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Véhicules à moteur: Utilisation des biocarburants

L’Union européenne (UE) crée un cadre communautaire destiné à promouvoir l’utilisation des biocarburants afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre, l’impact environnemental des transports et augmenter la sécurité d’approvisionnement en carburant.

ACTE

Directive 2003/30/CE du Parlement européen et du Conseil du 8 mai 2003 visant à promouvoir l’utilisation de biocarburants ou autres carburants renouvelables dans les transports.

SYNTHÈSE

Contexte

La directive impose aux États membres l’obligation d’adopter la législation et les mesures nécessaires pour que, à partir de 2005, les biocarburants (combustibles liquides ou gazeux utilisés pour le transport et produits à partir de la biomasse, c’est-à-dire des déchets et résidus biodégradables provenant, entre autres, de l’agriculture et de la sylviculture) représentent une part minimale des carburants vendus sur leur territoire.

Dans le cadre du développement durable en Europe et du Livre vert intitulé « Vers une stratégie européenne de sécurité d’approvisionnement énergétique », la Commission propose un véritable plan d’action destiné à porter la part des biocarburants à plus de 20% de la consommation européenne d’essence et de diesel d’ici à 2020.

Selon les prévisions du Livre vert, la croissance du secteur des transports se situera aux environs de 2% par an au cours de la prochaine décennie. En l’absence de mesures d’économies d’énergie, la consommation de carburant diesel et d’essence pour les transports devrait atteindre environ 304 millions tep (tonne équivalent pétrole) en 2010 dans l’ensemble de l’Union européenne.
Cependant, l’utilisation accrue des biocarburants dans les transports fait partie des mesures requises pour respecter le protocole de Kyoto.

Le but final est de réduire la dépendance de l’utilisation de carburants à base de pétrole, qui constitue pour l’Union européenne (UE) une importante source de préoccupation en matière d’environnement et de sécurité d’approvisionnement.

Contenu de la directive

La directive établit un pourcentage minimal de biocarburants remplaçant le carburant diesel ou l’essence à des fins de transport dans chaque État membre. Il s’agit de diminuer les émissions classiques de CO2 (dioxyde de carbone), CO (monoxyde de carbone), NOx (oxydes d’azote), COV (composés organiques volatils) et d’autres particules toxiques pour la santé et l’environnement.

Les différents types de biocarburants sont les suivants :

  • le bioéthanol : produit de la fermentation de plantes riches en sucre/amidon;
  • le biodiesel : carburant de qualité diesel produit à partir de la biomasse ou d’huile de friture et utilisé comme biocarburant;
  • l’ETBE : bioéthanol estérifié;
  • le biogaz : gaz combustible produit par la fermentation de matières organiques réalisées en l’absence d’oxygène par des populations bactériennes;
  • le biométhanol : méthanol produit à partir de la biomasse;
  • la bio-huile : huile obtenue par la pyrolyse (décomposition moléculaire de la biomasse sous l’action de la chaleur et en l’absence d’air).

Les biocarburants peuvent se présenter sous les formes suivantes :

  • biocarburants à l’état pur;
  • biocarburants mélangés;
  • liquides dérivés de biocarburants.

Les États membres veillent à ce que, le 31 décembre 2005 au plus tard, la part minimale des biocarburants vendus sur leur marché atteigne un pourcentage de 2% et de 5.75% d’ici à décembre 2010. Tout État membre qui fixe des objectifs moins élevés devra le justifier à l’aide de critères objectifs.

Les États membres doivent annoncer, avant juillet 2004, quels objectifs ils se proposent d’atteindre d’ici à décembre 2005.

Avant le 1er juillet de chaque année, les États membres adressent à la Commission un rapport sur:

  • les mesures prises pour promouvoir l’utilisation des biocarburants et d’autres carburants renouvelables;
  • les ressources nationales affectées à la production de biomasse à des fins énergétiques autres que le transport;
  • les quantités totales de carburants pour les transports vendues au cours de l’année précédente.

La Commission présentera un rapport au Parlement européen et au Conseil avant le 31 décembre 2006 sur les progrès accomplis dans l’utilisation des biocarburants dans les États membres, puis décidera si de nouvelles propositions législatives s’imposent.

Ce rapport porte sur la rentabilité des mesures prises, sur les aspects économiques et les incidences sur l’environnement, sur le cycle de vie des biocarburants, sur la durabilité des cultures exploitées pour produire des biocarburants, sur l’évaluation de l’utilisation des biocarburants et autres carburants renouvelables et sur l’adoption éventuelle d’autres mesures.

Parallèlement, la directive stimulera l’économie rurale par la création de nouvelles sources de revenus et d’emplois. Dans l’industrie agro-alimentaire et forestière, la production de biocarburants permettrait dans bien des cas de transformer des déchets qui posent problème en produits durables.

La directive 2003/30/CE est abrogée par la directive 2009/28/CE à partir du 1er janvier 2012.

RÉFÉRENCES

Acte Entrée en vigueur - Date d'expiration Délai de transposition dans les États membres Journal Officiel
Directive 2003/30/CE

17.05.2003

31.12.2004

JO L 123 du 17.05.2003

ACTES LIÉS

Communication de la Commission, du 10 janvier 2007, intitulée : « Feuille de route pour les sources d’énergie renouvelables . Les sources d’énergie renouvelables au 21e siècle : construire un avenir plus durable » [ COM(2006) 848 final – Non publié au Journal officiel].

Rapport de la Commission, du 10 janvier 2007, sur les biocarburants – Rapport sur les progrès accomplis en matière de biocarburants et d’autres carburants renouvelables dans les États membres de l’Union européenne [COM(2006) 845 final – Non publié au Journal officiel].
En 2005, des biocarburants étaient utilisés dans dix-sept des vingt-et-un États membres pour lesquels des données étaient disponibles. La Commission souligne une progression significative de leur part de marché pour atteindre en moyenne 1 % (soit un doublement en deux ans). Néanmoins, ce chiffre est inférieur à la valeur de référence, fixée à 2 %. Les progrès ont en outre été très divers : seules l'Allemagne (3,8 %) et la Suède (2,2 %) ont atteint la valeur de référence. De plus, si le biodiesel a atteint une part d'environ 1,6 % du marché des carburants diesel, l'éthanol ne compte que pour 0,4 % du marché de l'essence. Sur la base de différentes projections, la Commission estime qu’il est peu probable que les États membres atteignent l’objectif de 5,75 % fixé pour 2010 par la directive sur les biocarburants. Elle considère qu’il est nécessaire de modifier cette directive, en particulier par la fixation d’un objectif contraignant de 10 % pour 2010 applicable à l’ensemble de l’UE ainsi que par l’encouragement des biocarburants de haute qualité. Le rapport contient par ailleurs un exposé des incidences économiques et environnementales liées à la promotion des biocarburants.

Communication de la Commission, du 8 février 2006, intitulée : «Stratégie de l’UE en faveur des biocarburants » [COM(2006) 34 final - Journal officiel C 67 du 18.03.2006].

Dernière modification le: 06.08.2009
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