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Rapport de l’OCDE : Les gouvernements doivent accroître leur soutien aux familles

04/05/2011

Un récent rapport de l’OCDE intitulé « Assurer le bien-être des familles » a révélé un changement des tendances concernant la composition et le bien-être des familles dans les pays de l’OCDE. Celui-ci appelle les gouvernements à maintenir l’aide aux familles les plus démunies à l’heure où des changements sociaux rapides se font sentir. La pauvreté des ménages avec enfants augmente dans presque tous les pays de l’OCDE. Le rapport indique également que les pouvoirs publics doivent s’assurer que les politiques d’aide sociale protègent les plus vulnérables.

Les familles évoluent

Le rapport décrit l’évolution considérable des familles dans les pays de l’OCDE en une seule génération. Les taux de fécondité sont passés de 2,2 enfants par femme à 1,7 au cours des trente dernières années. De nos jours, de nombreuses familles s’écartent des modèles traditionnels : de plus en plus de couples cohabitent, les gens se marient plus tardivement, les divorces sont plus fréquents et les remariages plus nombreux.

Le rapport souligne aussi que les aspirations des parents ont changé. Tant les pères que les mères veulent poursuivre leur carrière tout en participant activement à la vie de famille. Les enfants comptent moins de frères et sÅ“urs et sont plus souvent amenés à vivre au sein de familles où les parents cohabitent ou dans des familles monoparentales.  De plus, la proportion de familles recomposées augmente également.

Autre changement de taille : les femmes sont de plus en plus nombreuses à avoir un emploi et elles n’ont jamais atteint un niveau de formation aussi élevé. En effet, plus d’un tiers des femmes de moins de 35 ans sont maintenant diplômées de l''enseignement supérieur (contre à peine 20 % il y a vingt ans). En moyenne, environ 60 % des familles perçoivent désormais un double revenu.

Le rapport indique qu’une hausse continue de l’emploi féminin contribuerait à surmonter les problèmes liés au vieillissement de la population. Mais cela risque d’être difficile, à moins que les hommes s’investissent plus à la maison et s’occupent davantage de leurs enfants. (En moyenne, les femmes consacrent deux heures trente de plus que les hommes aux tâches domestiques).

La pauvreté des familles s''accroît

Le rapport révèle aussi qu’en l’espace de dix ans, le taux de pauvreté des enfants a augmenté dans plusieurs pays, et atteint désormais 12,7 % dans l’ensemble des pays de l’OCDE. L’OCDE qualifie une personne de pauvre lorsqu’elle vit dans un ménage percevant moins de la moitié du revenu médian. Ce chiffre dépasse même les 20 % dans un certain nombre de pays de l’OCDE dont le Mexique, les États-Unis et la Pologne.

Ce problème semble plus particulièrement aigu dans les familles monoparentales. Dans presque tous les pays, les taux de pauvreté des familles monoparentales sans emploi sont au moins deux fois supérieurs à ceux des familles ayant un emploi. Le rapport souligne également qu’aujourd’hui, les familles avec enfants risquent davantage de se retrouver en situation précaire alors qu''au cours des décennies précédentes, les retraités étaient les plus exposés à la pauvreté.

Mettre en oeuvre des politiques plus efficaces

En moyenne, les pouvoirs publics de l’OCDE dépensent environ 2,4 % du PIB pour venir en aide aux familles. Certaines prestations bénéficient directement aux familles, comme les allocations familiales versées aux parents, alors que d’autres sont perçues indirectement comme les services de garde d’enfants. Suite aux restrictions dues à la crise économique dans de nombreux pays, le rapport met en garde contre d’éventuelles coupes budgétaires dans l’aide aux familles.

En outre, le rapport suggère également que les services publics reconsidèrent le moment auquel il convient d’attribuer l’aide aux familles. En effet, le rapport indique que c’est au cours des premières années, avant la scolarité, que les enfants, et plus particulièrement ceux qui vivent dans les familles les plus démunies, tirent le plus de bénéfices de ces investissements et ce, tout au long de leur vie. Malgré cela, on remarque qu’un « grand nombre de pays attend au moins six ans avant d’octroyer la principale intervention de l’État en vue du développement de l’enfant ». Résultat, une fois en âge de scolarisation, les enfants issus des familles les plus démunies peuvent déjà être défavorisés en terme de développement par rapport aux enfants vivant dans des familles plus aisées.

Le rapport prpose également une série de nouvelles approches visant à améliorer la vie des familles. Par exemple, un lieu de travail plus respectueux des familles et proposant des aménagements du temps de travail flexibles peut être profitable à l''entreprise. En effet, les bénéfices observés sont les suivants : « une forte amélioration des taux de reprise du travail (jusqu’à 99 %) des salariés à la suite d’un congé de maternité ; la réduction des frais généraux grâce au système de télétravail et à des arrangements contractuels flexibles ; l’accroissement de la productivité et de la créativité des salariés ».

Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE, a déclaré : « les prestations familiales doivent être bien conçues afin de maintenir les incitations au travail, mais elles doivent aussi protéger effectivement les plus vulnérables, sans quoi nous risquons de générer des coûts élevés et à long terme pour les générations futures ».

Équilibre entre vie professionnelle et vie privée : la réussite du bien-être familial

Mais la politique familiale n’est pas qu’une question de services ou d’allocations en espèces,  d’aide aux revenus durant un congé parental ou de dégrèvement fiscal en faveur des familles, souligne le rapport. Il s’agit aussi d’un ensemble de mesures qui jouent un rôle clé pour aider les familles à concilier travail et vie familiale grâce à des dispositifs coordonnés de congés, de services d''accueil et d''aménagement du travail pour les parents d’enfants en bas âge.

Élaborer des systèmes de congé parental encourageant plus de pères à prendre et à partager les congés et favorisant leur participation aux responsabilités domestiques ainsi qu''assurer des  services de garde d''enfants, d''un niveau de qualité élevé, contribuent à l''amélioration du développement cognitif, en particulier chez les enfants de familles défavorisées. Tous ces éléments participent au bien-etre familial.

« Des lieux de travail plus compatibles avec la vie de la famille, des perspectives de carrière égales pour les hommes et les femmes, et un partage plus équitable de la garde des enfants sont non seulement judicieux sur le plan économique mais également impératifs d''un point de vue moral et politique », a déclaré M. Gurría.

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