Chemin de navigation

Autres outils

  • Version imprimable
  • Diminuer la taille du texte
  • Augmenter la taille du texte

Autriche: Un soutien généreux aux familles

En Autriche, les prestations financières offertes aux familles sont parmi les plus généreuses d’Europe. En 2011, elles représentaient 2,8 % du PIB par rapport à une moyenne européenne de 2,2 %. Comme dans beaucoup d’autres pays européens, le taux de fertilité est faible : d’après les dernières données Eurostat, il n’était que de 1,4 enfant par femme en 2011. Le taux d’emploi des femmes est, quant à lui, élevé (69,9 % en 2012) et supérieur aux objectifs de Lisbonne (60 %). Cependant, de nombreuses femmes ne travaillent qu’à temps partiel (44,9 % en 2012).

La conciliation entre vie professionnelle et vie familiale représente une priorité politique, et l’Autriche y contribue par le biais de mesures aussi bien financières que non financières. Par ailleurs, les mesures visant à accroître la participation des jeunes sont au cœur de la politique familiale autrichienne depuis 2013.

Divers types de prestations pour aider les familles

L’Autriche offre un vaste éventail de prestations financières, versées par la caisse d’allocations familiales, ainsi que d’autres avantages non financiers. Les principales prestations financières sont les allocations familiales et l’allocation parentale d'éducation. Les allocations familiales ne sont pas dépendantes des revenus, et ne sont versées qu’aux familles ayant des enfants à charge. Une somme plus importante est allouée aux familles ayant au moins deux enfants à charge. Les familles qui élèvent des enfants lourdement handicapés ou qui ont au moins trois enfants, et dont les revenus sont inférieurs à 55 000 € reçoivent une aide supplémentaire. En 2014, les allocations familiales ont fait l’objet d’une augmentation de 4 %, et seront de nouveau augmentées de 1,9 % au 1er janvier 2016, ainsi qu’au 1er janvier 2018.

L’allocation parentale d'éducation (Kinderbetreuungsgeld) a été instaurée pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2002. Depuis 2010, les parents ont le choix entre deux systèmes d'allocation parentale d'éducation (offrant cinq options au total) : une allocation parentale d'éducation forfaitaire (quatre options) à laquelle ils peuvent prétendre indépendamment de leur statut professionnel avant la naissance de l'enfant, ou une allocation parentale d'éducation liée au revenu. Cette dernière a pour objectif de donner aux parents touchant un salaire plus avantageux la possibilité de quitter le marché du travail pour une durée limitée afin de s'occuper de leurs enfants. D'après les informations communiquées par le gouvernement autrichien, le nombre de pères bénéficiant de cette allocation a augmenté depuis l'introduction du nouveau système. Pour recevoir la totalité de l'allocation parentale d'éducation, la mère doit se soumettre à cinq examens de contrôle pendant sa grossesse, et l'enfant doit également faire l’objet de cinq examens postnatals. Ces contrôles sont gratuits.

En plus des prestations financières, l'Autriche propose un système établi de congé parental. Le congé de maternité commence huit semaines avant la date prévue de l'accouchement et se prolonge huit semaines après la naissance (12 semaines en cas de naissances multiples ou d'accouchement par césarienne). Les femmes en congé maternité reçoivent une indemnisation d'un montant correspondant au salaire moyen perçu au cours des trois mois qui ont précédé le début du congé. Cette indemnisation est financée par la Caisse d'allocations familiales (70 %) et par une Caisse d'assurance maladie (30 %). Le congé parental, qui protège le parent contre toute résiliation de son contrat d'embauche, peut être pris jusqu'au deuxième anniversaire de l'enfant. Il est possible de reporter une partie de ce congé à plus tard mais dans ce cas, aucune protection particulière contre les licenciements ou les préavis de licenciement n’est garantie.

Meilleurs services de garde et d’accueil des jeunes enfants

D'après les données d'Eurostat, en 2011, 85 % des enfants autrichiens dont l’âge était compris entre trois ans et l'âge de scolarité obligatoire étaient accueillis dans des structures d'accueil officielles. Le taux d'inscription des enfants de moins de trois ans s’élevait à 14 % en 2011. Ce taux est inférieur aux Objectifs de Barcelone et, pour les enfants de moins de trois ans, également inférieur aux moyennes européennes qui s’élèvent respectivement à 84 % et 30 %. Il faut cependant noter que les statistiques nationales les plus récentes dressent un tableau beaucoup plus optimiste. D’après ces données, ce sont 25,1 % des enfants de moins de 3 ans et 92,8 % des enfants de moins de six ans qui sont accueillis au sein de structures d’accueil officielles (nourrices comprises).

Afin de faciliter la conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale, le gouvernement autrichien a investi 100 millions d'euros, entre 2008 et 2014, dans le développement des services de garde d'enfants. De plus, les gouvernements régionaux (Länder) ont consacré 115 millions d'euros supplémentaires à la création de nouvelles structures d'accueil pour les enfants, créant ainsi plus de 38 000 places pour les enfants de moins de 6 ans. Le gouvernement fédéral prévoit d'investir 305 millions d'euros supplémentaires entre 2014 et 2017 afin d’élargir l’offre en structures d'accueil et d’améliorer la qualité de la garde d'enfants. Les gouvernements régionaux prévoient d’apporter une contribution d’environ 134 millions d’euros au cours de la même période. En outre, 15 millions d’euros ont été investis dans l'apprentissage précoce des langues. Le gouvernement autrichien prévoit d’investir 60 millions d’euros supplémentaires dans ce domaine entre 2015 et 2017. Depuis 2009, le gouvernement fédéral dépense 70 millions par an dans l’enseignement préscolaire gratuit pour tous les enfants âgés de cinq ans. En 2010, l'enseignement préscolaire est devenu obligatoire. Depuis 2009, les frais de services de garde d'enfants qualifiés sont déductibles de l'impôt sur le revenu, à concurrence de 2 300 euros par an et par enfant, jusqu'à l'âge de dix ans.

Les initiatives gouvernementales aident à concilier vie professionnelle et vie familiale

En dehors des mesures législatives, il existe d’autres mesures sociales et de sensibilisation conçues pour aider les parents dans leur participation au marché du travail.

Les systèmes d'audit, comme l'« Audit des municipalités favorables à la famille » qui a été lancé pour aider les municipalités à mieux répondre aux besoins des enfants et des familles, et « l'Audit famille et travail », mis en place pour aider les entreprises à créer des environnements favorables à la vie de famille, sont considérés comme les meilleures pratiques.

Pour répondre aux besoins particuliers de groupes spécifiques, l'« Audit de l'université et de la famille » a été lancé en 2011. L'« Audit familial et professionnel » destiné aux établissements de santé, et l'« Audit compact » pour les petites et moyennes entreprises ont été lancés en 2013.

Dans le même domaine, on peut citer une autre mesure : le Prix national de « l'Entreprise la plus favorable à la vie de famille », lancé en 2010 et qui a lieu tous les deux ans. Les entreprises ayant entrepris des efforts novateurs afin de créer des environnements favorables à la vie de famille peuvent poser leur candidature.

Au cours de l’été 2014, l’organisme « Équilibre famille-carrière » (Familie & Beruf Management GmbH) a mis en place une plate-forme centralisée pour toutes les annonces relatives aux services de garde et d’accueil des enfants pendant les grandes vacances. Une application sur smartphone permet aux familles de chercher l’offre qui leur convient le mieux. La charte de « conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale » (Vereinbarkeit von Familie und Beruf) signée en 2012, a été rédigée pour marquer l’engagement public des entreprises et des organisations en faveur des mesures propices au bien-être des familles. Cette charte est sur le point de se développer, pour devenir l’alliance « L’entreprise pour la famille » (Unternehmen für Familien). En 2014, à l’occasion de l’Année Internationale de la Famille, des équipes d’intervention se sont également formées pour promouvoir un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie familiale.

L'organisme responsable de la réalisation des audits et de la remise du prix national de « l'Entreprise la plus favorable à la famille » est l’organisme susmentionné Familie & Beruf Management GmbH.

Les informations relatives au profil de ce pays ont été mises à jour en septembre 2014.

De nouvelles stratégies en faveur de la participation des jeunes

En 2012 et 2013, l’Autriche a lancé de nouvelles stratégies en faveur du droit des enfants à la participation.

Conformément à l’évaluation « Jugendcheck » de l’impact de ces stratégies sur la jeunesse au 1er janvier 2013 (BGBl. II, No. 245/2011), les autorités responsables de l'élaboration des lois doivent réaliser une évaluation d'impact des effets (positifs ou négatifs) sur les enfants et les jeunes. Pour ce faire, les fonctionnaires chargés de préparer les projets de loi sont censés « se mettre à la place » des enfants et des jeunes pour garantir la plus stricte application de la Loi constitutionnelle sur les droits de l'enfant (2011) et de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant, tout particulièrement pour ce qui est de garantir l’avenir des jeunes adultes.

La Stratégie pour la jeunesse autrichienne lancée en 2012 est un processus continu et dynamique qui vise à développer et accroître l'influence des « jeunes dans toutes les politiques ». Prenant appui sur les huit domaines d'action de la Stratégie de l'Union européenne en faveur de la jeunesse, la Stratégie pour la jeunesse autrichienne définit trois grands champs d'action : 1. l'emploi et l'éducation, 2. la participation et l'engagement, 3. la qualité de la vie et la collectivité. Pour chacun de ces champs d'action, des objectifs stratégiques sont définis. L'élaboration et la mise en œuvre de mesures visant à atteindre ces objectifs relèvent de la responsabilité conjointe de toutes les parties prenantes : politique, administration et société civile.

Le principe directeur de toutes ces actions est l'inclusion des jeunes. Celle-ci est assurée de manière indirecte, d’une part, par la contribution continue du Conseil national des jeunes (Bundes Jugend Vertretung) et des réseaux Bundesnetzwerke der Offenen Jugendarbeit (réseau fédéral ouvert pour le travail des jeunes) et Jugendinformation (réseau d’information de la jeunesse). D’autre part, la Stratégie pour la jeunesse autrichienne s’appuie sur les résultats d’enquêtes réalisées selon des méthodes reconnues en sciences sociales, ce qui lui permet d’intégrer directement les préoccupations et les besoins des jeunes dans son développement. Elle aspire à établir un processus de participation propre à la jeunesse, et dans cette optique, un nouveau modèle de participation a vu le jour en 2014, ouvrant aux jeunes la possibilité de faire entendre leur voix à tout moment. Et pour donner aux jeunes les moyens de leur auto-détermination et de leur émancipation tout en contribuant au développement de leur créativité, le Ministère fédéral de la Famille et de la Jeunesse a mis en œuvre l’initiative « Vos projets » (Eure Projekte) qui rend possible la concrétisation de certaines idées à travers une subvention allant jusqu’à 500 €.