Chemin de navigation

Autres outils

  • Version imprimable
  • Diminuer la taille du texte
  • Augmenter la taille du texte

Hongrie: étoffer l’offre de services d'accueil des enfants pour aider les parents à reprendre le travail

Selon une récente enquête Eurobaromètre, les Hongrois comptent parmi les Européens qui peinent le plus à concilier leur vie professionnelle et leur vie familiale. Les transferts aux familles sont plus élevés qu’ils ne le sont en moyenne dans l’UE, certes, mais la situation financière des ménages est difficile à cause des taux d’emploi peu élevés. Le taux de fécondité enregistré en 2012 en Hongrie – 1,3 enfants par femme – est l’un des plus faibles d’Europe. La stratégie adoptée par le gouvernement pour remédier à ces problèmes consiste notamment à accroître l’offre de services d'accueil des enfants et à créer une nouvelle structure incitative sur le marché de l'emploi pour aider les parents à reprendre le travail.

 

Rares sont les mères d’un enfant de moins de six ans qui travaillent

Il est difficile pour de nombreux Hongrois qui ont des enfants en bas âge de concilier vie professionnelle et familiale, ainsi qu’en atteste le taux d’emploi peu élevé des mères d’enfants de moins de six ans – 36 % seulement en  2012 contre 59,1 % en moyenne dans l’UE. Les hommes dans la même situation familiale sont également moins nombreux à travailler qu’ailleurs en Europe : 79,8 %, contre 86 % en moyenne dans l’UE.

Selon les chiffres de 2012, le taux d’emploi global s’établit à 52,1 % chez les femmes et à 62,5 % chez les hommes, contre respectivement 58,5 % et 69,6 % en moyenne dans l’UE. Le travail à temps partiel est peu répandu tant chez les femmes que chez les hommes. En 2012, 9,7 % des femmes travaillaient à temps partiel (contre 32,5 % en moyenne dans l'UE) et 4,7 % des hommes (9,4 % dans l'UE). Selon une enquête Eurobaromètrepdf Choisir les traductions du lien précédent  sur la vie de famille, 72 % des Hongrois accordent une grande priorité à l’amélioration de l’accessibilité du travail à temps partiel, le pourcentage le plus élevé de l’UE. En 2011, l’écart salarial entre les sexes (18 %) était légèrement plus élevé que la moyenne de l’UE (16,2 %).

Depuis janvier 2011, les employeurs de mères d’enfant en bas âge peuvent prétendre à une diminution de leurs cotisations patronales. Si deux salariées (dont l’une doit avoir recommencé à travailler à l’issue d’un congé de maternité) à temps partiel se partagent un poste à temps complet, leur employeur verse une cotisation patronale de 20 % au lieu de 27 %. En outre, un employeur qui désire embaucher à temps plein une mère finissant juste son congé de maternité ou recevant une allocation de garde d'enfant ne doit payer que 10 % de la cotisation d'assurance nationale pendant la première année d'emploi et 20 % la deuxième année. Le gouvernement prévoit de rallonger la durée de cette subvention après 2013, et d'en augmenter sensiblement le niveau.

Depuis juillet 2012, le nouveau Code du travail hongrois impose à tous les employeurs du secteur privé de permettre aux mères retournant au travail après un congé de maternité de travailler à temps partiel jusqu'aux trois ans de leur enfant. Cette obligation avait déjà été introduite dans le secteur public en janvier 2010.

Un large éventail d’allocations familiales

Selon les chiffres de 2011, le budget de l’aide aux familles représente 2,9 % du PIB de la Hongrie, contre 2,2 % en moyenne dans l’UE. Les femmes en congé de maternité perçoivent une allocation (appelée TGYÁS) égale à 70 % du salaire brut moyen pendant 24 semaines à compter de la naissance de leur enfant.

Les parents en règle de cotisations sociales ont droit à un congé parental jusqu’au troisième anniversaire de leur enfant. L’allocation (appelée GYED) qu’ils perçoivent durant ce congé représente 70 % de leur salaire, mais est plafonnée à 130 200 forints par mois (soit environ 465 €). Les allocations familiales mensuelles s’élèvent à 12 200 forints (39 € environ) par enfant, à 13 300 forints (44 € environ) par enfant si la famille en compte deux et à 16 000 forints (57 € environ) par enfant à partir du troisième enfant.

Qu’ils soient ou non en règle de cotisations sociales, les parents et grands-parents qui gardent un enfant de moins de trois ans chez eux perçoivent des allocations (appelées GYES). Des allocations (GYET) sont également prévues pour les ménages qui comptent au moins trois enfants dont le cadet a entre trois et huit ans. Ces deux allocations sont égales au montant du minimum vieillesse qui est de 28 500 forints (environ 100 €). La limite d’âge est fixée au début de la scolarité pour des jumeaux et à l’âge de dix ans en cas d’enfant handicapé. À partir de 2011, le montant du GYES en cas de naissance multiple est multiplié par le nombre d'enfants. Une autre mesure favorable est l'extension depuis 2011 du GYES aux parents adoptifs.

Pour percevoir l’allocation de garde d’enfant à domicile, le parent ne peut pas travailler avant le premier anniversaire de l’enfant, mais le peut après, mais seulement à temps partiel. Les grands-parents ne peuvent pas travailler avant le troisième anniversaire de l’enfant, mais peuvent travailler à temps partiel (quatre heures par jour) par la suite. Le temps de travail n’est pas limité en cas de travail à domicile.

Après le premier anniversaire de l’enfant, les crèches ou d’autres types de services de garde d’enfants sont accessibles sans limite de temps aux parents recevant l'allocation. Les grands-parents ne peuvent utiliser les crèches qu'à partir des trois ans de l’enfant, et ce à raison de cinq heures par jour maximum. À partir de septembre 2014, les parents seront obligés de mettre leur enfant à l'école maternelle de trois ans à l'âge scolaire (actuellement elle est obligatoire à partir de cinq ans seulement).

Pour encourager les familles à constituer une épargne à long terme pour leurs enfants, chaque enfant né après le 1er janvier 2006 a droit à un capital de naissance. Il s’agit d’un versement unique de 42 500 forints (152 € environ) qui doit être déposé sur un compte bancaire jusqu’au 18ème anniversaire de l’enfant. Si les parents versent également de l’argent sur ce compte, l’État augmente leur mise à concurrence de 20 %, sans toutefois dépasser le montant maximum de 12 000 forints (43 € environ). L’État verse le montant maximum en cas de placement de l’enfant à court ou long terme.

Depuis décembre 2002, les pères peuvent prendre cinq jours supplémentaires de congé parallèlement au congé de maternité. Ils sont rémunérés par leur employeur, qui est ensuite remboursé par l’État. À la naissance de jumeaux ou plus, depuis 2012 les pères peuvent prendre sept jours à la place de cinq. En outre, les deux parents reçoivent deux jours supplémentaires de congés payés par enfant et par an (jusqu'à un maximum de sept jours par an). Avant 2012, seul l'un des parents – généralement la mère – bénéficiait de ce congé payé supplémentaire, mais il a été étendu aux deux cette année.

Depuis début 2011, les familles hongroises bénéficient d’un allègement fiscal significatif, grâce à l’instauration d’une déduction fiscale familiale: elles peuvent déduire un montant mensuel de 10 000 forints (35 € environ) par enfant par mois de leurs impôts pour les familles avec un enfant, 20 000 forints (environ 70 €) pour deux enfants et 33 000 forints (118 € environ) à partir du troisième enfant. En 2011, environ 810 000 parents ont pu bénéficier de cette déduction fiscale familiale, et son montant total annuel se montait à 160 milliards de forints (environ 570 millions €), soit 0,6 % du PIB.

À partir de janvier 2012, une nouvelle "loi fondamentale" (Loi CCXI de 2011 sur la Protection des familles) a été mise en œuvre dans le but d'assurer la stabilité du système actuel de prestations sociales, de subventions et de primes recevables par les familles avec enfants. Cette loi ne pourrait être modifiée ou annulée qu'avec une majorité de 67 % ou plus des voix au Parlement : elle garantit donc la stabilité et la prévisibilité aux familles, avec l'espoir que cela les encouragera à avoir plus d'enfants.

Priorité au développement des services de garde pour la petite enfance

Selon les chiffres de 2011, 75 % des enfants âgés de trois à six ans sont préscolarisés dans le cadre institutionnel, un pourcentage inférieur à la moyenne de l’UE (83 %). Dans les structures préscolaires, l'enseignement, la prévention de la dyslexie et la surveillance sanitaire en général sont gratuits. Les repas sont payants, mais les enfants vivant dans des familles défavorisées ou de plus de trois enfants bénéficient de repas gratuits. Depuis 2011, les enfants reçoivent un repas gratuit dans toutes les classes primaires.

Le défi est plus difficile à relever pour les services de garde destinés aux enfants plus jeunes : selon Eurostat, quelque 8 % seulement des enfants de moins de trois ans en fréquentent, contre 30 % dans l’UE en 2011. Le gouvernement s’emploie donc à développer les services de garde de la petite enfance pour respecter les objectifs de Barcelone. En 2009-2010, un plan d’action a été lancé pour créer 3200 à 3500 places supplémentaires dans les crèches avant 2013.

Pour lutter contre ce problème, le gouvernement a pris des mesures visant à accroître la capacité d’accueil des crèches et des jardins d’enfants. Des structures d’accueil plus souples ont été mises en place ; elles sont gérées par des associations de parents, des ONG, des entreprises ou des municipalités et peuvent accueillir jusqu’à sept enfants. Depuis 2007, le nombre de jardins d’enfants a quintuplé.

Le pourcentage d’enfants exposés au risque de pauvreté était de 40,9 % en 2012. On estime selon les chiffres de 2007 que quelque 14 % des enfants vivent dans des ménages sans emploi, contre 9,3 % dans l'UE. Dans le cadre des efforts déployés pour réduire la pauvreté infantile, les enfants vivant dans des familles à faibles revenus bénéficient de repas gratuits ou à prix réduit à la crèche, à l'école maternelle et durant les sept premières années de l’enseignement primaire. Dans certains cas, les manuels scolaires sont également donnés gratuitement aux enfants.

Dernière mise à jour du profil de pays : février 2014.

Prix aux employeurs respectueux de la vie de famille de leur personnel

Depuis 2000, la Hongrie récompense par un prix du lieu de travail soucieux des familles les entreprises et les institutions qui ont pris des mesures pour aider leur personnel à mieux concilier leur vie professionnelle et familiale. Le gouvernement a pris cette initiative animé notamment par la volonté d’exposer des modèles positifs dont les autres entreprises pourraient s’inspirer. Le gouvernement hongrois a révisé le système et a communiqué sa nouvelle version en 2011.

Le concours a lieu chaque année et est coordonné par le ministère hongrois des Ressources nationales. Depuis 2011, le prix se monte à 20 000 000 forints (70 000 € environ). Les catégories ont été modifiées et incluent désormais les entreprises de petite taille, de taille moyenne et de grande taille ainsi que les entités gouvernementales. Les entreprises qui souhaitent participer doivent déposer leur candidature. En 2011, les autorités ont reçu environ 65 candidatures valables, dont 18 ont été sélectionnées pour la remise des prix à la fin 2011. Les lauréats peuvent utiliser pendant un an le logo du prix afin d’améliorer leur visibilité et leur image de marque. Ils ont également droit à une subvention non remboursable d’une valeur entre 1 000 000 forints (3600 €) et 2 500 000 forints (8900 €).

Sur la base du succès connu par le prix en 2011, le gouvernement hongrois prévoit de le décerner en 2012 également.