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Protéger les familles contre la pauvreté

11/05/2010

Quel rôle jouent les systèmes de protection sociale pour prévenir et lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale des familles en Europe ? Un récent séminaire organisé par la COFACE, la Confédération des organisations familiales de la Communauté européenne a étudié cette question dans le contexte de 2010, l'Année européenne de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, et les récentes propositions pour la Stratégie Europe 2020 . Le séminaire, intitulé « le rQuel rôle jouent les systèmes de protection sociale pour prévenir et lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale des familles en Europe ? Un récent séminaire organisé par la COFACE, la Confédération des organisations familiales de la Communauté européenne a étudié cette question dans le contexte de 2010, l'Année européenne de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, et les récentes propositions pour la Stratégie Europe 2020 . Le séminaire, intitulé « le rôle de la protection sociale dans la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale : quel filet de sécurité pour les familles ? » a eu lieu à Bruxelles le 26 mars 2010.

Le séminaire débuta par deux présentations complémentaires sur le contexte historique du paysage européen des systèmes de protection sociale et des familles menacées par la pauvreté. Mme Gabrielle Clotuche, conseillère auprès de la Confédération européenne des syndicats (CES) souligna que les systèmes de protection sociale dans les divers États membres de l'UE tiraient leur origine de contextes historiques, culturels et philosophiques différents (basés sur divers concepts tels que « le risque », « l'inégalité » ou « le besoin »). Elle souligna également le défi à long terme que représente une population vieillissante et celui à court terme de l'augmentation du chômage et de l'insécurité de l'emploi dues à la crise économique.
En axant son analyse sur les questions « Que savons-nous ?» et « Que pouvons-nous faire ? » Mme Bea Cantillon, professeur de sociologie à l'Université d'Anvers, s'est penchée sur les liens entre systèmes de protection sociale et lutte contre la pauvreté des familles. Elle commenta les diverses définitions de l'expression « exclusion sociale » et les facteurs qui y contribuent, qu'il s'agisse des bas revenus-mêmes, de la distribution inéquitable des revenus ou des niveaux de chômage.
Le Professeur Cantillon fit remarquer que les différents pays d'Europe présentent des situations très diverses, à la fois en terme de pauvreté (60 % du revenu médian national) et du nombre de ménages sans travail. Nous pouvons donc chercher à nous inspirer des meilleures pratiques des pays qui réussissent mieux dans ces domaines, déclara-t-elle. Elle démontra en particulier que bien qu'il n'existe qu'une faible corrélation entre les niveaux de protection sociale et les taux de pauvreté dans les États membres de l'UE, il apparaît clairement que plus les dépenses consacrées au bien-être des enfants et de la famille sont élevées et moins la famille risque de sombrer dans la pauvreté. Il existe également une corrélation dans toute l'Europe, à quelques exceptions notables, entre les taux de chômage et la pauvreté. Elle conclut que des politiques de lutte contre la pauvreté efficaces impliquent un coût important et qu'il n'est pas possible de trouver un compromis en matière de croissance, d'emploi et de redistribution sociale si l'on veut lutter contre la pauvreté dans l'UE.
Au cours d'une table ronde des décideurs qui s'est tenue dans l'après-midi, Mme Antonia Carparelli, Chef de l'unité « Inclusion, aspects sociopolitiques des migrations et intégration des politiques sociales » à la Direction Générale Emploi, Affaires Sociales et Égalité des Chances de la Commission européenne, présenta les nouvelles propositions de la Commission européenne pour Europe 2020. Cette stratégie de reprise économique après la crise financière et pour la prochaine décennie regroupe trois priorités, dont l'une concernant « la croissance inclusive », cinq objectifs prioritaires et sept initiatives phares.
On s'attend à ce que la crise économique fasse passer le taux de chômage dans l'UE au-dessus de la barre des 10,5 % en 2010, ce qui pourrait entraîner une hausse des dépenses moyennes de protection sociale des États membres de 27,5 % à plus de 30 % du PIB. Les taux de pauvreté ont également augmenté de 16 % à 17 % en 2007-08 et augmenteront encore certainement en 2009-10.
Les dépenses sociales au sens large - protection sociale, éducation et santé - représentent environ 70 % des dépenses publiques de l'UE (40 % étant consacrés aux prestations de protection sociale, la santé et les dépenses en matière d'éducation étant exclues). Cependant, la hausse de la dette et des déficits de l'administration publique augmenteront également, ce qui exercera de fortes pressions sur les dépenses sociales, imposant avec une urgence impérative un programme de réforme et de modernisation de la protection sociale.
Mme Carparelli expliqua que la priorité de croissance inclusive de la stratégie Europe 2020 sera soutenue par deux des objectifs (un objectif pour l'emploi et l'autre pour la réduction de la pauvreté) et deux des initiatives phares (une stratégie pour les nouvelles compétences et les nouveaux emplois ainsi qu'une plateforme de l'UE contre la pauvreté et l'exclusion).
Mme Muriel Rabau, Conseillère générale, Service Public Fédéral Sécurité Sociale Belgique et membre du comité de la protection sociale ajouta que la Présidence belge de l'Union européenne prévoyait d'organiser une conférence sur l'inclusion active en novembre 2010.
Pour résumer, Mme Annemie Drieskens, présidente du groupe de travail de la COFACE sur la famille et les politiques sociales rappela quelques-uns des résultats des ateliers du séminaire sur « La protection sociale et la lutte contre la pauvreté des familles » et « Les défis pour l'avenir des systèmes de protection sociale dans l'Union européenne », dont cette observation : « plus d'égalité conduit à plus de solidarité » dans la société.
La COFACE préparera des propositions et des recommandations pour la Commission sur la base des discussions d'aujourd'hui.

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