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Autriche: Un soutien généreux aux familles

En Autriche, les aides accordées aux familles sont parmi les plus généreuses d’Europe, représentant 2,8 % du PIB du pays (en 2012 et en 2013), par rapport à une moyenne européenne de 2,4 % (en 2012). D’après les données dernièrement publiées par Eurostat, le taux de fécondité y est faible, tout comme dans beaucoup d’autres pays européens, avec 1,4 enfant par femme en 2013. Le taux d’emploi chez les mères d’enfants de moins de six ans est, quant à lui, élevé (69,5 % en 2014) et supérieur à l’objectif de Lisbonne de 60 %. Cependant, de nombreuses femmes exercent une activité à temps partiel (46,9 % en 2014).

La conciliation entre vie professionnelle et vie familiale représente une priorité politique, et l’Autriche y contribue par le biais de mesures aussi bien financières que non financières.

Divers types de prestations pour aider les familles

L’Autriche offre un vaste éventail de prestations financières, versées par la caisse d’allocations familiales, ainsi que d’autres avantages non financiers. Les deux principales prestations financières sont les allocations familiales et l’allocation parentale d'éducation. Les allocations familiales ne sont pas dépendantes des revenus, et ne sont versées qu’aux familles ayant des enfants à charge. Une somme plus importante est allouée aux familles ayant au moins deux enfants à charge. Les familles qui élèvent des enfants lourdement handicapés ou qui ont au moins trois enfants, et dont les revenus sont inférieurs à 55 000 € reçoivent une aide supplémentaire. En 2014 et en janvier 2016, les allocations familiales ont fait l’objet d’une augmentation respectivement de 4 % de 1,9 %, et seront de nouveau augmentées de 1,9 % au 1er janvier 2018.

L’allocation parentale d'éducation (Kinderbetreuungsgeld) a été instaurée pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2002. Depuis 2010, les parents ont le choix entre deux systèmes d'allocation parentale d'éducation (offrant cinq options au total) : une allocation parentale d'éducation forfaitaire (quatre options) à laquelle ils peuvent prétendre indépendamment de leur statut professionnel avant la naissance de l'enfant, ou une allocation parentale d'éducation liée au revenu. Cette dernière a pour objectif de donner aux parents touchant un salaire plus avantageux la possibilité de quitter le marché du travail pour une durée limitée, afin de s'occuper de leurs enfants. D'après les informations communiquées par le gouvernement autrichien, le nombre de pères bénéficiant de cette allocation a augmenté depuis l'introduction du nouveau système. Pour recevoir la totalité de l'allocation parentale d'éducation, la mère doit se soumettre à cinq examens de contrôle pendant sa grossesse, et l'enfant doit également faire l’objet de cinq examens postnatals. Ces contrôles sont gratuits.

En plus des prestations financières, l'Autriche propose un système établi de congé parental. Le congé de maternité commence huit semaines avant la date prévue de l'accouchement et se prolonge huit semaines après la naissance (12 semaines en cas de naissances multiples ou d'accouchement par césarienne). Les femmes en congé maternité reçoivent une indemnisation d'un montant correspondant au salaire moyen perçu au cours des trois mois qui ont précédé le début du congé. Cette indemnisation est financée par la Caisse d'allocations familiales (70 %) et par une Caisse d'assurance maladie (30 %). Le congé parental, qui protège le parent contre toute résiliation de son contrat d'embauche, peut être pris jusqu'au deuxième anniversaire de l'enfant. Il est possible de reporter une partie de ce congé à plus tard mais dans ce cas, aucune protection particulière contre les licenciements ou les préavis de licenciement n’est garantie.

Meilleurs services de garde et d’accueil des jeunes enfants

D’après les statistiques nationales de 2014, 25,9 % des enfants de moins de trois ans (17 % en 2013, selon Eurostat), 94 % des enfants de moins de six ans et 97,9 % des enfants de cinq ans étaient accueillis dans des structures d'accueil officielles (y compris nourrices et école maternelle).

Depuis 2009, le gouvernement fédéral a dépensé près de 70 millions d’euros par an pour l’éducation préscolaire gratuite pour les enfants de cinq ans. En 2010, cet enseignement préscolaire est devenu obligatoire.

Afin de pouvoir concilier à nouveau travail et vie de famille, le gouvernement autrichien a investi 390 millions d’euros dans le développement des services de garde entre 2008 et 2017. Par ailleurs, les gouvernements régionaux (Länder) ont consacré 250 millions d’euros supplémentaires à la création de nouvelles structures d'accueil pour les enfants. Ainsi, jusqu’en 2014, plus de 47 000 places ont été créées pour les enfants de moins de six ans.

Les heures de fonctionnement ont également été changées pour que les structures restent ouvertes plus longtemps. 62 % des enfants de moins de trois ans et 42 % des enfants entre trois ans et l’âge de scolarité obligatoire inscrits à la garderie sont gardés par des structures ouvertes plus de 45 heures par semaine et ce, 47 semaines par an. Seulement 5 % de ces garderies ou structures ferment à partir de midi et environ 1 % de ces structures ferment à l’heure du déjeuner.
Depuis 2009, les frais de services de garde d'enfants qualifiés sont déductibles de l'impôt sur le revenu, à concurrence de 2 300 euros par an et par enfant, jusqu'à l'âge de dix ans.

Les initiatives gouvernementales aident à concilier vie professionnelle et vie familiale

En dehors des mesures législatives, il existe d’autres mesures sociales et de sensibilisation conçues pour aider les parents dans leur participation au marché du travail.

Les systèmes d'audit, comme « l’Audit des municipalités favorables à la famille » qui a été lancé pour aider les municipalités à mieux répondre aux besoins des enfants et des familles, et « l'Audit famille et travail », mis en place pour aider les entreprises à créer des environnements favorables à la vie de famille, sont considérés comme les meilleures pratiques.

Pour répondre aux besoins particuliers de groupes spécifiques, « l’Audit de l'université et de la famille » a été lancé en 2011. « L’Audit familial et professionnel », destiné aux établissements de santé, et « l’Audit compact », pour les petites et moyennes entreprises, ont été lancés en 2013.

Dans le même domaine, on peut citer une autre mesure : le Prix national de l’entreprise des « Entreprises en faveur des familles » (anciennement appelé « l'Entreprise la plus favorable à la vie de famille »), lancé en 2010 et qui a lieu tous les deux ans. Les entreprises ayant entrepris des efforts novateurs afin de créer des environnements favorables à la vie de famille peuvent poser leur candidature.

En 2014, la « Société de gestion du travail et de la famille » (Family and Work Management Pty. Ltd. Corporation) a créé une plateforme centralisée pour proposer des services de garde et d’accueil des enfants pendant les grandes vacances. En 2015, cette dernière a été modifiée, proposant désormais ces services toute l’année. Cette année, près de 900 projets ont pu voir le jour, comme, par exemple, celui concernant l’application disponible sur smartphone qui permet aux familles de facilement trouver l’offre qui leur convient le mieux. La Charte de « conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale », achevée et signée en 2012 pour marquer l’engagement public des entreprises et des organisations à prendre des mesures en faveur du bien-être des familles, a été évaluée en 2015 afin de pouvoir fournir une vue d’ensemble de ces mesures, mises en places par les signataires du document. Fondé sur la Charte, le réseau des « Entreprises en faveur des familles » a été créé par le Ministère fédéral de la Famille et de la Jeunesse en mars 2015, et constitue une plateforme pour les entreprises et autres communautés. L’objectif de ce réseau est de permettre une meilleure conciliation du travail et de la vie de famille, et notamment des mesures prises en faveur du travail et celles prises en faveur de la famille. Il vise également à sensibiliser le public à ces questions. Dans le cadre des autres objectifs importants de ce réseau, les partenaires s’engagent à incarner le rôle de modèles et d’éléments moteurs pour d’autres entreprises et communautés, ainsi qu’à montrer l’exemple dans le cadre des mesures instaurées en faveur du bien-être des familles et connues du public.

Dernière mise à jour du profil de pays : décembre 2015.

De nouvelles stratégies en faveur de la participation des jeunes

En 2012 et 2013, l’Autriche a lancé de nouvelles stratégies en faveur du droit des enfants à la participation. Conformément à la Loi 495 du 1er janvier 2013, les autorités intervenant dans l'élaboration des lois sont tenues d’évaluer l’impact des effets (positifs ou négatifs) possibles sur les enfants et les jeunes. À cet égard, les fonctionnaires chargés de préparer les projets de loi sont censés « se mettre à la place » des enfants et des jeunes pour garantir la plus stricte application de la Loi constitutionnelle sur les droits de l'enfant (2011) et de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant.

La Stratégie pour la jeunesse autrichienne est un processus continu et dynamique qui vise à développer et à accroître l'influence des « jeunes dans toutes les politiques ». Elle définit trois grands champs d'action : 1) l'emploi et l'éducation ; 2) la participation et l'engagement ; 3) la qualité de la vie et la collectivité. Pour chacun de ces champs d'action, des objectifs stratégiques sont définis. L'élaboration et la mise en Ĺ“uvre de mesures visant à atteindre ces objectifs relèvent de la responsabilité conjointe de toutes les parties prenantes : politique, administration et société civile. Le principe directeur de toutes ces actions est l'inclusion des jeunes. Celle-ci est assurée de manière indirecte, d’une part, par la contribution continue du Conseil national des jeunes, et des réseaux de travail des jeunes et d’information de la jeunesse. D’autre part, la Stratégie pour la jeunesse autrichienne s’appuie sur les résultats d’études et d’enquêtes menées selon des méthodes spécifiques, afin que les besoins et les préoccupations des jeunes puissent s’intégrer directement dans le processus de développement. Depuis 2014, les jeunes ont la possibilité d’exprimer leurs opinions de façon continue et ce, grâce à de nouveaux modèles de participation. Sur la plateforme en ligne « Donner davantage la parole aux jeunes », les résultats des procédures de participation à travers toute l’Autriche sont recueillis et classés par thème et par région. Cette démarche augmente la portée des revendications individuelles. Cela permet ainsi aux décideurs de connaître les besoins et les opinions des jeunes.

D’autre part, le Ministère fédéral de la Famille et de la Jeunesse a développé un « indice de qualité de vie » qui concerne directement les jeunes participants et ce, conjointement avec ces derniers. À partir d’une enquête menée en premier lieu, ils sont invités à discuter en détail de sujets spécifiques sur une plateforme en ligne. Là, ils ont la possibilité d’échanger, d’exprimer leurs points de vue et de proposer des suggestions. L’ensemble de ces éléments seront par la suite pris en compte afin de développer davantage la Stratégie pour la jeunesse autrichienne.