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COMMUNIQUÉ DE PRESSE

23 octobre 2013

Faible croissance du crédit et difficultés particulières de l’Europe du Sud-Est au menu de la réunion de l’initiative Vienne 2.0

La réunion en séance plénière de l’initiative « Vienne 2.0 » s’est tenue à Bruxelles les 21 et 22 octobre. Les participants se sont penchés sur l’évolution récente de trois tendances dans le secteur bancaire en Europe centrale, de l’Est et du Sud-Est (ECESE) : la réduction du levier financier (c’est-à-dire le désengagement des banques occidentales), la fourniture de crédit et le niveau des prêts non productifs (PNP). Ont été notamment abordées les implications, pour l’ECESE, du mécanisme unique de résolution de l’union bancaire européenne proposé récemment. Une séance spéciale a mis en lumière les difficultés particulières auxquelles sont confrontés les pays d’Europe du Sud-Est (ESE) n’appartenant pas à l’UE.*

Deux axes d’action : la réduction du levier financier et le crédit

La réduction des opérations de financement transnationales des banques d’Europe occidentale vers l’ECESE se poursuit, à un rythme modéré certes, mais avec des différences notables d’un pays à l’autre. La transition vers un modèle reposant davantage sur les sources de financement locales est bien engagée. Parallèlement, la croissance du crédit reste lente, sous l’effet de facteurs liés tant à l'offre qu’à la demande. Vu le manque de profondeur des marchés des capitaux locaux, la croissance des dépôts de résidents risque bien d’être insuffisante pour alimenter une reprise significative de la croissance du crédit. En outre, l’attitude désormais plus sélective des banques transnationales envers la région pourrait mettre certains pays en difficulté – une question qui appelle un suivi étroit. Pour pouvoir formuler des réponses de politique sérieuses, il est important d’évaluer pays par pays les principales causes de la faible croissance du crédit.

L’urgence : régler le problème des PNP

Concernant la fourniture de crédit, des signes timides d’une reprise de la demande de crédit se font jour. L’offre, en revanche, ne saurait redémarrer tant que ne seront pas levés les deux grands obstacles que sont le niveau des prêts non productifs et l’incertitude réglementaire.

La réunion en séance plénière a été l’occasion d’insister sur l’urgence de régler le problème du taux toujours élevé des PNP dans plusieurs pays de la région – ce qui améliorerait aussi le cadre pour la mise à disposition de nouveaux crédits. La relance du crédit devra peut-être passer par un effort concerté des autorités réglementaires et des établissements de crédit afin de fournir les incitations et l’impulsion nécessaires pour briser le cycle de la croissance faible et du taux élevé de PNP. L’assemblée a salué la publication des nouvelles définitions harmonisées des PNP et la temporisation réglementaire annoncée par l’Autorité bancaire européenne (ABE). Elle a même appelé à généraliser l’utilisation de ces définitions dans toute l’ECESE. Elle a également suggéré à ses membres (établissements de crédit et autorités de réglementation) de convenir de plans d’action nationaux pour traiter le problème des PNP dans les pays les plus touchés, notamment dans le cadre des forums consacrés à la stabilité du pays d’accueil. Parallèlement, Vienne 2.0 élaborera des solutions concrètes pour d’éventuels rehaussements de crédit, afin de stimuler la création de crédit, en particulier pour les petites et moyennes entreprises. Un nouveau groupe de travail livrera ses propositions au printemps 2014.

Implications de l’union bancaire pour les pays d’ECESE

Les participants à Vienne 2.0 sont conscients qu’un mécanisme de supervision unique, de même qu’un mécanisme de résolution unique pour l’union bancaire européenne, aurait de profondes implications pour les pays de l’ECESE. Un tel mécanisme offre la promesse d’une résolution transnationale des défaillances bancaires plus efficace et mieux coordonnée. L’assemblée a appelé à des incitations fortes pour attirer les établissements dans le processus, afin que celui-ci compte le plus de membres possible. Il sera par ailleurs important de mettre au point une véritable interface avec les pays d’accueil extérieurs à l’union bancaire, notamment ceux qui ne sont pas membres de l’UE. Un groupe de travail de l’initiative de Vienne transmettra prochainement ses observations détaillées aux institutions européennes concernées.

L’Europe du Sud-Est, zone prioritaire

L’Europe du Sud-Est (ESE), région particulièrement touchée par ces tendances, mais qui reste pourtant, en grande partie, hors de portée des mécanismes de coordination du contrôle prudentiel de l’UE, a été désignée zone d’action prioritaire pour Vienne 2.0.

La seconde journée était consacrée aux enjeux particuliers pour l’ESE et, singulièrement aux questions de stabilité financière et aux implications des propositions d’union bancaire. À ce jour, quatre forums de stabilité portant chacun sur un pays d’accueil se sont tenus au titre de Vienne 2.0 ; leur but était d’aider à évaluer les aspects transnationaux de la stabilité du secteur bancaire. Concernant l’union bancaire, la plupart de ces pays ne sont encore que candidats ou candidats potentiels à l’entrée dans l’UE, et leur adhésion pendra du temps. Or, les projets actuels d’union bancaire européenne, qui continuent d’évoluer, n’incluent aucune option d’adhésion pour ces pays, ni aucune disposition spéciale de coordination. L’assemblée a salué la décision de l’ABE de renouer le dialogue avec les pays non membres de l’UE concernant les évaluations des dispositions de confidentialité des autorités de contrôle prudentiel. Elle a appelé à un régime régional spécial pour les pays aspirant à entrer dans l’Union européenne concernant leur adhésion à l’UE d’une part et leur participation au mécanisme de supervision unique et à l’ABE d’autre part.

Un nouvel indicateur du désengagement et du crédit

L’initiative de Vienne va continuer de surveiller de très près les tendances tant de la réduction du levier financier que du crédit, que plusieurs facteurs pourraient influencer : les analyses à venir de la qualité des actifs, l’harmonisation de la définition des PNP, les tests de simulation de crise dans les banques de la zone euro et l’arrêt progressif prévisible de la politique monétaire non conventionnelle. Le bulletin Deleveraging Monitor, consacré jusqu’ici à la réduction des engagements des banques en ECESE, s’intéressera désormais aussi à l’évolution du crédit et sera de ce fait rebaptisé Deleveraging and Credit Monitor (DCM). Le prochain numéro du DCM paraîtra le jeudi 31 octobre ; le même jour, une téléconférence sera organisée.

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L’initiative de coordination des banques européennes, ou « initiative de Vienne », lancée au plus fort de la crise de 2008-2009, est une plateforme de coordination des secteurs public et privé pour garantir la disponibilité de capitaux suffisants et un apport en liquidités de la part des groupes bancaires occidentaux en faveur de leurs filiales dans les pays d’Europe centrale, de l’Est et du Sud-Est. En janvier 2012, la seconde initiative de Vienne, ou « Vienne 2.0 », a pris le relais pour faire face à la recrudescence des risques dans ces pays à la suite de la crise de la zone euro. L’initiative vise à présent à renforcer la coordination entre les pays d’origine et les pays d’accueil en vue de contribuer à la stabilité des activités bancaires transfrontalières et de prévenir un retrait dans le désordre des bailleurs de fonds. Les groupes occidentaux continuent à jouer un rôle important dans l’initiative, à la fois en soutenant les efforts de coordination et en assurant leur part du travail pour éviter une réduction désordonnée du levier financier.

*Les participants comprenaient des représentants des pays suivants : Albanie, Autriche, Belgique, Bosnie-Herzégovine, Croatie, République tchèque, Estonie, France, Grèce, Hongrie, Italie, Kosovo, Lettonie, ancienne République yougoslave de Macédoine, Monténégro, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Serbie, Slovénie, Suède, Turquie et Ukraine, des grands groupes bancaires suivants, présents dans les pays émergents d’Europe : Erste, Eurobank, Intesa Sanpaolo, KBC, OTP, Banque nationale de Grèce, Banque du Pirée, Raiffeisen, Société générale, Sberbank International et Unicredit, ainsi que de la Commission européenne, de la BERD, de la BEI, du Fonds monétaire international et du Groupe de la Banque mondiale. L’ABE, la BCE, le CERS et la BRI participaient en tant qu’observateurs.

De plus amples informations ainsi que les publications les plus récentes sont disponibles sur le site www.vienna-initiative.com.

Contacts pour la presse

Commission européenne : Simon O’Connor, simon.o’connor@ec.europa.eu, tél. +32 (0)2 296 73 59

BERD : Anthony Williams, williama@ebrd.com, tél: +44 (0) 20 7338 7805

BEI : Christof Roche, c.roche@bei.org, tél. +32 479 65 05 88

FMI : services des Relations avec les médias : media@imf.org, tél. +1 202-623-7100

Groupe de la Banque mondiale : Kristyn Schrader-King, Kschrader@worldbank.org, tél. +1 202 458 2736


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