Chemin de navigation

Autres outils

  • Version imprimable
  • Diminuer la taille du texte
  • Augmenter la taille du texte

Croatie

La Croatie élabore actuellement une nouvelle politique familiale. Les changements survenus au sein de la société croate ont une influence considérable sur le façonnement des politiques familiales et sociales. Comme de nombreux pays européens, et depuis maintenant plusieurs années, la Croatie accuse une récession démographique qui s'explique principalement par de faibles taux de fécondité ainsi que par le déclin et le vieillissement de la population. De plus, la structure familiale change et se diversifie, même si ce changement est un peu plus lent que celui que connaissent les pays développés. Les faibles taux de fécondité ne font pas partie des priorités affichées par les politiques familiales, mais cela reste un problème complexe nécessitant d’être adressé au sein de divers domaines.

Changements démographiques et famille

Les indicateurs démographiques témoignent de changements en termes de taille et structure de la population au cours des dernières décennies.

La Croatie connait une baisse des taux de fécondité et fait face au vieillissement de sa population. La pyramide des âges de la population s’est également considérablement transformée. L’indice de fécondité s'est maintenu à un faible taux d'environ 1,5 au cours des dernières années.

Selon le recensement effectué en 2011, 17,7 % de la population étaient âgés de plus de 65 ans alors qu'en 2001 les plus de 65 ans comptaient pour 15,6 % de la population. Le recensement indique également que le nombre de citoyens de plus 65 ans dépassait pour la première fois le nombre d'enfants âgés de 0 à 14 mois, ces derniers représentant 15,2 % de la population. L'analyse du taux de croissance de la population en République de Croatie de 2001 à 2011 fait état d'une croissance négative. En 2011, le taux de croissance de la population était de - 2,2 % (- 9,822).

Le nombre d’enfants nés hors mariage s’élevait à 5 768 et représentait 14 % du nombre total d'enfants nés vivants. L'importance du nombre d'enfants nés hors mariage témoigne d'un changement d’attitudes en matière de naissance, de mariage et de famille. Cela témoigne également d'une augmentation du nombre de femmes non mariées et de l'émergence de nouvelles structures familiales, tout particulièrement de l'union de fait.

Selon les données fournies par l'Institut national croate de statistiques, les familles monoparentales vivant avec au moins un enfant à charge sont plus à risque d’être confrontées à la pauvreté. Les données d'Eurostat ont établi que 33,8 % des enfants (âgés de moins de 18 ans) étaient menacés de pauvreté et d'exclusion sociale en 2012. La Stratégie pour le développement de l'aide sociale (Strategy of Social Welfare Development) en République de Croatie (2011-2016) se concentre sur la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale en identifiant les priorités et les démarches nécessaires à cette fin. En ayant à cœur l'intérêt de l'enfant qui vit avec ses parents au sein d’un environnement familier, la Croatie met en place des mesures visant à offrir une aide et un soutien accru aux familles ou aux parents qui encourent un risque plus élevé d'exclusion sociale. Ces mesures cherchent à prévenir le développement de situations à risque qui nécessiteraient le retrait de l'enfant de sa famille et son placement en centre ou famille d'accueil.

Un réseau de soutien à la famille

Les politiques familiales de la République de Croatie comprennent de nombreuses prestations financières pour les familles avec enfants, des prestations de maternité et prestations parentales (congés de maternité et congé parental), des allocations familiales ainsi que des prestations en faveur de la natalité. Certaines de ces prestations financières sont également destinées à l'organisation et à la subvention de programmes préscolaires ainsi qu’à d'autres formes de services pour les parents, comme l'éducation gratuite et obligatoire pour les enfants, ou à la subvention d’un cursus scolaire prolongé et autres prestations similaires.  

Le ministère croate de la Politique sociale et de la Jeunesse défend les intérêts et améliore les droits des groupes sociaux les plus vulnérables, tout particulièrement ceux des familles, des enfants, des jeunes et des personnes âgées ainsi que ceux des personnes en situation de handicap grâce à la mise en place d’un modèle de politique sociale exhaustif, qui respecte le principe de subsidiarité, et au développement des normes de qualité, des services personnalisés, de l’informatisation et des systèmes de réseaux.

Le système de soutien à la famille garantit le paiement continu des prestations de maternité et des prestations parentales ainsi que de l'allocation familiale et des prestations en faveur de la natalité en vertu de la loi sur les prestations de maternité et les prestations parentales et de la loi sur les allocations familiales.

La loi sur les prestations de maternité et les prestations parentales s'inscrit au sein du système de politique familiale et de sécurité sociale et permet d'apporter une protection sociale directe en termes de maternité. Elle permet également d'harmoniser vie personnelle et professionnelle, d'encourager une hausse du taux de natalité et de faciliter l'implication des pères dans l’éducation de leurs jeunes enfants.

La loi réglemente le droit des femmes enceintes, des femmes venant d'accoucher et des parents à un congé parental et à une aide financière convenable, quel que soit leur statut professionnel. Cette loi établit également les responsabilités de l'employeur en matière de protection et de droit des femmes enceintes, des jeunes parents et des mères sur le lieu de travail jusqu'au premier anniversaire de l'enfant.  

En Croatie, tous les parents ont droit à un congé de maternité et à un congé parental ainsi qu'à certaines aides financières pendant cette période.

Les femmes enceintes salariées ou les mères peuvent bénéficier d’un congé maternité (congé obligatoire et additionnel) jusqu'au sixième mois de leur enfant. Le congé de maternité obligatoire est de 98 jours sans interruption dont 28 jours doivent être pris avant la date présumée de l'accouchement et 70 jours doivent être pris après l'accouchement.

À la fin du congé de maternité obligatoire, une mère salariée ou travailleuse indépendante a droit à un congé de maternité additionnel jusqu'au sixième mois de l'enfant. Ce congé additionnel peut être transféré au père de l'enfant.  

Au sixième mois de l'enfant, un parent salarié peut bénéficier d’un congé parental pouvant être pris jusqu’à ce que l’enfant ait 8 ans. Les deux parents qui travaillent ont droit à un congé parental d'une durée commune : 8 mois pour la première et la deuxième naissance, et 30 mois pour des jumeaux, une troisième naissance ou plus (pour chaque parent pendant une durée de 4 ou 15 mois). Si le congé parental n'est utilisé que par l'un des deux parents, il peut être utilisé pendant 6 mois pour la première et la deuxième naissance et 30 mois pour des jumeaux, une troisième naissance ou plus.  

Le père ou la mère perçoit une indemnité équivalente à la totalité du salaire touché au cours des 6 mois précédant le congé pendant toute la durée du congé obligatoire ou additionnel. Les prestations parentales s'élèvent à 348 euros.

Un parent au chômage (y compris un parent percevant d'autres sources de revenus) est dispensé de toute recherche d'emploi dans le cadre du congé de maternité ou du congé parental. Il peut également bénéficier d’une aide financière au cours de cette période, dès la naissance de l'enfant.

Les mères qui ne sont pas sur le marché du travail peuvent bénéficier d'une aide financière pour la période de maternité et la période parentale nécessaire afin de s'occuper du nouveau-né.

La période de maternité s'étend de la naissance de l'enfant à ses 6 mois alors que la période parentale s'étend des 6 mois de l'enfant à son premier anniversaire dans le cas d'une première ou deuxième naissance, ou jusqu'au troisième anniversaire de l'enfant lorsqu'il s'agit de jumeaux, d'une troisième naissance ou plus.

Dans cette situation, l'aide financière accordée s'élève à 217 euros.

La loi sur les allocations familiales définit les critères d'accès aux prestations soumises à conditions de ressources ainsi que les personnes pouvant bénéficier de ce droit. Les conditions d'accès à l'allocation familiale sont les mêmes pour toutes les catégories de personnes y ayant droit. En accord avec les différentes catégories de revenus actuelles, l'allocation familiale varie de 26 à 109 euros.

La prestation en faveur de la natalité en cas de troisième et quatrième naissance peut être accordée au bénéficiaire de l'allocation familiale à la seule et unique condition que celui-ci exerce son droit à la prestation en question pour trois ou quatre enfants à raison de 65 euros par enfant.  

Services destinés aux enfants et à la famille

Depuis quelques années, la Croatie connait de nombreux changements et le « concept d'investissement social » prend de plus en plus d’ampleur, tout particulièrement en termes de développement de programmes d’éducation préscolaire de haute qualité financés par le gouvernement. Les mesures prises par le pouvoir public ne s’apparentent pas à de simples dépenses puisqu’une éducation préscolaire de qualité est perçue comme un atout pour l’avenir des enfants. Un tel investissement n’est donc plus considéré en termes de dépenses mais en termes d’investissement qui apportera de nombreux résultats (par exemple : embauche des deux parents et paiement des impôts, risque de pauvreté infantile réduit et moins de dépenses nécessaires afin de remédier aux conséquences de la pauvreté infantile, une future main-d’œuvre de qualité etc.). En Croatie, l’investissement alloué aux programmes et services destinés à l’enfant et à la famille correspond en moyenne à 1,6 % du PIB.

Le choix pris par la plupart des familles croates de remplir leur rôle de parents tout en participant au marché du travail met en évidence l’importance de la prise en charge préscolaire.

La prise en charge préscolaire est organisée et mise en place pour les enfants dès l’âge de 6 mois et ce jusqu’à leur entrée à l’école primaire. Les programmes de prise en charge et d’éducation préscolaire se font par petits groupes à la crèche ou à la maternelle et peuvent également prendre la forme de programmes réguliers, à la journée ou à la garderie – pour les enfants âgés de 6 ans ne participant à aucun programme préscolaire de manière régulière ou à aucun programme de courte durée.

Une structure préscolaire peut être financée par le gouvernement, par certaines communautés religieuses (écoles maternelles de confession religieuse) et par certaines personnes morales ou physiques (écoles maternelles privées).

Au début de l’année scolaire 2010/2011, un total de 1 495 structures préscolaires et autres personnes morales comptaient à leur actif des programmes d’éducation préscolaire, et 125,166 enfants étaient inscrits à ces programmes d’éducation préscolaire. Parmi l’ensemble de ces enfants, 18,8 % étaient âgés de moins de trois ans.

La loi sur les nourrices a été adoptée afin d’améliorer les formes extra-institutionnelles de l’assistance familiale. Aux vues des besoins nécessaires, de telles formes de prise en charge des enfants ont été légalement régulées afin de proposer aux enfants et aux parents un service professionnel de qualité et de permettre aux nourrices de travailler dans le respect de la loi. L’adoption de la loi sur les nourrices a permis de créer un système transparent et juridiquement sûr ainsi qu’une offre de service professionnel et responsable.

En Croatie, certains centres familiaux proposent des services d’aide psychologique et offrent leur assistance aux familles et particuliers. À travers les activités qu’ils réalisent, les centres familiaux cherchent à améliorer la qualité de vie des enfants, des jeunes et de leurs familles tout en faisant la promotion des valeurs familiales et en encourageant une attitude responsable de la part des parents. Les programmes mis en place par les centres et services familiaux sont destinés aux enfants et aux jeunes, aux parents, aux jeunes couples et futurs parents, aux enfants présentant un trouble du développement, aux personnes en situation de handicap et leur famille ainsi qu’aux autres groupes sociaux vulnérables. L’ensemble des services proposés par les centres familiaux sont gratuits.

Fin 2008, le gouvernement de la République de Croatie a créé la fondation « La Croatie au chevet des enfants ». La fondation accorde des subventions en espèce et en nature ou autorise les familles et les enfants à participer à certains programmes culturels, pédagogiques, récréatifs, sportifs et autres. La fondation décerne également des bourses d’études aux étudiants inscrits à l’université publique ou aux élèves de l’enseignement secondaire.

Les informations relatives au profil de ce pays ont été mises à jour en février  2014.