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Transports

Vers une mobilité durable

Les Européens peuvent se déplacer aujourd'hui plus facilement que jamais. Les marchandises sont acheminées rapidement et sans encombre de l'usine au consommateur, alors qu'elles traversent souvent des frontières. L'Union européenne a favorisé cette liberté de mouvement en ouvrant les marchés nationaux et en levant les obstacles physiques et techniques aux échanges. Toutefois, les modes de transport actuels, et leur rythme de croissance, ne sont plus tenables.


Vue d'ensemble

Le déplacement rapide, efficace et à moindre coût des personnes et des biens est un des piliers de l’action de l'UE en faveur d’une économie dynamique et d’une société fondée sur la cohésion. Le secteur du transport génère 10 % de la richesse de l’UE mesurée par le PIB (produit intérieur brut) et fournit plus de dix millions d’emplois.

La progression ininterrompue de la mobilité pèse lourdement sur les systèmes de transport. Il en résulte des engorgements, en particulier dans le domaine de la circulation routière et aérienne, qui nuisent à l'efficacité économique, accroissent la consommation de carburant et aggravent la pollution.

Péniche sur un canal © Shutterstock

Les voies navigables sont sous-exploitées en Europe.

Une action commune s'impose

Même si de nombreux aspects de la politique des transports relèvent des gouvernements nationaux, il est logique de doter le marché unique européen d'une infrastructure de transport unique. Dans cette optique, l’UE s’est employée à ouvrir à la concurrence les marchés nationaux de transport dans l'ensemble de l'Union, notamment dans les secteurs routier et aérien et, dans une moindre mesure, dans le secteur ferroviaire.

Grâce à cela, les transporteurs routiers peuvent exercer leur activité ailleurs que dans leur pays d'établissement, ce qui leur évite les retours à vide lors des déplacements internationaux. En 2003, une première série de mesures de libéralisation a ouvert à la concurrence environ 70 à 80 % du trafic ferroviaire de marchandises sur les grandes lignes.

La libéralisation des transports aériens s’est traduite par une intensification de la concurrence et une baisse des tarifs, ainsi qu'une augmentation du nombre de liaisons entre les États membres. Après des années de négociations, l'Union européenne a conclu un accord dit «ciel ouvert» avec les États-Unis, en vertu duquel toute compagnie aérienne de l'Union peut décoller des aéroports de son choix en Europe, vers n’importe quelle ville aux États-Unis. Cet accord devrait étendre aux vols transatlantiques les avantages de la libéralisation des transports aériens au sein de l'UE.

L'Union européenne promeut également de grands projets d'infrastructure de transport dans le cadre des réseaux transeuropéens (RTE). Les projets prioritaires sont notamment:

  • l’élimination des goulets d’étranglement sur la principale voie navigable est-ouest reliant le Rhin, le Main et le Danube;
  • un programme de régulation du trafic sur les routes maritimes encombrées au large des côtes de l’UE;
  • la modernisation de plusieurs voies ferrées nord-sud et est-ouest.
Circulation automobile au centre de Londres © Shutterstock

Londres a été la première capitale à rendre l'accès à son centre-ville payant pour les automobilistes.

Rééquilibrage

La libéralisation ne suffira pas, à elle seule, à résoudre plusieurs problèmes profondément enracinés. Ces problèmes comprennent la prépondérance de la route par rapport aux autres modes de transport, la pollution et la segmentation des systèmes de transport, notamment les mauvaises liaisons vers les régions périphériques et entre les réseaux nationaux.

Dans l’UE, 44 % des marchandises transitent par la route. La proportion est de 39 % pour le transport maritime à courte distance, de 10 % pour le transport ferroviaire et de 3 % pour les voies maritimes et fluviales. La route tient une place encore plus prépondérante dans le transport de voyageurs, où sa part est de 81 % (déplacements en voiture essentiellement), contre 6 % pour le rail et 8 % pour l'avion. La réorientation des marchandises et des passagers de la route vers des modes de transport moins polluants est un élément fondamental de toute politique de transport durable. L’autre priorité est l’intégration de différents modes de transport, en combinant route et rail, mer et rail ou encore rail et transport aérien.

Les systèmes de taxe d'encombrement, qui visent à faire payer aux utilisateurs l’accès à des infrastructures limitées, est également en cours d'introduction. Londres a ouvert la voie en 2003 en mettant en place un système taxant les automobilistes qui se rendent dans les quartiers centraux de la ville.

Dans une économie de marché, un transfert de la route vers le rail, même s’il est hautement souhaitable, ne peut être imposé par les gouvernements nationaux ou les autorités de l'UE. Il doit être stimulé par des mesures d'incitation. Celles-ci peuvent prendre la forme d'investissements ciblés dans d’autres modes de transport afin de les rendre capables d’absorber le surcroît de trafic, ainsi que d’une tarification routière reflétant le coût réel de l'utilisation de l'infrastructure et encourageant une migration «naturelle» vers d'autres modes de transport. L’objectif est de réorienter les passagers et les marchandises de la route vers le rail, et de remplacer certains vols courts par des liaisons ferroviaires pour le transport de passagers.

Le transport ferroviaire est la principale cible de l’action de l’Union. Sur le territoire de l’UE, un train de marchandises progresse à une vitesse moyenne de 18 kilomètres par heure. Il faut augmenter la vitesse et améliorer le niveau de service du rail pour qu’il puisse attirer une partie du trafic routier de marchandises.

Payer le prix de la pollution

Dans l'UE, 28 % des émissions de CO2 – le principal gaz à effet de serre – sont imputables à l'activité de transport, et plus particulièrement au transport routier. L'amélioration du rendement du carburant, le recours à des carburants de substitution et l’abaissement des plafonds d’émissions de CO2 sont autant de mesures en cours d'introduction.

Compte tenu des risques de marées noires le long de son littoral étendu, l’Union européenne s’emploie à durcir les règles en matière de sécurité maritime, notamment par des inspections plus rigoureuses de navires, des sanctions en cas de pollution résultant d’une négligence grave et une accélération du processus d'élimination des pétroliers à simple coque.

Plan d'action

En 2001, la Commission a mis en place un plan d’action de dix ans pour le secteur du transport. Une évaluation à mi-parcours réalisée en 2006 a conclu que le plan devait désormais se concentrer sur le renforcement de la compétitivité des chemins de fer, l’adoption d’une politique portuaire européenne, le développement de systèmes de transport employant des technologies de pointe, la taxation de l’usage des infrastructures, l’accroissement de la production de biocarburants et la recherche de solutions pour désengorger les villes.

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