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Liens entre l'aide d'urgence, la réhabilitation et le développement (LARD)

Le but de la présente communication est d'évaluer des mesures qui visent à combler le fossé existant entre l'aide humanitaire (caractérisée par le court terme) et l'aide au développement (caractérisée par le long terme). En outre, elle donne une vue plus globale sur la problématique de l'assistance au tiers monde, en tenant compte des différents types de crises, des autres acteurs sur la scène internationale ainsi que du risque de dépendance structurelle.

ACTE

Communication de la Commission au Conseil et au Parlement Européen, du 23 avril 2001, intitulée « Liens entre l'aide d'urgence, la réhabilitation et le développement - Évaluation » [COM(2001) 153 final - Non publié au Journal officiel].

SYNTHÈSE

Encadrement

Les négociations relatives à la Convention Lomé IV en 1995 ont été menées à une époque où l'efficacité de l'aide fournie par l'Union Européenne (UE) était mise en cause. Dans le but de l'accroître, la Commission a entrepris une large consultation interne et externe, rassemblée en une communication intitulée "Les liens entre l'aide d'urgence, la réhabilitation et le développement (LRRD)" [COM(1996) 153]. Le point principal de ce document de discussion, qui a largement servi de base pour la communication de 2001, est qu'il faut combler le fossé entre l'aide humanitaire et l'aide au développement. Tandis que la première est fournie selon les besoins immédiats d'individus par des organisations non gouvernementales et internationales, la deuxième vise les politiques et stratégies de développement sous la forme de partenariat entre pays. En se focalisant sur l'interdépendance des deux politiques, la Commission soulignait qu'un meilleur développement peut diminuer le besoin d'aide d'urgence, qu'une meilleure aide d'urgence peut contribuer au développement et que la transition entre les deux est facilitée par la réhabilitation. Depuis 1996, la priorité de LRRD, également nommée 'la zone grise', a maintenu son rôle accru et elle a été accompagnée par un souhait d'améliorer la coordination des efforts internationaux.

Les différentes catégories de crises

La communication mentionne trois facteurs contextuels ou différentes catégories de crises. Cette distinction permet de mieux structurer les efforts destinés à réduire la souffrance humaine dans la zone grise.

  • Les catastrophes naturelles constituent la catégorie où il est le plus facile de fournir de l'aide grâce à la bonne volonté des gouvernements bénéficiaires. La préparation aux catastrophes, en vue d'améliorer la capacité d'auto-assistance de la population, en constitue le défi principal. Ce genre d'activités comprend entre autres des systèmes d'alerte rapides pour les famines, des plantations pour les inondations, la construction de terrasses pour la sécheresse et les ressources hydriques en ce qui concerne le glissement de terrain. Tout ceci est réalisé en tenant compte des stratégies de développement à long terme comme l'accord de Cotonou. L'aide fournie au Mozambique au moment des grandes inondations en était un exemple, comprenant des interventions structurelles pour le développement agricole dont le but était de garantir la sécurité alimentaire.
  • Les conflits violents constituent une catégorie qui pose des difficultés suite à la non-convergence d'intérêts entre les parties. Les crises répétées posent des problèmes, notamment à cause de l'instabilité à long terme qu'elles entraînent. Il faut également trouver les origines des crises pour pouvoir améliorer la situation à long terme. La Communauté doit en conséquence travailler dans un large contexte, comprenant les différentes phases du conflit, par exemple le travail de soutien aux réfugiés palestiniens dans les pays qui entourent l'Israël, où l'objectif à long terme est leur retour. En outre, il convient de tenir compte du fait que la fourniture d'une aide considérable dans les conflits violents risque d'avoir des conséquences négatives comme la corruption, le détournement de l'aide ou même la prolongation du conflit.
  • Crises structurelles et autres types de crises - cette catégorie comprend des pays avec une situation politique, économique ou sociale en détérioration, comme l'Ukraine, la Moldavie et le Belarus. Ces pays manquent d'institutions de développement adéquates, ce qui empêche l'évolution vers des conditions plus stables. Un exemple d'intervention selon cette stratégie se trouvait en Géorgie où l'insécurité alimentaire était élevée. Au lieu de donner un secours alimentaire concret, la Communauté s'est efforcée d'améliorer les structures institutionnelles ainsi que de supprimer les obstacles à la production et au commerce. Un tel changement selon les stratégies de transition est important, étant donné que l'aide humanitaire peut entraîner des distorsions en créant des dépendances ou en alimentant des tensions.

Une coordination internationale accrue

Le manque de coordination (suite aux intérêts divergents des donateurs, les procédures de décisions lentes, etc.) dans les situations d'après crise réduit l'impact de la totalité des efforts. Un autre aspect aggravant est l'absence de soutien et de flexibilité de l'aide fournie, qui est souvent plutôt axée vers le soulagement des souffrances immédiates. Cela a eu pour conséquence que l'aide fournie en Guinée-Bissau ne s'est pas focalisée assez sur l'enfermement du retour à la démocratie en 2000, ce qui, quelques mois plus tard, a donné naissance à de nouvelles tensions.

L'aide fournie en Somalie, par contre, a montré une bonne coordination des bailleurs de fonds, grâce à la création du Somalia Aid Co-ordination Body. Rassemblant des donateurs de la communauté internationale, l'entité a joué un rôle important en liaison, planification, etc. Un facteur qui peut renforcer l'effet positif de coordination accrue se trouve dans la couverture des médias, qui donne une grande visibilité aux donateurs.

Parmi les suggestions de la Communauté européenne (CE) pour améliorer les résultats de l'aide internationale on trouve:

  • Une meilleure coordination entre la CE et les États membres, comprenant le cofinancement des projets et la coopération des délégations;
  • Une coopération de caractère "cercle d'amis" entre l'ONU et d'autres acteurs;
  • Une initiative pour les pays pauvres et très endettés qui lie les efforts de la CE avec ceux de la Banque mondiale, du FMI ainsi que des ONG.

La Communauté Européenne en position de liaison

Compte tenu du fait que l'UE fourni plus de 50 % de l'aide internationale et qu'elle représente des intérêts politiques globaux, elle joue sur une certaine neutralité. Cela pourrait lui servir pour obtenir un rôle plus important - notamment dans la liaison, où trois défis principaux restent à surmonter: les délais, les partenaires de mise en Ĺ“uvre et la disposition des instruments adéquats.

Les stratégies par pays constituent un autre moyen de travail destiné à combler la zone grise. L'accord de Cotonou, où la question de LRRD est mise en relief, en est un exemple. La Somalie, d'où ECHO se retire, en constitue un autre: en donnant de l'aide selon les ressources disponibles, certaines régions ont obtenu des médicaments gratuitement, tandis que d'autres ont dû payer une partie des coûts. Pour être efficace, ces stratégies doivent garantir une certaine flexibilité, suite aux circonstances changeantes.

Parmi les autres outils dont dispose la CE pour la zone grise, on trouve l'aide et la sécurité alimentaire, la protection des droits de l'homme, la démocratisation et la prévention des conflits.

Dernière modification le: 08.08.2007
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