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Vers une nouvelle vision sociale pour l'Europe du 21e siècle

Si elle veut aujourd'hui garantir au citoyen le bien-être, la qualité de vie et les valeurs auxquelles il aspire, l'Union européenne (UE) doit être en phase avec ses nouvelles réalités sociales. Quelles sont ces réalités? Comment ont-elles évolué? Quelle vision sociale pour demain? Dans la présente communication, la Commission donne une première réponse à ces questions. Elle esquisse le projet d'une Europe favorisant «les chances de réussite», identifie les principaux domaines d'action qui permettront de le réaliser et décrit le rôle que l'UE pourrait jouer pour favoriser le changement et orienter, soutenir et accompagner les réformes nécessaires. Cette communication enrichit la consultation publique en cours sur le bilan de la réalité sociale. Elle sera suivie d'un agenda social renouvelé pour la mi-2008.

ACTE

Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions du 20 novembre 2007 intitulée «Opportunités, accès et solidarité:vers une nouvelle vision sociale pour l'Europe du 21e siècle» [COM(2007) 726 final - Non publié au Journal officiel].

SYNTHÈSE

La capacité de l'Union européenne (UE) à promouvoir efficacemment le bien-être, la qualité de vie et les valeurs communes de ses citoyens dépend avant tout de son aptitude à saisir les réalités sociales qui la traversent et à s'adapter à leurs évolutions.

L'Europe au 21e siècle: quelles réalités sociales?

L'évolution des réalités sociales en Europe et dans le monde a plusieurs visages:

  • les structures de société sont en mutation permanente: la durée de la vie s'allonge, la cellule familiale dépasse aujourd'hui largement les schémas traditionnellement établis, l'égalité entre les femmes et les hommes ne cesse de se renforcer, de nouvelles formes de mobilité et de diversité émergent;
  • les modes de vie et de travail des Européens sont influencés par la mondialisation, le progrès technologique et l'évolution économique;
  • l'UE a évolué: elle s'est aggrandie en même temps qu'elle s'est diversifiée, réussissant à allier la paix, la liberté et la prospérité.

Ces nouvelles réalités ouvrent de nombreuses perspectives en termes de liberté, de santé, de conditions de vie et d'avancement social, mais sont également sources de risques de difficulté et d'exclusion pour certaines couches moins favorisées de la société.

Dans ce contexte, les citoyens attendent que l'Europe telle qu'ils l'ont construite leur donne les moyens de faire face au changement et de défendre leurs valeurs à l'échelle mondiale.

Évolutions des réalités sociales

Si les Européens sont, de manière générale, conscients de leur prospérité actuelle (eu égard aux situations rencontrées dans d'autres parties du monde), ils n'en demeurent pas moins inquiets pour l'avenir.

Au-delà des différences de conditions de vie et donc de perceptions existant à l'intérieur des sociétés européennes, ces dernières connaissent toutes, sans exception, des changements rapides et profonds.

Ces mutations sont de trois types:

  • sociales;
  • économiques;
  • de valeurs et de mode de vie.

Les mutations sociales

De nouvelles tendances démographiques se dessinent. L'espérance de vie des Européens continue de croître de manière spectaculaire: en 2050, elle aura quasiment doublé par rapport à son niveau de 1900. Dans le même temps, les taux de natalité sont en baisse (souvent faute d'un contexte propice). De ce fait, les risques de dépendance et d'isolement des personnes âgées et, plus généralement, de fracture entre les générations en termes de salaires, de sécurité de l'emploi, d'accès au logement et de partage du coût du viellissement sont réels.

La rupture des relations conjugales, la monoparentalité et l'affaiblissement des liens avec la famille élargie ne constituent plus des cas isolés. Ces bouleversements des structures familiales constituent un risque majeur pour l'équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée et les responsabilités familiales.

En dépit des nombreux progrès constatés, l'égalité entre les sexes a encore la vie dure dans bon nombre d'États membres.

Les revenus et les perspectives varient fortement au sein des régions et d'un État membre à l'autre.

Les stratégies nationales d'intégration, notamment dans les grandes villes européennes et dans les régions transfrontalières, se révèlent souvent inefficaces face aux flux migratoires.

Les mutations économiques

Malgré l'augmentation du taux d' emploi , le chômage reste problématique dans certaines parties de l'Europe.

Les évolutions démographiques risquent de poser des problèmes au niveau de l'offre et de la demande sur le marché de l'emploi.

Le progrès technologique associé aux nouveaux impératifs économiques et à l'expansion du secteur des services transforme durablement la réalité du travail, le statut professionnel et les perspectives de carrière (acquisition de nouvelles compétences, adaptation aux nouveaux modèles de consommation, émergence de formes plus flexibles de travail telles que le télétravail ou les contrats à temps partiel, etc.).

Les systèmes européens d'éducation et de formation ne semblent pas, à l'heure actuelle, en mesure d'apporter le niveau de connaissance, de ressources humaines, d'éducation et de compétences indispensable à une société qui se veut créatrice d'emplois et source d'inclusion sociale.

Les mutations de valeurs et de mode de vie

Les liens traditionnels tels que la famille, le groupe social et la religion sont progressivement supplantés par l'individualisation des valeurs, de la culture et de la consommation, amenant de nouvelles questions en terme de tolérance et de respect de l'autre. De nouvelles formes de solidarité émergent parallèlement à la diversification des activités culturelles et des loisirs.

La participation politique change alors que la confiance dans les institutions s'affaiblit. De nouvelles formes de citoyenneté voient le jour, plus souples et généralement tournées vers l'avenir.

La mondialisation, synonyme de plus grande diversité, a favorisé la curiosité, et donc l'enrichissement mutuel des sociétés. A l'inverse, elle a fait naître une inquiétude quant à la capacité de l'Europe à affirmer ses valeurs communes.

Des troubles sociaux, mineurs par le passé, deviennent de véritables maux de société: le stress, la dépression, l'obésité, les maladies liées à l'environnement, le manque d'exercice. Ils viennent renforcer les problèmes classiques que sont l'isolement social, la maladie mentale, l'abus de drogues et d'alcool, la criminalité et l'insécurité.

La révolution informatique, combinée au développement de nouveaux outils de communication, a donné lieu à de nouvelles formes de dialogue et de citoyenneté active. Le risque de générer des déficits de communication entre les différentes catégories sociales et les générations n'en est pas moins élevé: on parle de «fracture numérique».

Les modes de production et de consommation induits par la prospérité ont des conséquences directes sur l'équilibre du climat et des ressources naturelles. Les tendances actuelles nécessitent une adaptation des comportements et, dès lors, laissent entrevoir des répercussions sociales sans précédent.

Les avancées technologiques suscitent des questions d'ordre éthique.

Les États providence actuels ne sont pas toujours prêts à affronter ces phénomènes inédits, malgré les nombreuses réformes entreprises.

Une Europe favorisant les «chances de réussite»: promouvoir le bien-être en développant les opportunités, l'accès et la solidarité

Une nouvelle vision sociale centrée sur le bien-être émerge peu à peu au sein de l'UE. Cette approche repose sur trois axes principaux:

  • créer de nouvelles opportunités (de bien démarrer dans la vie, de réaliser son potentiel et d'exploiter au mieux les perspectives offertes par l'Europe);
  • facilitater l'accès à l'éducation, au marché de l'emploi, aux soins de santé et aux services sociaux ainsi qu'à la vie culturelle et sociale;
  • renforcer la solidarité à travers la promotion de la cohésion et de l'inclusion sociales et de la viabilité du modèle social.

Une nouvelle vision sociale pour l'Europe: les domaines d'action

La réalisation de cette vision sociale axée sur les opportunités, l'accès et la solidarité implique d'investir à long terme dans:

  • la jeunesse;
  • des carrières épanouissantes;
  • des vies plus longues et en meilleure santé;
  • l'égalité entre les femmes et les hommes;
  • l'inclusion active et la non-discrimination;
  • la mobilité et l'intégration réussie;
  • la citoyenneté active, la culture et le dialogue.

Ces investissements exigent:

  • la mobilisation de tous: les individus, les familles, les collectivités locales, les institutions sociales, les entités commerciales, les ONG et les pouvoirs publics aux différents niveaux de décision;
  • une réorientation ou une redistribution des dépenses là où cela est nécessaire.

Le rôle de l'Union européenne

L'UE apportera essentiellement une valeur ajoutée à la réalisation de cette vision par les États membres. Son rôle consistera essentiellement à favoriser le changement et à orienter, soutenir et accompagner les réformes nécessaires.

Plus concrètement, l'UE peut apporter son aide par:

  • le mise en place de cadres d'action politiques;
  • la défense des valeurs de l'Europe et la mise en place de règles du jeu égales;
  • le partage d'expériences et de meilleurs pratiques;
  • le soutien aux actions à l'échelle locale, régionale et nationale;
  • la sensibilisation du public et la création d'un socle de connaissances solide.

Contexte

La présente communication vise à enrichir la consultation publique lancée par la Commission sur la réalité et les changements sociaux en Europe. Elle vise essentiellement à élargir le débat pour passer du temps de la réflexion à celui de l'action. Le délai pour l'envoi des contributions est fixé au 15 février 2008. Le document et les réactions qu'il suscitera devraient servir de base à l'élaboration d'un agenda social renouvelé, attendu pour le milieu de l'année 2008.

Dernière modification le: 18.12.2007
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