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IP/01/1047

Bruxelles, le 20 juillet 2001

Une nouvelle étude révèle les coûts réels de l'électricité en Europe

Une grande étude financée par l'UE et réalisée au cours des 10 dernières années a démontré que le coût de production d'électricité à partir de charbon ou de pétrole doublerait et que le coût de la production d'électricité à partir de gaz augmenterait de 30 % si les coûts externes, tels que les dommages causés à l'environnement et à la santé humaine, étaient pris en considération. Ces coûts sont estimés à 1-2 % du produit intérieur brut (PIB) de l'UE, en ce non compris les coûts du réchauffement de la planète. Ils doivent être couverts par la société dans son ensemble, étant donné qu'ils ne sont pas inclus dans les factures payées par les consommateurs d'électricité. Le projet EXTERNE, mené par des chercheurs de tous les États membres de l'UE et des États-Unis d'Amérique, était conçu pour quantifier ces coûts socio-environnementaux de la production d'électricité. Il s'agit du premier projet de recherche à avoir présenter des chiffres plausibles concernant les dommages résultant de différentes formes de production d'électricité (fossile, nucléaire et sources renouvelables) pour l'ensemble de l'UE.

Commentant ces résultats, Philippe Busquin, commissaire chargé de la recherche, a exhorté les producteurs d'énergie à présenter des options susceptibles de contribuer à la réduction des coûts externes tout en étant favorables à l'environnement. Actuellement, la production d'électricité coûte environ 0,04 euro (4 cents) par kWh. Les chiffres confirment que les coûts externes sont plus élevés dans les zones urbaines qu'en milieu rural. L'électricité n'est qu'un exemple, car la méthodologie EXTERNE pourrait être appliquée à d'autres secteurs à grande consommation d'énergie, comme celui des transports. En fait, les travaux préliminaires ont montré que le coût global des transports routiers, qui constituent la principale source de dommages, représente un supplément de 1 à 2 % du PIB. Le rapport indique en outre que l'électricité d'origine nucléaire comporte des coûts externes relativement bas en raison de son influence limitée sur le réchauffement de la planète et la faible probabilité d'accidents dans les centrales de l'UE. L'énergie éolienne et l'hydroélectricité présentent les coûts externes les plus bas. La méthodologie utilisée tient compte de l'impact et les interactions sur plusieures parties de l'environnement (eau, sol, air). La première étape consiste à mesurer les emissions (y inclus l'application d'une méthode uniforme de mésurage pour permettre des comparaisons). Puis, la dispersion des polluants et l'augmentation de sa concentration dans l'environnment est évalulée. Ensuite, les effets sur par exemple la récolte ou la santé ainsi que le coût en résultant sont calculés.

Comment facturer les coûts externes?

Le rapport propose deux manières de prendre en compte le coût des dommages causés à l'environnement et à la santé. La première possibilité serait de taxer les combustibles et les technologies responsables de ces dommages, ce qui se traduirait par une hausse substantielle des prix de l'énergie. Par exemple, si le coût externe de la production d'électricité à partir de charbon était répercuté dans les factures d'électricité, il faudrait ajouter au prix actuel entre 2 et 8 cents par kWh (ceci est vrai pour la majorité des États membres de l'UE). Une autre solution consisterait à encourager ou subventionner les technologies plus propres qui permettent d'éviter les coûts socio-environnementaux.

Comme la taxation au niveau communautaire est difficilement réalisable, la Commission a choisi d'encourager la seconde solution. En février 2001, elle a publié l'Encadrement communautaire des aides d'État pour la protection de l'environnement, qui prévoit explicitement que les "États membres peuvent octroyer des aides au fonctionnement aux nouvelles installations de production d'énergie renouvelable, calculées sur la base des coûts externes évités". En tout état de cause, le montant de l'aide ainsi octroyée au producteur d'énergie renouvelable ne peut pas excéder 5 cents par kWh.

Actions futures

S'appuyant sur les résultats du projet EXTERNE, la Commission a lancé récemment un projet de suivi intitulé NEWEXT (Nouveaux éléments pour l'évaluation des coûts externes des technologies énergétiques), qui étudiera des éléments supplémentaires pour l'évaluation des coûts externes, notamment:

  • l'évaluation monétaire du risque de mortalité;

  • l'évaluation des effets de l'acidification et de l'eutrophisation (enrichissement de l'environnement en éléments nutritifs conduisant à des effets indésirables tels que la croissance d'algues) sur l'écosystème et la biodiversité;

    • les effets résultant du fait que plusieurs parties de l'environnement (air/eau/sol) peuvent subir des dommages;

    • les effets d'accidents graves dans les chaînes de combustibles non nucléaires (déversements d'hydrocarbures, par exemple).

    L'étude EXTERNE

    L'étude est en fait le résultat de plusieurs projets de recherche menés au cours des 10 dernières années. Des chercheurs de tous les États membres de l'UE y ont participé, mais les principales organisations étaient l'Université de Stuttgart (Allemagne), l'Association pour la recherche et le développement des méthodes et processus industriels (ARMINES, Sophia Antipolis, France), la Fondazione Eni - Enrico Mattei (FEEM, Venise, Italie), la Vlaams Instelling voor Technologisch Onderzoek (VITO, Mol, Belgique), le Laboratoire national Risoe (Roskilde, Danemark), l'AEA Technology (Didcot, Royaume-Uni) et le Centro de Investigaciones Energéticas, Medioambientales y Tecnológicas (CIEMAT, Madrid, Espagne). La Commission a contribué € 10 millions aux projets.

    Chiffres

    Coûts externes de la production d'électricité dans l'UE (en cents/kWh**, PV = photovoltaique)

    [Graphic in PDF & Word format]


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