un mois menée par la Commission montre que les planchers et autres éléments en béton préfabriqué, tels que les structures, les murs et les traverses de chemins de fer, constituent un marché de produits distinct des autres matériaux, tels que le béton cellulaire, l'acier et le bois. Cet examen donne également à penser que les planchers et autres éléments coulés sur place (c'est-à-dire sur le site de construction lui-même, en utilisant du béton prêt à l'emploi) ne constituent pas des substituts aux éléments en béton préfabriqué. L'enquête montre à cet égard que les éléments en béton préfabriqué présentent des avantages spécifiques au niveau de la logistique sur le chantier de construction, car ils permettent une construction rapide sur le site. Le coulage sur place est un procédé plus long, car il faut procéder à des travaux de construction (tels que boisage et soutènement) sur le chantier et le béton peut mettre des semaines à sécher. Le coulage sur place demande également davantage de main-d'œuvre que la construction utilisant des éléments préfabriqués.

Aux Pays-Bas, la part de marché cumulée de CRH et d'Addtek en ce qui concerne les planchers en béton préfabriqué semble soulever des problèmes de concurrence, du fait notamment que leurs concurrents immédiats sont beaucoup plus petits que l'entité issue de l'opération de concentration. Ceci est notamment le cas pour les dalles précontraintes et alvéolées de plancher.

En Finlande, CRH est, par l'intermédiaire de sa filiale Finnsementti Oy, le seul producteur de ciment gris. D'autre part, Parma Betonila Oy, appartenant à Addtek, détient une part de marché très élevée en ce qui concerne les planchers en béton préfabriqué et est, de loin, le plus gros fabricant de structures en béton préfabriqué, ces produits étant tous deux de gros consommateurs de ciment gris. À l'issue de l'opération, la nouvelle entité contrôlerait la plus grande partie de l'offre de ciment gris en Finlande, tout en détenant parallèlement une position très solide sur les planchers et les structures en béton préfabriqué. La Commission considère, à ce stade, qu'il est nécessaire d'examiner d'une manière approfondie si CRH a intérêt à infliger un désavantage concurrentiel à ses concurrents en aval dans le domaine des planchers et des structures en béton préfabriqué, et si elle en a les moyens, en jouant par exemple sur les conditions de l'offre de ciment gris à ces concurrents, ce qui créerait des problèmes dans leur processus de production, ou en accordant des subventions croisées à sa filiale en aval. Sur la base des informations dont elle dispose actuellement, la Commission estime que les importations, en provenance pour l'essentiel de Russie et des États baltes, ne constituent pas pour les concurrents de CRH sur marché en aval du béton préfabriqué, un substitut parfait au ciment gris de Finnsementti, en raison des problèmes liés à la qualité et à la sécurité de l'approvisionnement.

En conséquence, la Commission estime que l'opération soulève de graves problèmes de concurrence sur le marché néerlandais des planchers en béton préfabriqué, les marchés finlandais des planchers en béton préfabriqué et des structures en béton préfabriqué, ainsi qu'en ce qui concerne la position de CRH dans le secteur du ciment gris en Finlande.

Un grand nombre de clients et de concurrents ont indiqué qu'ils étaient très préoccupés par l'opération notifiée. Parmi les concurrents, ce sont surtout les petites et moyennes entreprises qui craignent des conséquences négatives sur la concurrence.

Conformément au règlement de l'Union européenne sur les concentrations, la Commission dispose à présent d'un délai maximal de quatre mois pour prendre une décision finale. L'ouverture d'une enquête approfondie ne préjuge pas du résultat final et garantit aux parties à l'opération, ainsi qu'aux tiers intéressés, le droit d'être entendus.


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