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Autriche: Un soutien généreux aux familles

En Autriche, les prestations financières offertes aux familles sont parmi les plus généreuses d'Europe. En 2011, elles représentaient 2,8 % du PIB par rapport à la moyenne européenne de 2,2 %. En 2012, le risque de pauvreté et d'exclusion sociale des jeunes Autrichiens de 12 à 17 ans était parmi les plus faibles de toute l'UE (16,8 %). En Autriche, comme dans beaucoup d'autres pays d'Europe, le taux de fertilité est faible et d'après Eurostat n'était que de 1,4 enfant par femme en 2012. Le taux d'emploi des femmes de 15 à 64 ans est élevé (67,3 % en 2012) et supérieur à  l'Objectif de Lisbonne de 60 % ; cependant, de nombreuses femmes travaillent à temps partiel (44,9 % en 2012).

La conciliation entre vie professionnelle et vie familiale représente une priorité politique et l'Autriche y contribue par le biais de mesures financières et non financières. De plus, une campagne en faveur de la famille et des mesures visant à accroître la participation des jeunes étaient au cœur de la politique de la famille autrichienne en 2013.

Divers types de prestations pour aider les familles

L'Autriche offre un vaste éventail de prestations financières, versées par la caisse d'allocations familiales, ainsi que d'autres avantages non financiers. Les principales prestations financières sont les allocations familiales et l'allocation parentale d'éducation.
Les allocations familiales ne sont soumises à aucune condition de ressources et ne sont versées qu'aux familles qui ont des enfants à charge. Les familles qui ont deux enfants ou plus reçoivent des prestations supplémentaires. Les familles qui élèvent des enfants gravement handicapés ou qui ont au moins trois enfants et dont les revenus ne dépassent pas 55 000 euros, reçoivent une aide supplémentaire.
L'allocation parentale d'éducation (Kinderbetreuungsgeld) a été instaurée pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2002. Depuis 2010, les parents ont le choix entre deux systèmes d'allocation parentale d'éducation (offrant cinq options au total) : une allocation parentale d'éducation forfaitaire (quatre options) à laquelle ils peuvent prétendre, qu'ils travaillent ou non avant la naissance de l'enfant, et une allocation parentale d'éducation liée au revenu. Cette dernière a pour objectif de donner aux parents qui ont un certain revenu la possibilité de quitter le marché du travail pendant une durée limitée pour s'occuper de leurs enfants. D'après les informations fournies par le gouvernement autrichien, le nombre de pères qui reçoivent cette allocation a augmenté depuis l'introduction du nouveau système. Pour recevoir la totalité de l'allocation parentale d'éducation, la mère doit réaliser cinq examens de contrôle pendant sa grossesse, puis l'enfant doit subir cinq examens postnatals. Ces contrôles sont gratuits.
En plus des prestations financières, l'Autriche propose un système établi de congé parental. Le congé de maternité commence huit semaines avant la date prévue de l'accouchement et dure pendant huit semaines après la naissance (12 semaines en cas de naissances multiples ou d'accouchement par césarienne). Pendant ce temps, les travailleuses enceintes obtiennent une indemnisation d'un montant correspondant à leur salaire moyen au cours des trois mois qui ont précédé leur congé maternité. Cette indemnisation est financée par la Caisse d'allocation familiale (70 %) et par une Caisse d'assurance maladie (30 %). Le congé parental, qui protège le parent contre toute résiliation de son contrat d'embauche, peut être pris jusqu'au deuxième anniversaire de l'enfant. Il est possible de reporter une partie de ce congé à plus tard mais dans ce cas, il n'y a pas de protection spéciale contre les licenciements ou les préavis de licenciement.

Meilleurs services de prise en charge des enfants

D'après les données d'Eurostat, en 2011, 85 % des enfants autrichiens dont l’âge était compris entre trois ans et l'âge de scolarité obligatoire étaient accueillis dans des structures d'accueil officielles.  Le taux d'inscription des enfants de moins de trois ans s’élevait à 14 % en 2011. Ce taux est inférieur aux  Objectifs de Barcelone pour les enfants de moins de trois ans, légèrement supérieur aux moyennes européennes pour les enfants entre trois ans et l'âge de la scolarité obligatoire (83 %) et inférieur à la moyenne de l'UE pour les enfants de moins de trois ans (30 %). Il faut également noter que les récentes statistiques nationales présentent un tableau beaucoup plus optimiste. D'après ces données, 22,9 % des enfants de moins de trois ans et 92,8 % des enfants de moins de six ans sont accueillis dans des structures d'accueil officielles (nourrices comprises).
Afin de faciliter la conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale, le gouvernement autrichien a investi 100 millions d'euros, de 2008 à 2014, dans l'expansion des services de garde d'enfants. De plus, les gouvernements régionaux (Länder) ont consacré 115 millions d'euros supplémentaires à l'expansion des structures d'accueil pour les enfants. Plus de 31 000 places pour les enfants de moins de 6 ans ont été créées et cette mesure a conduit à 571 assistantes maternelles nouvellement qualifiées supplémentaires. Le gouvernement fédéral prévoit actuellement d'investir 400 millions d'euros supplémentaires, de 2014 à 2017 dans l'expansion des structures d'accueil et l'amélioration de la qualité de la garde d'enfants.
15 millions supplémentaires ont été investis dans l'apprentissage précoce des langues. Depuis 2009, le gouvernement fédéral dépense 70 millions par an en matière d'enseignement préscolaire gratuit pour tous les enfants âgés de cinq ans. En 2010, l'enseignement préscolaire est devenu obligatoire.
Depuis 2009, les frais de services de garde d'enfants qualifiés sont déductibles de la base du calcul pour l'impôt sur le revenu, à concurrence de 2 300 euros par an et par enfant, jusqu'à l'âge de dix ans.

Les initiatives gouvernementales aident à concilier vie professionnelle et vie familiale

En dehors des mesures législatives, il existe d'autres mesures sociales et de sensibilisation conçues pour aider les parents dans leur participation au marché du travail.
La campagne « Les enfants permettent à l'Autriche de rester jeune » a été lancée en 2013. Elle vise à instaurer un environnement accueillant pour les enfants et les familles.
Les systèmes d'audit comme l'« Audit des municipalités favorables à la famille » ont été lancés pour aider les municipalités à mieux répondre aux besoins des enfants et des familles et « l'Audit famille et travail » qui a été mis en place pour aider les entreprises à créer des environnements favorables aux familles, sont considérés comme les meilleures  pratiques.

Pour répondre aux besoins particuliers d'autres groupes cibles, l'« Audit de l'université et de la famille » été lancé en 2011, l'« Audit des soins de santé et de la famille » et l'« Audit compact » pour les petites et moyennes entreprises ont été lancés en 2013.
Dans le même domaine, on peut citer une autre mesure : le Prix national de « l'Entreprise la plus favorable à la famille », lancé en 2010 et qui a lieu tous les deux ans. Les entreprises qui ont réalisé des actions innovantes pour créer des environnements favorables à la famille peuvent poser leur candidature.
En 2012, « l'indice-travailetfamille » un instrument scientifique rigoureux pour évaluer l'orientation vers la famille dans les entreprises, a été mis au point (www.berufundfamilie-Index.at). La même année, la charte de « conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale » a été rédigée pour marquer l'engagement public en faveur des mesures favorables à la famille dans les sociétés et organisations et a été ratifiée par le gouvernement et les partenaires sociaux (http://www.bmfj.gv.at).
L'organisme responsable de la réalisation des audits et du prix national de « l'Entreprise la plus favorable à la famille » est Family and Work Management Ltd.

Les informations relatives au profil de ce pays ont été mises à jour en Mai 2014.

De nouvelles stratégies en faveur de la participation des jeunes

En 2012 et 2013, l'Autriche a lancé de nouvelles stratégies en faveur du droit des enfants à la participation. Conformément au règlement 495 du 1 janvier 2013, les autorités chargées de l'élaboration des lois doivent réaliser une évaluation d'impact des effets (positifs ou négatifs) sur les enfants et les jeunes. Pour ce faire, les fonctionnaires chargés de préparer les projets de loi sont censés « se mettre à la place » des enfants et des jeunes pour garantir la plus stricte application de la Loi constitutionnelle sur les droits de l'enfant (2011) et de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant.

La Stratégie pour la jeunesse autrichienne lancée en 2012, est un processus continu et dynamique qui vise à développer et accroître l'influence des « jeunes dans toutes les politiques ». Basée sur les huit domaines d'action de la Stratégie de l'Union européenne en faveur de la jeunesse et sur une consultation avec des jeunes, la Stratégie pour la jeunesse autrichienne définit trois grands champs d'action : 1. L'emploi et l'éducation, 2. La participation et l'engagement, 3. La qualité de la vie et la collectivité. Pour chacun de ces champs d'action, des objectifs stratégiques sont définis. L'élaboration et la mise en œuvre de mesures visant à atteindre ces objectifs relèvent de la responsabilité conjointe de toutes les parties prenantes - politique, administrative et la société civile. Le principe directeur de toutes ces actions est l'inclusion des jeunes.