RSS
Index alphabétique
Cette page est disponible en 11 langues

We are migrating the content of this website during the first semester of 2014 into the new EUR-Lex web-portal. We apologise if some content is out of date before the migration. We will publish all updates and corrections in the new version of the portal.

Do you have any questions? Contact us.


La zone euro dans l'économie mondiale - Bilan des trois premières années

Dans la présente communication, la Commission tire un bilan des trois premières années de l'Union économique et monétaire (UEM) et de la zone euro dans l'environnement économique mondial.

ACTE

Communication de la Commission « La zone euro dans l'économie mondiale - Bilan des trois premières années » [COM(2002) 332 final - non publié au Journal Officiel].

SYNTHÈSE

La troisième phase de l'Union économique et monétaire a été lancée le 1er janvier 1999. Trois ans plus tard, l'euro est devenue une réalité tangible avec la mise en circulation des pièces et billets. L'achèvement de l'UEM marque un événement historique dont les répercussions affectent profondément les économies des États membres de la zone euro.


SITUATION ÉCONOMIQUE

Croissance économique. Après une croissance économique de 3 % en moyenne pendant les deux premières années de l'UEM, l'économie de la zone euro a connu un bref ralentissement en 2001 dû à plusieurs facteurs, tels que la hausse des prix du pétrole, l'éclatement de la bulle spéculative du marché des actions et les événements du 11 septembre.

Marché du travail. La situation du marché du travail s'est améliorée au cours des trois dernières années de la monnaie unique. Environ six millions d'emplois ont été créés et cette tendance s'est même poursuivie pendant la période de baisse conjoncturelle. Le taux de chômage dans la zone euro a baissé pour atteindre 8,3 % en 2001 grâce à des réformes structurelles, à la modération salariale et à la croissance économique.

Inflation. Avec un taux d'inflation modéré de 1,1 % en 1999, les prix à la consommation ont augmenté pour atteindre 2,5 % en 2001 ce qui s'explique par la hausse des prix pétroliers ainsi que par la dépréciation de l'euro face au dollar américain. De plus, la hausse des prix alimentaires causée par la crise de la vache folle et la fièvre aphteuse ont contribué à ce développement.

Taux de change. Depuis le lancement de l'euro le 1er janvier 1999, la monnaie unique a perdu plus de 20 % de sa valeur face au dollar américain, puis a repris 10 % par la suite. L'euro est jugé sous-évalué. Ceci a placé l'économie de la zone euro dans une position de force vis-à-vis de ses concurrents, ce qui est démontré par la hausse des exportations et son effet positif sur le produit intérieur brut (PIB).

Balance courante et compétitivité. La balance courante de la zone euro a continué de s'améliorer en 2001 pour arriver à un solde légèrement excédentaire. La compétitivité varie selon les États membres: dans les trois premières années de l'UEM, l'Allemagne, la Grèce et l'Autriche ont vu leur situation s'améliorer. La politique budgétaire et les réformes structurelles restent les seuls moyens d'adaptation pour empêcher l'accumulation des problèmes de compétitivité et de balance courante.

POLITIQUES MACROÉCONOMIQUES

Pacte de stabilité et de croissance. Le pacte de stabilité et de croissance établit l'objectif d'un assainissement des finances publiques. D'ici 2004, les États membres se sont engagés à arriver à des budgets excédentaires. Depuis 1999, l'amélioration des situations budgétaires s'est ralentie, le déficit budgétaire de la zone euro a même connu une augmentation en 2001. Il reste deux grands défis sur le plan budgétaire : poursuivre la politique de suppression des déséquilibres budgétaires pour pouvoir faire face aux fluctuations conjoncturelles normales et préparer les pays européens au vieillissement des populations en réduisant l'endettement global des sociétés.

Politique monétaire. La politique monétaire est désormais confiée à la Banque centrale européenne (BCE), dont le premier objectif, fixé par le traité, est la stabilité des prix. Selon la BCE, cette stabilité est atteinte lorsque l'inflation reste inférieure à 2 %. La politique monétaire repose sur deux piliers, le premier pilier étant l'accroissement de la masse monétaire, l'indice M3, fixé par la BCE à 4,5 %. Le second pilier réunit un grand nombre d'indicateurs économiques tels que les indices de prix et de coûts, le taux de change ou encore des indicateurs de l'économie réelle.

Taux d'intérêt. La BCE a augmenté les taux d'intérêt à plusieurs reprises en 2000 et 2001 en raison des tensions inflationnistes causées par la hausse des prix pétroliers et la dépréciation de l'euro face au dollar. Cependant, à la suite des développements de l'économie mondiale en 2001 et après les évènements du 11 septembre, la BCE a rapidement baissé ses taux d'intérêt.

Coordination des politiques économiques. Le maillon central de cette coordination consiste dans les grandes orientations des politiques économiques (GOPE) qui sont des lignes directrices annuelles du Conseil des ministres adressées aux États membres. Elles contiennent des orientations dans le domaine macroéconomique ainsi que des recommandations pour des réformes structurelles. L'objectif est d'accroître le potentiel de croissance économique et de productivité dans l'Union européenne (UE).

Eurogroupe. La zone euro a installé un autre forum de coordination, l'Eurogroupe, qui rassemble les ministres de l'économie et des finances des États membres ayant adopté l'euro. Leurs réunions informelles se tiennent à la veille d'un Conseil des ministres de l'économie et des finances, dit « ECOFIN » et permettent une discussion franche sur des questions liées à l'UEM.

ÉVOLUTION DES SALAIRES

L'UEM rend plus visible le lien entre l'évolution des salaires et celle de l'emploi. Une perte de compétitivité se fera remarquer inévitablement lorsqu'un ajustement via les taux de change n'est plus possible. L'évolution des salaires dans un pays de la zone euro a des impacts sur l'ensemble de la zone, notamment sur le risque d'inflation. La monnaie unique accroît la transparence des prix en facilitant les comparaisons, ce qui pourrait inciter un certain mimétisme salarial.

Évolution globale des salaires. La lutte contre l'inflation en Europe a entraîné des effets sur les salaires, leur progression s'étant indexée à l'inflation des prix. La dispersion des taux de croissance des salaires entre les pays a également nettement diminué ces dix dernières années, mais elle reste encore significative, ce qui peut être justifié par des niveaux différents de productivité.

Taux de chômage. Malgré une réduction sensible du chômage ces dernières années, il y a peu de signes d'une nouvelle accélération significative de la croissance des coûts des salaires dans la zone euro. Les salaires réels ont fait preuve de modération dans presque tous les pays de la zone euro. Cette modération a porté ses fruits en contribuant au dynamisme de la création d'emplois. Le taux de chômage a été réduit de 11,5 % à 8,5 %. La majeure partie de cette réduction est due à une diminution du taux de chômage structurel. Il est à noter que toutes les grandes économies de l'UEM souffrent encore d'un taux de chômage structurel relativement élevé.

Pactes sociaux. Dans plusieurs pays, des pactes sociaux ont aidé à créer un climat favorable en établissant des négociations entre pouvoirs publics et partenaires sociaux ce qui a aidé à préserver la modération des salaires. Les risques de conflits entre entreprises et salariés se sont largement réduits. La flexibilité des rémunérations est devenue plus importante pour le bon fonctionnement de l'UEM. Des accords différenciés ou une certaine décentralisation, par exemple sous forme de clauses d'ouverture qui permettent un ajustement aux conditions régionales, du secteur ou de l'entreprise, ont augmenté cette flexibilité.

INVESTISSEMENT

Potentiel d'investissement. L'euro a nettement accru le potentiel d'investissement dans la zone euro. Premièrement, il a éliminé les risque de change entre douze marchés et stimulé la concurrence dans ce marché intégré. De plus, les conditions de financement des entreprises se sont améliorées grâce à l'accélération de l'intégration des marchés financiers. En outre, l'UEM devrait permettre de catalyser les réformes structurelles dans les pays membres et notamment pour les marchés du travail. Elle a aussi un effet positif sur les taux d'intérêt à travers la politique d'assainissement des finances publiques.

Investissement public et privé. À cause des politiques de privatisation menées dans les années 90, la part de l'investissement public dans le PIB a décru d'une manière régulière. Au contraire, l'investissement des entreprises, notamment dans les technologies de l'information et de la communication (TIC) s'est accru ces dernières années. Les écarts entre les taux d'investissement des pays se sont considérablement resserrés dans les dix dernières années, un fait qui laisse suggérer une convergence entre les pays de la zone euro. Néanmoins, depuis 1999, on assiste à un léger accroissement de la dispersion des taux d'investissement, ce qui est partiellement dû au dynamisme dans les pays en phase de rattrapage.

Investissement direct étranger. L'investissement direct étranger (IDE) a été facilité au cours des années 90 par l'abrogation des barrières multiples dans le processus de l'intégration européenne. L'introduction de l'euro a entraîné cette tendance en éliminant les variabilités et risques du taux de change. Les flux des IDE en provenance et à destination de la zone euro se sont significativement accrus. Ceci est dû largement à l'expansion mondiale des entreprises et aux fusions et acquisitions liées à ce processus.

Effets de l'UEM. La volatilité des taux de changes a été supprimée. Grâce aux politiques d'assainissement budgétaire, les taux d'intérêt à court et long terme ont été abaissés. Les marchés financiers, du travail et des produits devraient encore s'assouplir pour permettre à la zone euro d'améliorer les conditions d'investissements. Une connexion existe entre des règlements restrictifs et un taux d'investissement médiocre. Ainsi, la zone euro pourrait tirer un maximum de profit des chances offertes par l'UEM. Une augmentation des investissements entraîne un accroissement du potentiel de croissance de la zone euro. Ceci est d'autant plus important si l'on considère les effets négatifs sur la croissance à long terme comme les perspectives démographiques.

SYSTÈME FINANCIER

Évolution générale. On a assisté à une nette accélération de l'intégration des marchés financiers en raison de la mondialisation mais aussi de la mise en place d'un cadre réglementaire commun et du passage à l'euro. Le secteur financier se trouve dans une phase de transformation structurelle rapide et l'intégration est accompagnée par une expansion générale et une intensification de la concurrence. Le risque de change a disparu ainsi que les coûts liés à la fragmentation du système. La libéralisation du marché et l'arrivée de l'euro devraient favoriser le financement des entreprises par appel aux marchés de capitaux au détriment du financement bancaire.

Marchés monétaires. L'intégration des marchés n'est pas tout à fait identique dans tous les segments. L'intégration du marché des dépôts interbancaires et le marché des instruments dérivés a atteint un degré d'intégration élevé. Par contre, les compartiments garantis du marché monétaire (opérations de pension privées, bons du Trésor, billets de trésorerie et certificats de dépôt par exemple) n'ont pas connu la même intégration. Ce phénomène est largement dû aux différences entre les législations des pays membres qui persistent encore. La directive sur les garanties financières devrait améliorer cette situation.

Marchés obligataires. Avec l'introduction de l'euro, les marchés obligataires nationaux se sont intégrés en un marché d'obligations libellées en euro qui est nettement plus homogène. Grâce à la grande liquidité, le volume des émissions s'est accru. Les émissions du secteur privé ont vivement progressé au détriment des émissions du secteur public en raison de la politique d'austérité budgétaire. Le nombre croissant des fusions et acquisitions ainsi que les enchères pour les licences UMTS, financées souvent par émission d'obligations, ont contribué à la croissance de cette partie du marché financier.

Obligations publiques. Les obligations publiques représentent encore environ 40 % du volume total. Une forte convergence s'est produite en ce qui concerne les rendements entre les États membres. La liquidité de ce marché reste toutefois limitée vu que ces obligations sont émises par douze organismes différents, dont les émissions, stratégies, instruments et procédures sont distincts. Au total, l'euro est devenu la deuxième devise la plus importante pour les émissions d'obligations internationales, après le dollar américain.

Marchés d'actions. L'arrivée de l'euro a stimulé la demande d'investissements transfrontaliers dans cette devise. Les investisseurs semblent de plus en plus s'orienter vers une approche sectorielle paneuropéenne au détriment d'une approche purement nationale. De plus, le passage à l'euro a contribué à stimuler l'activité sur les marchés boursiers spécialisés dans la nouvelle économie. Les places boursières en Europe ont réagi à l'intégration européenne avec des stratégies de regroupement et de fusion.

Capital-risque. Le capital-risque joue souvent un rôle essentiel dans les premiers cycles de vie d'une entreprise. L'Union a entrepris des efforts pour améliorer l'accès à ce financement pour les entreprises comme le Plan d'action sur le capital-risque (PACR). Les marchés européens du capital-risque demeurent fragmentés, l'essentiel des investissements se fait toujours au niveau national. Ceci s'explique partiellement par les différences qui subsistent au niveau des structures réglementaires, fiscales et juridiques entre les pays de l'UE. L'éclatement de la bulle boursière autour des entreprises de nouvelles technologies a entraîné une baisse sensible des investissements en capital-risque.

Services financiers. Le marché européen des services financiers aux entreprises est de plus en plus ouvert à la concurrence mondiale. Les banques ont réagi avec un processus de restructuration et une réorientation de leurs activités traditionnelles au profit d'activités du type « banque d'investissement », qui consistent dans la création et la vente de nouveaux produits financiers, le conseil de la clientèle ou les opérations de fusion ou d'acquisition. Les regroupements s'effectuent surtout au niveau national, où l'on assiste à une concentration du secteur. Les différences juridiques ne permettent pas encore le développement d'une gamme de produits réellement paneuropéenne.

Les défis à venir. L'euro est l'un des principaux facteurs de l'accélération de l'intégration. L'intégration des marchés financiers n'est pas encore achevée et doit se poursuivre pour tirer plus d'avantages économiques de l'intégration. Les épargnants ainsi que les investisseurs bénéficieraient d'un choix élargi et de coûts de transactions plus faibles. Cela se traduit par une plus grande productivité et par conséquent une croissance économique plus élevée. C'est pourquoi les Conseils européens successifs ont fait de l'intégration des marchés financiers une priorité de la réforme économique. D'ici à 2005, le plan d'action sur les services financiers (PASF), un paquet de 42 initiatives, devrait être mis en œuvre. En ce qui concerne la mise en œuvre du plan d'action pour le capital-risque (PACR), la date a été fixée à 2003.

L'EURO COMME MONNAIE INTERNATIONALE

Si le dollar américain reste la monnaie internationale dominante, l'euro est devenu la deuxième monnaie du monde. Ceci s'explique par le poids économique de la zone euro ainsi que par sa stabilité qui reflète la bonne santé des fondamentaux économiques.

Utilisation internationale. Avant l'introduction des pièces et des billets en euro en 2002, on estimait la part de l'euro dans la facturation des transactions internationales entre 15 et 17 % du total. Le dollar américain reste la monnaie dominante dans ce domaine. Le rôle de l'euro en tant que monnaie de facturation devrait s'accroître notamment au niveau régional. L'utilisation de la monnaie unique concernant les paiements internationaux a augmenté dans les trois premières années et devrait encore augmenter après l'introduction des pièces et billets. L'euro est devenu la deuxième devise mondiale utilisée comme monnaie de financement ou d'investissement. La monnaie unique compte pour près de 34 % des transactions dans ces domaines, ce qui s'explique aussi par le taux d'intérêt historiquement bas de la zone euro.

Monnaie d'ancrage. Plus de 50 pays ont lié leur monnaie à l'euro par, entre autres, un régime de change à flottement dirigé ou un régime de caisse d'émission. Ces pays sont majoritairement situés en Europe et en Afrique, motivés par des liens commerciaux, financiers ou par le processus d'adhésion à l'UE. L'euro sert aussi de monnaie d'intervention, cette fonction étant étroitement liée à sa fonction comme monnaie d'ancrage. La plupart des interventions s'effectuent dans le cadre du nouveau mécanisme de taux de change (MCE II). Actuellement, seule la couronne danoise est liée à l'euro dans le cadre du MCE II. Enfin, l'euro sert comme réserve de valeur et il occupe la deuxième place des réserves de change tenues par les banques centrales dans le monde. Le dollar américain représentait, en 2000, 68% de toutes les réserves en devises. La part de l'euro est restée quasiment inchangée ces dernières années.

Pays candidats. Les pays candidats à l'UE doivent intégrer l'acquis communautaire dans son ensemble et sont obligés de participer à l'UEM. Au début, ces pays bénéficieront d'une dérogation du traité jusqu'au moment où ils rempliront les critères de convergence. Avant l'adoption de l'euro, ils doivent faire partie du MCE II pendant deux ans.

Coordination mondiale. Les politiques monétaires et de change relèvent de la compétence exclusive de la Communauté. Sur le plan de la coordination interne des politiques, le Conseil (dans ce cas les États membres ayant adopté l'euro) décide de la représentation de la Communauté au niveau international. Dans l'Eurogroupe des positions communes sont définies. Sur le plan extérieur, en ce qui concerne le Fonds monétaire international (FMI) ou le G7, par exemple, aucune décision n'a été prise pour le moment par le Conseil des ministres. La Banque centrale européenne s'est vue attribuer le statut d'observateur au FMI et dans certains groupes de travail du G7. L'UEM est donc encore en gestation vis-à-vis de l'extérieur.

Dernière modification le: 25.08.2005
Avis juridique | À propos de ce site | Recherche | Contact | Haut de la page