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Slovaquie: encourager les parents et les personnes âgées à travailler

Ces dernières années, la Slovaquie a mené plusieurs politiques familiales visant à améliorer les conditions de vie des familles avec des enfants et à réconcilier les responsabilités familiales et le travail rémunéré. Augmenter le taux d’emploi parmi les parents de jeunes enfants et aider aux frais liés à la garde d’enfants est considéré par le gouvernement comme les deux objectifs les plus importants de la politique familiale slovaque actuelle. L’augmentation du faible taux de natalité (le taux de fertilité totale était de 1,3 en 2013) ne constitue pas une priorité de politique familiale explicite : cette question est considérée comme un problème complexe qui exige des interventions dans plusieurs domaines politiques.

Soutien des parents afin de concilier travail et vie de famille

Au cours de la dernière décennie, plusieurs réformes de politique familiale et sociale se sont penchées sur la faible participation au marché du travail dans le pays. Des efforts ont visé divers groupes, notamment les parents de jeunes enfants. Les mères ont droit à 34 semaines de congé de maternité (37 semaines pour les mères isolées, et 43 semaines en cas de naissances multiples), dont six à huit semaines doivent être prises avant la date prévue de l’accouchement. Durant la période de congé de maternité, elles reçoivent des allocations qui s’élèvent à 65 % de la base d’évaluation (revenu quotidien calculé en fonction de l’année précédente, avec un plafond mensuel d’une fois et demie le salaire mensuel national moyen). Un congé parental peut être pris par la mère ou le père jusqu’à ce que l’enfant atteigne trois ans. Pour les enfants atteints de longue maladie, le congé parental peut être prolongé jusqu’à ce que l’enfant ait six ans. 

En janvier 2011, une nouvelle forme d’allocation parentale (payée durant la période de congé parental) est entrée en vigueur qui permet aux parents percevant l’allocation parentale de travailler sans perdre leur allocation. Dans ce cas, les parents doivent garantir la garde régulière de leur enfant (par des membres de la famille, d’autres personnes ou dans des établissements officiels). Le montant de l’allocation parentale est le même (194,7 € par mois) pour tous les parents y ayant droit, quel que soit le nombre d’heures travaillé ou le niveau du salaire.

En outre, les parents peuvent choisir entre l’allocation parentale et l’allocation de garde d’enfant. L’allocation de garde d’enfant est fournie aux parents qui travaillent ou qui font des études et qui ont des enfants de moins de trois ans (ou de moins de six ans dans le cas d’enfants atteints de longues maladies) et elle vise à couvrir une partie des frais liés à la garde d’enfant. Le remboursement des frais documentés de garde d’enfant est fourni à concurrence de 230 € par mois et par enfant lorsque la garde est fournie par un établissement reconnu ou par une nourrice agréée. Si la garde est fournie par des proches ou une autre personne non agréée, l’allocation de garde d’enfant s’élève à 41,10 € par mois et par enfant (aucun justificatif de frais de garde n’est nécessaire). Le choix d’allocation de garde d’enfant est particulièrement utile pour les parents qui ont plusieurs enfants de moins de trois ans lorsque les frais de garde dépassent le montant des allocations parentales. 

Les disparités entre les sexes demeurent un problème

En règle générale, le taux d’emploi des femmes est plus faible que celui des hommes. Le taux d’emploi féminin est plus bas en Slovaquie que dans la plupart des pays de l’UE (52,7 % en 2012 contre une moyenne en UE de 58,5 %); l’emploi féminin à temps partiel était de 5,7% en 2012, bien en dessous de la moyenne de l’UE de 32,5% (ce qui reflète la faible disponibilité générale de l’emploi à temps partiel en Slovaquie). Les plus grandes disparités entre les taux d’emploi hommes/femmes interviennent dans le groupe d’âge 25 à 39 ans, qui sont les âges les plus courants pour commencer une famille. La Slovaquie appartient aux pays de l’UE présentant le plus faible taux d’emploi pour les mères, qui reste en dessous de la moyenne de l’UE. Tandis que le taux d’emploi des pères dont l’enfant le plus jeune a moins de six ans (83,1% en 2012) est proche de la moyenne de l’UE (86%), le chiffre pour les mères (36,1%) fait partie des plus faibles de l’UE (moyenne pour l’UE de 59,1%). Cela reflète en partie le fait que le congé parental est dans une large mesure pris par les femmes (1 à 2 % des hommes prennent ce congé). 

Davantage de structures d’accueil préscolaire sont nécessaires

En 2011, la Slovaquie se classait en dessous de la moyenne de l’UE en termes de services de garde d’enfant pour les enfants âgés entre trois ans et l’âge scolaire obligatoire (75% des enfants de ce groupe d’âge était inscrits dans des structures d’accueil préscolaire contre 83% pour l’ensemble de l’UE). Le pays présente également l’un des niveaux les plus faibles de l’UE en termes de participation à l’accueil officiel des enfants de moins de trois ans (4% contre une moyenne de 30% pour l’UE). Les causes peuvent être de deux ordres : Premièrement, cela peut découler de la conception du congé parental (disponible jusqu’à ce que l’enfant ait trois ans). Deuxièmement, cela peut être lié au manque de places disponibles dans les établissements de garde officiels, notamment pour les très jeunes enfants. 

La Slovaquie possède un réseau assez bien développé d’établissements d’accueil des enfants en âge préscolaire mais il biaisé en faveur des enfants les plus âgés. Les jardins d’enfants sont les formes de garde les plus répandues, tenus non seulement par les autorités publiques mais aussi par les églises ou par le secteur privé. Ils fournissent des prestations aux enfants à partir de deux ans jusqu’à six ans (ou un an avant de commencer l’école obligatoire), mais le taux de fréquentation le plus élevé se situe parmi les enfants entre quatre et cinq ans. En 2008, les jardins d’enfants ont été changés de la catégorie ‘structures scolaires’ vers la catégorie ‘écoles’ et ils ont été officiellement tenus de fournir une éducation préscolaire (appelée ISCED 0). Ils font donc maintenant partie intégrante du système éducatif officiel avec toutes les implications que cela entraîne en termes de qualité de la garde et de l’éducation. En 2010, environ 6000 demandes de places en jardins d’enfants (Herich, J. Institut d'information et de pronostics de l'éducation) n’ont pas pu être satisfaites : c’est-à-dire que quatre enfants sur 100 n’ont pas eu de place.

Les crèches pour les très jeunes enfants de moins de deux ans sont essentiellement tenues par les autorités locales ou par le secteur privé. Leur coût mensuel est souvent trop élevé pour être accessible aux familles à faible revenu, notamment les familles avec d’autres désavantages telles que les familles monoparentales. 

Des initiatives pour améliorer l’accès aux services de garde d’enfant

La relation entre les jardins d’enfants et l’école primaire est renforcée en fournissant des places gratuites aux enfants une année avant de commencer l’école. Les places pour les enfants à risque de pauvreté ou d’exclusion sociale (c’est-à-dire, issus de familles recevant les allocations de chômage minimum) sont fournies gratuitement, quel que soit l’âge. Par ailleurs, ces enfants ont droit à la cantine gratuitement. 

L’accent sur les prestations financières

La politique familiale en Slovaquie place traditionnellement l’accent sur les prestations financières. Il existe actuellement un grand nombre de prestations différentes destinées à différents groupes. La part des prestations de la catégorie ‘famille/enfants’ représentait 1,8% du PIB total en 2011. D’une manière générale, le taux de risque de pauvreté en Slovaquie est proche de la moyenne de l’UE (26,6% en 2012 contre 28,1% dans l’ensemble de l’UE).

Encourager des lieux de travail respectueux des familles dans le contexte de l’égalité des chances

En 2000, à l’occasion de la Journée internationale des familles de l’ONU, le gouvernement a lancé un ‘prix de l’entreprise respectueuse des familles’ afin de récompenser les employeurs qui créent des conditions de travail tenant compte des obligations familiales de leurs salariés et qui font des efforts pour réconcilier travail et vie de famille. En 2008, le prix a été étendu aux mesures en rapport avec l’égalité des chances et la diversité. Basé sur une approche plus complexe, le titre du prix a été rebaptisé en ‘L’employeur respectueux de la famille, de l’égalité entre les hommes et les femmes et de l’égalité des chances’. Dix critères ont été établis, notamment flexibilité du temps de travail, prestations pour les familles, développement personnel des employés, contenu du travail, conditions de travail, évaluation des employés, mesures spécifiques à l’entreprise. Les entreprises sont évaluées par un panel de représentants du ministère du Travail, des Affaires sociales et de la Famille, des associations d’employeurs et d’employés, des institutions universitaires et de recherche, ainsi que par des organisations non gouvernementales. En moyenne, 50 entreprises remplissent tous les critères, et viennent pour la plupart du secteur industriel, de la santé, de l’informatique, des communications et de l’énergie.  Le prix continue d’avoir un soutien institutionnel. 

Des initiatives pour le vieillissement actif

Le concept de vieillissement actif attire de plus en plus l’attention non seulement des organismes non gouvernementaux et des institutions universitaires mais également des autorités publiques. En 2010, le service de l’éducation du ministère du Travail, des Affaires sociales et de la Famille a lancé le projet national ‘Stratégie pour le vieillissement actif en République slovaque’ qui a reçu le soutien du Fonds social européen (FSE). L’objectif du projet est de préparer une stratégie d’amélioration de l’employabilité des personnes âgées. L’inclusion de la question du vieillissement au sein de projets financés par la FSE reflète l’importance pour les décideurs politiques de stimuler le taux d’emploi en Slovaquie. 

Les informations relatives au profil pays ont été mises à jour en février 2014.