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Espagne: Soutien à la famille et à l’enfance, inclusion active

Au 1er janvier 2014, l'Espagne comptait 8 348 349 mineurs de moins de 18 ans (17,9 % de la population totale) selon l'Institut des statistiques nationales espagnol.
La crise économique et le chômage ont eu de graves répercussions sur les revenus des familles, touchant tout particulièrement les familles défavorisées avec des enfants. En dehors du Deuxième plan stratégique national de l'enfance et de l'adolescence 2013-2016 (II Plan Estratégico Nacional de Infancia y Adolescencia [PENIA]), le gouvernement a approuvé, le 13 décembre 2013, le Plan d'action pour l'inclusion sociale 2013-2016 (Plan de Acción para la Inclusión Social [PNAIN]), dont l'objectif transversal prioritaire était la lutte contre la pauvreté infantile.

Accès à des ressources adéquates

D'après les statistiques les plus récentes publiées par EUROSTAT pour l'Espagne, en 2013 (la méthode de sondage a été modifiée pour l'année en question), le taux d'enfants exposés au risque de pauvreté et d'exclusion était de 32,6 %.

Sans prendre en compte les transferts sociaux, le risque de pauvreté chez les moins de 18 ans en 2012 en Espagne s’élevait à 36,8 %, un chiffre légèrement supérieur à celui de l'UE-27 où le risque était de 34,5 %. Cependant, la réduction de la pauvreté infantile après prise en compte des transferts sociaux (à l'exception des pensions) était beaucoup plus élevée dans l'UE-27 (13,8 %), portant le taux à 20,7 % par rapport à l'Espagne où la réduction était de 6,9 %, portant le taux à 29,9 %.

Les taux de chômage parmi la population active n'ont pas changé (la moyenne annuelle en 2013 était de 54,8 %). Cependant, on observe une légère évolution dans le taux de chômage au deuxième trimestre de 2014. Il était alors de 24,4 % par rapport à une moyenne de 26,3 % en 2013, ce qui laisse supposer que les réformes du travail visant à améliorer l'emploi sont efficaces. Ces réformes sont approuvées par le gouvernement afin d'atteindre les objectifs des Programmes de réforme nationaux successifs.

Le Plan de paiement des fournisseurs (El Plan de Pago a Proveedores) et le Fonds de liquidité autonome (Fondo de Liquidez Autonómico) pour le règlement des factures a permis de sauver 400 000 emplois, rapportant au total 41 814,62 millions d'euros en 2012 et 2013. En 2013, par le biais du même Plan, les factures de services sociaux ont été réglées à partir d'une enveloppe de 681 millions d'euros, dont 80 millions d'euros ont été payés par le secteur tertiaire et à partir du même Fonds, des factures s'élevant à 1 292 millions d'euros ont été payées aux prestataires de services sociaux, le secteur tertiaire contribuant à concurrence de 40 millions d'euros.

Pour aider les personnes les plus vulnérables à garder leur logement, la Commission de suivi et de Coordination du fonds social d'aide au logement (Comisión de Seguimiento y Coordinación del Fondo Social de Viviendas [FSV]) a accepté d'élargir la portée de la Convention qui réglemente le Fonds social d'aide au logement, destiné à soutenir les familles en difficultés suite à la crise, et tout particulièrement celles qui ont perdu leur logement suite à une éviction après le 1 janvier 2008, en maintenant les exigences d'admissibilité (chômeurs sans allocations, familles monoparentales, familles nombreuses et violence sexiste). 780 logements ont été alloués en 2013.

Accès à des services de qualité abordables

Vers la fin de 2013, une loi organique visant à améliorer la qualité de l'éducation a été approuvée. Elle cherche à résoudre les principaux problèmes qui ont été identifiés dans le système éducatif (réduction du taux des abandons scolaires précoces, amélioration des résultats scolaires par rapport aux critères internationaux et employabilité des jeunes.)

En 2013-2014, le nombre d'élèves inscrits aux deux niveaux d'enseignement a augmenté et est passé à 1 886 373 : 2 857 153 dans l'enseignement primaire ; 33 447 dans l'enseignement spécialisé, et 1 826 327 dans l'enseignement secondaire. Les dépenses prévisionnelles consacrées aux bourses et allocations d'études en 2012-2013 (données les plus récentes disponibles) sont passées de 1 434 millions d'euros et 71 millions d'euros respectivement, pour un nombre total de 812 411 étudiants bénéficiant de bourses et de 344 260 étudiants bénéficiant d'allocations. Le nombre d'établissements d'enseignement et collèges généraux non universitaires au cours de l'année scolaire 2013-2014 a augmenté et est passé à 27 790.

D'après les statistiques 2012-2020 de la Stratégie nationale pour l'inclusion sociale de la population tzigane en Espagne, d'importants progrès ont été réalisés avec les élèves roms. Cependant le taux d'échec scolaire des Roms dans l'enseignement secondaire obligatoire est de 64 % et très peu de jeunes Roms poursuivent leurs études au-delà de l'âge de la scolarité obligatoire.

De plus, pour coordonner la politique familiale avec une série de mesures cohérentes, le Conseil des ministres approuvera en 2014 le Plan complet en faveur de l'aide aux familles. Parmi les stratégies envisagées : soutien économique et social aux familles qui ont des enfants mineurs pour lutter contre la pauvreté infantile, meilleur équilibre et co-responsabilité entre vie familiale et vie professionnelle, soutien aux familles qui ont des besoins spéciaux (familles nombreuses, familles monoparentales, familles dont certains membres sont handicapés, familles d'immigrés, familles confrontées au conflit et à la violence, etc.), soins de maternité et mesures visant à promouvoir un bon environnement familial (foyer, santé, justice, éducation, services sociaux, loisirs familiaux, solidarité intergénérationnelle, etc.).

Un autre objectif stratégique consiste à soutenir les pratiques parentales positives encouragées dans les programmes d'éducation parentale et d'autres services de soutien pour les familles qui ont des enfants mineurs. Ces efforts sont mis en œuvre en collaboration avec le ministère de la Santé, des services sociaux et de l'égalité (Ministerio de Sanidad, Servicios Sociales e Igualdad [MSSSI]), la Fédération espagnole des municipalités et des provinces (Federación Española de Municipios y Provincias), des experts d'universités espagnoles, des professionnels des affaires familiales et le mouvement associatif.

Droit des enfants à la participation

Promouvoir la participation des enfants est l'un des piliers des politiques de l'enfance en Espagne. Les programmes réussis visent à encourager l'inclusion et l'intégration sociales. Le MSSSI met en œuvre les programmes de participation des enfants, 53,8 % du total des subventions ciblées étant couverts par l'impôt sur le revenu des personnes physiques.

Parmi les exemples de bonnes pratiques, on peut citer « CIBERRESPONSALES : un réseau éducatif et social pour l'inclusion et la participation des enfants » mis en place par le Plateforme de l'enfance en 2010 avec des fonds du MSSSI. Il s'agit d'un réseau social sur lequel des jeunes de douze à dix-sept ans organisés en groupes (associations, organismes sociaux travaillant avec les enfants, etc.) publient des blogs sur lesquels ils expriment leur opinion et débattent de sujets qui les concernent et les intéressent en échangeant des informations et en communiquant ensemble.

Enfin, dans le cadre d'un processus continu, les enfants et les adolescents participent à l'adaptation du programme II PENIA, en collaboration avec la Plateforme de l'enfance et avec le soutien du MSSI, afin de préparer une version spécialement adaptée connue sous le nom de : « L'Aventure PENIA ».

Conclusion

Afin de faciliter l'inclusion et la protection sociale, le Plan d'action national pour l'inclusion sociale (PNAIN) 2013-2016 a pour objectif transversal de lutter contre la pauvreté infantile et d'adopter des mesures pour tous les départements de l'administration publique qui traitent de l'inclusion active.
Promouvoir et appuyer les foyers familiaux est l'un des principaux piliers de la protection sociale.

Les difficultés auxquelles l'Espagne sera confrontée seront, outre le développement du second plan national pour l'inclusion sociale (II PENIA), l'approbation d'un plan complet de soutien familial en faveur de la conciliation et la co-responsabilité de la vie personnelle, familiale et professionnelle et du soutien économique et social des familles qui ont des enfants mineurs.

L'Espagne réforme actuellement sa législation sur la protection de l'enfance et y apporte d'importants changements, concernant en particulier les droits de l'enfant, le fait d'accorder la priorité aux enfants et le droit de l'enfant à être entendu dans le cadre de procédures qui le concernent.

Les informations figurant dans le profil du pays ont été mises à jour en juillet 2014.

Villes amies des enfants (UNICEF)

Le MSSSI finance et soutient depuis plus de dix ans le programme des villes amies des enfants d'UNICEF Espagne, afin de promouvoir l'application de la Convention relative aux droits de l'enfant (CDE) parmi les autorités locales et d'encourager la participation active des enfants à la vie de la municipalité grâce aux Conseils et aux forums d'enfants créés à cette fin. La collaboration en réseau sera encouragée en vue de nouer des liens entre les gouvernements locaux et d'autres parties prenantes qui souhaitent également appliquer la CDE afin de partager des informations et des solutions créatives. Des alliances locales sont également en train de se former dans ce contexte, pour les enfants et les adolescents. Elles s'appuient sur des stratégies d'action locales dans le cadre desquelles différents programmes sont conçus pour promouvoir des services visant à favoriser le bien-être, l'égalité et la collaboration sociale pour le bien de l'enfant.