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Hongrie : étoffer l’offre de services d'accueil destinés aux enfants pour aider les parents à reprendre le travail

Selon une récente enquête Eurobaromètre, les Hongrois comptent parmi les Européens qui peinent le plus à concilier leur vie professionnelle et leur vie familiale. Certes, les prestations familiales sont supérieures à la moyenne de l’UE, mais la situation financière des ménages est difficile à cause des taux d’emploi peu élevés. Le taux de fécondité enregistré en 2012 en Hongrie – 1,3 enfant par femme – est l’un des plus faibles d’Europe. La stratégie adoptée par le gouvernement pour remédier à ces problèmes consiste notamment à accroître l’offre de services d'accueil des enfants et à créer une nouvelle structure incitative sur le marché de l'emploi pour aider les parents à reprendre le travail.

Rares sont les mères d’un enfant de moins de six ans qui travaillent

Le gouvernement hongrois continue à faire des efforts importants pour aider les familles à concilier vie professionnelle et vie familiale.

Il existe essentiellement deux grandes stratégies pour aider les familles qui ont de jeunes enfants : la première consiste à fournir des structures de garde d'enfants suffisantes pour permettre aux mères de reprendre le travail dans un délai relativement court - environ deux mois - après la naissance de l'enfant. La seconde est privilégiée par les pays où les structures d'accueil des enfants et les places en garderie sont insuffisantes et consiste à fournir des prestations financières pendant beaucoup plus longtemps pour soutenir les parents qui sont obligés de renoncer à un travail rémunéré pendant des années. Et bien entendu, il existe de nombreuses politiques qui allient les deux solutions susmentionnées.

La Hongrie suit essentiellement cette deuxième voie parce qu'elle ne dispose pas d'un nombre suffisant de places de garderie : en 2014, moins d'un enfant de moins de trois ans sur six (16 %) avait une place dans des infrastructures d'accueil des enfants. Cependant, ce pourcentage représente un progrès important par rapport à 2010, lorsque ce ratio n'était que de 12 %. Depuis cette date, le nombre de places en crèches et dans des établissements du même type (garderies) a augmenté de près de 9 000, pour passer à plus de 46 300 places ; cela représente une croissance importante de près de 25 %. Ce progrès est très utile aux mères puisqu'il leur permet de faire garder leurs enfants pendant qu'elles retournent travailler, mais nous sommes loin d'avoir atteint un niveau optimal et l'objectif de Barcelone de 33 % pour 2010. (D'après les données d'Eurostat, près de 8 % des enfants de moins de trois ans fréquentaient des structures d'accueil officielles contre 28 % dans l'UE en 2012.) C'est l'une des principales raisons pour lesquelles le système de prestations familiales hongrois offre une aide financière considérable aux mères jusqu'à ce que leur enfant atteigne l'âge de trois ans.

Heureusement, le nombre de places en jardins d'enfants pour les plus de trois ans est bien supérieur. En effet, sur l'ensemble du pays, près de la totalité de ces enfants peuvent être accueillis dans ce type d'établissement (les problèmes éventuels sont limités à quelques régions). (D'après les données d'Eurostat, près de 75 % des enfants de plus de trois ans fréquentaient des structures d'accueil officielles, contre 83 % dans l'UE en 2012.)

Ces caractéristiques apparaissent également dans les faibles niveaux d'emploi des mères d'enfants de moins de 6 ans : 35,1 % seulement en 2013 par rapport à la moyenne européenne de 59 %, bien qu'il faille noter que ce taux était encore plus faible en 2010 (33,3 %). (Les pères hongrois d'enfants de ce groupe d'âge travaillent également moins que la moyenne de l'UE, mais la différence n'est pas aussi marquée : 80,9 % contre 85,2 %.) Le taux de travail à temps partiel est également extrêmement faible parmi les femmes de ce groupe (15,2 %) par rapport à la moyenne de 39,8 % des 28 pays membres, bien que ce taux ait augmenté de près d'un tiers par rapport à 2010, lorsqu'il n'était que de 10,6 %. Pour toutes les femmes (avec ou sans enfant pour tous les groupes d'âges), le travail à temps partiel représente 9,3 % contre 32,7 % pour la moyenne européenne. Selon une enquête Eurobaromètrepdf Choisir les traductions du lien précédent  sur la vie de famille, 72 % des Hongrois accordent une priorité élevée à un meilleur accès au travail à temps partiel, le pourcentage le plus élevé de toute l'UE. Cependant, dans le cas des mères dont les enfants sont âgés de 6 à 11 ans, le niveau d'emploi est à peu près identique à la moyenne de l'UE (69 % et 69,4 % respectivement) d'après les sources de données d'Eurostat. Nous pouvons donc noter que bien que de nombreux obstacles existent encore, la Hongrie est parvenue à enregistrer une nette progression dans ce domaine ; cependant, il faut mentionner que l'écart de rémunération entre les femmes et les hommes a augmenté au cours des deux dernières années, passant de 17,6 % en 2010 à 20,1 % en 2012, un taux supérieur à la moyenne de l'UE de 16,5 % (données de 2012).

Depuis janvier 2013, les employeurs de mères d'enfants en bas âge pouvaient prétendre à une diminution de leurs cotisations patronales. Pourtant, cet avantage a été supprimé car très peu d'employeurs y avaient recours (principalement parce qu'elle représentait une somme relativement modeste.) Un employeur qui souhaite embaucher une femme qui vient juste de terminer son congé de maternité ou qui reçoit une allocation parentale d'éducation, n'a pas à payer la cotisation d'assurance nationale de 28,5 % jusqu'à ce qu'elle atteigne un salaire brut maximum de 100 000 HUF (environ 330 EUR) au cours de ses deux premières années d'emploi et même la troisième année, il ne paiera que 12,5 % au lieu du montant total. En 2013, les employeurs ont eu recours à cette subvention pour environ 33 000 femmes avec des enfants en bas âge et en 2014, ce chiffre devrait encore augmenter (et atteindre environ 39 000 employées). De plus, à partir de janvier 2014, la durée de la subvention a été prolongée de deux ans (un an avec exemption totale et un an avec exemption fiscale partielle) pour les parents qui ont trois enfants ou plus. On espère que ces mesures inciteront les entreprises à employer des parents de jeunes enfants.

Depuis juillet 2012, le nouveau Code du travail hongrois impose à tous les employeurs du secteur privé de permettre aux mères retournant au travail après un congé de maternité de travailler à temps partiel jusqu'à ce que leur enfant atteigne l'âge de trois ans. Cette obligation existe déjà dans le secteur public depuis janvier 2010. Le gouvernement espère que cette mesure rendra l'emploi à temps partiel plus attrayant pour les employeurs comme pour les employées.

Elle contribue également à aider les mères à reprendre le travail pour permettre aux pères de participer davantage à l'éducation des enfants. C'est pourquoi, le gouvernement a offert le congé payé supplémentaire de 2 jours par enfant et par an (à concurrence de 7 jours par an) aux pères et non plus uniquement aux mères comme auparavant.

Depuis décembre 2002, les pères peuvent prendre cinq jours de congés supplémentaires après la naissance de leur enfant, parallèlement au congé de maternité. Ils sont rémunérés par leur employeur, qui est ensuite remboursé par l’État. À la naissance de jumeaux et depuis 2012 les pères peuvent prendre sept jours de congés supplémentaires au lieu de cinq.

Une autre disposition du gouvernement dans le domaine de la conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale est le train de mesure appelé « GYED Extra » lancé au 1er janvier 2014. Il comprend un ensemble de mesures complexes en faveur de la natalité ; par exemple, depuis cette date, le gouvernement a supprimé l'interdiction de cumuler travail rémunéré et allocations familiales telles que l'allocation parentale d'éducation (appelée « GYES » en hongrois) et les prestations parentales (appelées « GYED » en hongrois et qui ont donné leur nom à ce train de mesures) après le premier anniversaire de leur enfant. (Avant cette date, il était totalement interdit aux personnes touchant l'allocation GYED de travailler, et celles qui touchaient le GYES ne pouvaient travailler qu'à temps partiel.) Cette mesure représentait une avancée importante pour encourager les parents de jeunes enfants à reprendre plus tôt le travail. Les statistiques indiquent qu'au cours du deuxième trimestre de 2014, le nombre de femmes actives bénéficiant de l'allocation parentale d'éducation avait augmenté d'environ 12 500, soit une augmentation de 37 % par rapport à la même période en 2013. Il faut également noter que la plupart de ces femmes occupent, pour la plupart, un emploi à temps complet.

Un large éventail d’allocations familiales

Selon les chiffres de 2012, le budget de l’aide aux familles représentait 2,7 % du PIB de la Hongrie, contre 2,2 % en moyenne dans l’UE. En général, deux types d'allocations sont prévus pour les parents : les allocations destinées exclusivement aux parents qui travaillent et les allocations (généralement d'un montant inférieur) pour tous les parents quel que soit leur situation en matière d'emploi.

Les parents qui satisfont à certaines conditions en matière de cotisations sociales (ils doivent avoir travaillé au minimum 365 jours au cours des deux dernières années) ont droit à un congé parental jusqu’au troisième anniversaire de leur enfant. Au cours des 24 semaines qui suivent la naissance de son enfant, la mère perçoit des prestations de maternité (appelées TGYÁS) égales à 70 % de son salaire brut moyen. Après cette période et jusqu'au deuxième anniversaire de l'enfant, les parents peuvent avoir droit aux prestations parentales (appelées GYED) s'élevant également à 70 % de leur salaire à condition que celui-ci ne dépasse pas 142 000 forints par mois (environ 470 EUR).

Outre ces allocations destinées uniquement aux parents qui travaillent, il existe d'autres types d'allocations de garde d'enfant pour tous les parents. Les allocations familiales mensuelles s’élèvent à 12 200 forints (40 € environ) par enfant, à 13 300 forints (43 € environ) par enfant si la famille en compte deux et à 16 000 forints (52 € environ) par enfant à partir du troisième enfant. Cette aide est disponible jusqu'à ce que l'enfant quitte l'école (à 18 ans environ).

Les parents et grands-parents qui gardent un enfant de moins de trois ans chez eux perçoivent des allocations (appelées GYES) et des allocations (GYET) sont également prévues pour les ménages qui comptent au moins trois enfants dont le cadet a entre trois et huit ans. Ces deux allocations sont égales au montant du minimum vieillesse qui est de 28 500 forints (environ 92 €). La limite d’âge pour toucher le GYES est fixée au début de la scolarité pour les jumeaux et à dix ans pour les enfants handicapés. À partir de 2011, le montant du GYES en cas de naissance multiple est multiplié par le nombre de naissances. Une autre mesure favorable est l'extension du GYES aux parents adoptifs depuis 2011.

Après le premier anniversaire de l’enfant, les crèches ou d’autres types de services de garde d’enfants sont accessibles sans limite de temps aux parents recevant l'allocation. Les grands-parents ne peuvent utiliser les crèches qu'à partir des trois ans de l’enfant, et ce à raison de cinq heures par jour maximum. À partir de septembre 2015, les parents seront obligés de mettre leur enfant à l'école maternelle de trois ans à l'âge scolaire (actuellement elle est obligatoire à partir de cinq ans seulement).

Pour encourager les familles à constituer une épargne à long terme pour leurs enfants, chaque enfant né après le 1er janvier 2006 a droit à un capital de naissance. Il s’agit d’un versement unique de 42 500 forints (152 € environ) qui doit être déposé sur un compte bancaire jusqu’au 18ème anniversaire de l’enfant. Si les parents versent également de l’argent sur ce compte, l’État augmente leur mise à concurrence de 20 %, sans toutefois dépasser le montant maximum de 12 000 forints (43 € environ). L’État verse le montant complémentaire maximum en cas de placement de l’enfant.

En outre, les deux parents reçoivent deux jours supplémentaires de congés payés par enfant et par an (jusqu'à un maximum de sept jours par an). Avant 2012, seul l'un des parents – généralement la mère – bénéficiait de ce congé payé supplémentaire, mais il a été étendu aux deux parents en 2012.

À partir de janvier 2012, une nouvelle « loi fondamentale » (Loi CCXI de 2011 sur la Protection des familles) a été mise en œuvre dans le but d'assurer la stabilité du système actuel de prestations sociales, de subventions et de primes dont bénéficient les couples avec enfants. Cette loi ne peut être modifiée ou annulée qu'avec une majorité de 67 % ou plus des voix au Parlement : elle garantit donc stabilité et prévisibilité aux familles, et l'on espère qu'elle les encouragera à avoir plus d'enfants.

Priorité au développement des services de garde pour la petite enfance

La situation des établissements de prise en charge des enfants a déjà été mentionnée plus haut ; en ce qui concerne les enfants de trois à six ans, comme susmentionné, la situation est bien meilleure : 75 % d'enfants appartenant à ce groupe d'âge fréquentent des structures d'accueil officielles pour les enfants (les objectifs de Barcelone sont de 90 % et la moyenne européenne était de 83 % en 2012.) Dans les structures préscolaires, l'enseignement, la prévention de la dyslexie et les contrôles sanitaires réguliers sont gratuits. Les repas sont payants, mais les enfants vivant dans des familles défavorisées ou de plus de trois enfants bénéficient de repas gratuits. Depuis 2011, les enfants reçoivent un repas gratuit dans toutes les classes primaires.

Le pourcentage d'enfants exposés au risque de pauvreté était de 43 % en 2013, tandis que la moyenne de l'UE pour la même année était de 27,6 %. Selon les chiffres de 2012, on estime que quelque 15 % des enfants vivent dans des ménages sans emploi, contre 11,1 % dans l'UE. Dans le cadre des efforts déployés pour réduire la pauvreté infantile, les enfants vivant dans des familles à faibles revenus bénéficient de repas gratuits ou à prix réduit à la crèche, à l'école maternelle et durant les sept premières années de l’enseignement primaire. Dans certains cas, les manuels scolaires sont également donnés gratuitement aux enfants.

Prix aux employeurs respectueux de la vie de famille de leur personnel

Depuis 2000, la Hongrie récompense par un Prix du lieu de travail soucieux des familles les entreprises et les institutions qui ont pris des mesures pour aider leur personnel à mieux concilier leur vie professionnelle et familiale. Le gouvernement a pris cette initiative animé notamment par la volonté d’exposer des modèles de pratiques exemplaires dont les autres entreprises pourraient s’inspirer. Le gouvernement hongrois a révisé le programme et a communiqué sa nouvelle version en 2011.

Le concours a lieu chaque année et est organisé par le ministère hongrois des Ressources nationales. En 2014, le prix s'élevait à 22 700 000 forints (75 000 € environ). Les catégories ont été modifiées et incluent désormais les petites, moyennes et grandes entreprises ainsi que les entités gouvernementales. Les entreprises qui souhaitent participer doivent déposer leur candidature. En 2014, les autorités ont reçu environ 400 candidatures admissibles, dont 40 ont été sélectionnées. Les lauréats peuvent utiliser pendant un an le logo du prix « Lieu de travail soucieux des familles » afin d’améliorer leur visibilité et leur image de marque. Ils ont également droit à une subvention non remboursable comprise entre 200 000 forints (650 €) et 600 000 forints (1 950 €).

Prix aux employeurs respectueux de la vie de famille de leur personnel

Depuis 2000, la Hongrie récompense par un prix du lieu de travail soucieux des familles les entreprises et les institutions qui ont pris des mesures pour aider leur personnel à mieux concilier leur vie professionnelle et familiale. Le gouvernement a pris cette initiative animé notamment par la volonté d’exposer des modèles positifs dont les autres entreprises pourraient s’inspirer. Le gouvernement hongrois a révisé le système et a communiqué sa nouvelle version en 2011.

Le concours a lieu chaque année et est coordonné par le ministère hongrois des Ressources nationales. Depuis 2011, le prix se monte à 20 000 000 forints (70 000 € environ). Les catégories ont été modifiées et incluent désormais les entreprises de petite taille, de taille moyenne et de grande taille ainsi que les entités gouvernementales. Les entreprises qui souhaitent participer doivent déposer leur candidature. En 2011, les autorités ont reçu environ 65 candidatures valables, dont 18 ont été sélectionnées pour la remise des prix à la fin 2011. Les lauréats peuvent utiliser pendant un an le logo du prix afin d’améliorer leur visibilité et leur image de marque. Ils ont également droit à une subvention non remboursable d’une valeur entre 1 000 000 forints (3600 €) et 2 500 000 forints (8900 €).

Sur la base du succès connu par le prix en 2011, le gouvernement hongrois prévoit de le décerner en 2012 également.