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L'UE en bref

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Quel rôle pour l'Union européenne dans le monde?
  • L’Union exerce progressivement une influence dans le monde quand elle s’exprime "d’une seule voix" dans les négociations internationales. C’est le cas pour les négociations commerciales.
  • Dans le domaine de la défense, chaque État reste souverain, qu’il fasse partie d’une alliance militaire telle l’Alliance atlantique ou qu’il dispose d’un statut de neutralité. Néanmoins, les États s’engagent ensemble dans certaines missions de paix et développent des coopérations militaires.
  • La région sud-méditerranéenne et l’Afrique, pour des raisons historiques et de proximité géographique, font l’objet d’une attention particulière de l’Union européenne (politiques d’aide au développement, préférences commerciales, aide alimentaire, coopérations, droits de l’homme).

 

L’Union européenne a atteint le statut de grande puissance mondiale sur les plans économique, commercial et monétaire. D’autres ont dit qu’elle est devenue un géant économique mais est restée un «nain politique». L’expression est excessive. L’Union européenne pèse de tout son poids dans les enceintes internationales, telles que l’OMC, les organismes spécialisés de l’Organisation des Nations unies (ONU), les sommets mondiaux sur l’environnement et le développement.

Cependant, il reste aux États membres de l’Union à faire encore de nombreux progrès sur les plans diplomatique et politique pour s’exprimer d’une seule voix sur les enjeux décisifs de la planète: la stabilité et la paix, les relations avec les États-Unis, le terrorisme, le Proche-Orient, le rôle du Conseil de sécurité de l’ONU. Plus encore, le cœur des souverainetés nationales, les systèmes de défense militaire restent aux mains des dirigeants nationaux liés entre eux seulement par les engagements contractés dans le cadre des alliances telles que le pacte atlantique.

I. Une politique de défense commune en gestation

La politique étrangère et de sécurité commune (PESC) et la politique européenne de sécurité et de défense (PESD), prévues par les traités de Maastricht (1992), d’Amsterdam (1997) et de Nice (2001), ont défini les principales missions de l’Union en matière de défense. L’Union a ainsi développé son "deuxième pilier" — un domaine d’action où prédominent les concertations intergouvernementales ne faisant intervenir que marginalement la Commission et le Parlement. Le mode de décision est fondé sur le consensus avec la possibilité pour tel ou tel État de s’abstenir.

(a) Le paysage politique et stratégique de l'UE en 2006

L’adhésion quasiment simultanée des anciens pays communistes à l’OTAN et à l’UE et l’orientation pacifique prise par la direction de la Russie ont mis fin à plus d’un demi-siècle de guerre froide. Le continent européen se réunifie dans la paix et les coopérations transfrontalières telles que la lutte contre la criminalité internationale, les trafics humains et l’immigration clandestine et le blanchiment d’argent sale.

Un partenariat structuré est établi entre l’Union européenne élargie et ses voisins, dont certains ont vocation, à moyen terme, à rejoindre l’Union.

Les États-Unis ont accepté que les Européens, engagés dans une action militaire à laquelle les Américains ne seraient pas partie prenante, puissent utiliser certains moyens logistiques (détection, communication, commandement et transport) de l’OTAN.

Le terrorisme qui ensanglante la planète depuis les attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington, puis de Madrid en 2004 et de Londres en 2005, a profondément modifié la donne stratégique. Les Européens doivent coopérer plus étroitement dans la recherche d’informations permettant de mettre hors d’état de nuire les auteurs des attentats et leurs instigateurs. La coopération avec les États-Unis et les pays attachés à la démocratie et aux droits de l’homme dépasse aujourd’hui le cadre des alliances défensives traditionnelles.

Dispensaire au Congo © Reuters
L'aide en temps de crise - les soldats de l'UE aident à restaurer la paix au Congo.

(b) Réalisations concrètes dans les domaines de la politique étrangère et de la sécurité commune

En application du traité d’Amsterdam, la nouvelle fonction de «haut représentant de la PESC» a été confiée à M. Javier Solana par le Conseil européen en 1999.

Les pays membres de l’UE, qui veulent constituer entre eux une politique européenne de sécurité et de défense conformément aux traités, se sont fixés un objectif concret: pouvoir projeter une force de réaction rapide assistée d’un soutien naval et aérien, mobilisable pendant un an. Cette force de réaction rapide ne constituera pas encore une véritable armée européenne intégrée puisqu’elle sera composée d’éléments prélevés sur des forces nationales prédésignées.

Néanmoins, la mise en place d’un Comité politique et de sécurité (COPS), d’un Comité militaire de l’Union européenne (CMUE) et d’un État-major permanent de l’Union européenne (EMUE), placés sous l’autorité du Conseil et situés à Bruxelles, donne déjà à l’Union un outil politico-militaire pour répondre aux missions qu’elle s’est fixées: actions humanitaires hors d’Europe, missions de paix et d’interposition.

Le prix très élevé et la sophistication croissante des technologies militaires rendent de plus en plus nécessaires les coopérations industrielles en matière d’industrie d’armement entre les États membres de l’Union. De même, l’éventuelle intervention conjointe des forces armées européennes sur un théâtre extérieur impose de faire progresser la standardisation et l’interopérabilité des matériels. Le Conseil européen de Thessalonique (juin 2003) a décidé la mise en place de l’Agence européenne de défense.

Depuis 2003, l’Union européenne a accompli une série de missions de maintien de la paix et de gestion de crise. La plus importante d’entre elles fut celle effectuée en Bosnie-et-Herzégovine, où une force militaire de l’UE (EUFOR) de 7 000 hommes a remplacé les forces de maintien de la paix de l’OTAN en décembre 2004.

II. Une politique commerciale ouverte sur le monde

L’Union européenne est favorable au système fondé sur des règles mis en place à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), qui constitue un gage de sécurité juridique et de transparence dans la conduite du commerce international. L’OMC fournit un cadre dans lequel ses membres ont la possibilité de se défendre contre des pratiques déloyales, comme le dumping - la vente de produits à des prix inférieurs à leur coût — employées par des exportateurs pour concurrencer leurs rivaux. Enfin, l’OMC prévoit une procédure de règlement des différends dans le cas où un litige surgit entre deux partenaires commerciaux - ou plus.

Main tenant un verre de vin blanc © Reuters
Le vin est l'une des principales exportations de l'UE vers son plus grand partenaire
commercial, les Etats - Unis.

La politique commerciale de l’Union européenne est étroitement liée à sa politique de développement. Dans le cadre de son système de préférences généralisées (GSP), l’UE accorde un accès en franchise de droits de douane ou un accès préférentiel à taux réduit à son marché à la plupart des importations en provenance des pays en développement et des économies en transition. Elle va encore plus loin avec les quarante-neuf pays les plus pauvres du monde, dont l’intégralité des exportations — à la seule exception des armes — peut, dans le cadre d’un programme lancé en 2001, bénéficier d’un accès au marché de l’UE en franchise de droits de douane.

En revanche, l’Union européenne n’a pas d’accords commerciaux spécifiques avec ses principaux partenaires commerciaux parmi les pays développés, tels que les États-Unis et le Japon, avec lesquels les relations commerciales sont gérées au moyen des mécanismes mis en place dans le cadre de l’OMC. Les États-Unis et l’Union européenne cherchent à développer des relations fondées à la fois sur l’égalité et le partenariat. Néanmoins, les États membres n’ont pas tous la même conception des relations diplomatiques, politiques et militaires à établir des deux côtés de l’Atlantique.

L’Union européenne accroît ses échanges avec les nouvelles puissances émergentes et les autres régions du monde, telles que l’Amérique latine et centrale ou la Chine et l’Inde. Ces accords commerciaux prévoient également des coopérations d’ordres technique et culturel.

III. Les relations entre l'UE et les pays méditerranéens

Vis-à-vis des pays du sud de la Méditerranée, qui, par leur proximité géographique, les affinités historiques et culturelles, les flux migratoires existants et potentiels, représentent des partenaires de première importance, l’Union a traditionnellement choisi de mener une politique d’intégration régionale appelée "approche globale méditerranéenne".

C’est en novembre 1995 que l’Union européenne a jeté les bases du nouveau partenariat euro-méditerranéen lors de la conférence de Barcelone à laquelle ont participé tous les États membres de l’UE et les États riverains de la Méditerranée (à l’exception de l’Albanie, de la Libye et des pays de l’ex-Yougoslavie). Cette conférence a permis de définir les contours d’un nouveau partenariat comprenant:

  • un dialogue politique et un partenariat de sécurité entre les pays participants, fondé notamment sur des mécanismes de règlement pacifique des conflits et le contrôle des armements;
  • l’intensification des relations économiques et commerciales interrégionales. L’aspect majeur est la réalisation d’une zone de libre-échange euro-méditerranéenne d’ici à 2010;
  • un partenariat dans les domaines social, culturel et humain.

Une assistance financière de 5,3 milliards d’euros pour la période 2000-2006 a été accordée aux pays méditerranéens. Cette aide se poursuit dans le cadre des perspectives financières 2007-2013 à travers l’instrument européen de voisinage et de partenariat (IEVP), qui fusionne les programmes MEDA II et Tacis (portant sur les pays de l’Est).

IV. L'Afrique

La relation entre l’Europe et l’Afrique subsaharienne est ancienne: elle date de la conception même du traité de Rome, en 1957, qui faisait des pays et des territoires d’outre-mer de certains États membres des associés. Le processus de décolonisation entamé au début des années 60 a transformé ce lien en une association d’un type différent, entre pays souverains.

Enfants récoltant l'eau d'une fontaine au Burkina Faso © EC
L'accès à l'eau potable est une priorité de l'UE.

L’accord de Cotonou, signé en 2000 dans la capitale du Bénin, marque une nouvelle étape de la politique de développement de l’Union européenne. Cet accord, qui lie l’Union aux pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), est l’accord le plus ambitieux et le plus vaste conclu entre des pays développés et des pays en développement. Il a succédé à la convention de Lomé, signée en 1975 à Lomé, capitale du Togo, puis régulièrement mise à jour.

L’objectif fondamental de ce vaste accord d’assistance et d’échanges commerciaux est resté le même. Il s’agit «de promouvoir et d’accélérer le développement économique, culturel et social des États ACP et d’approfondir et de diversifier leurs relations [avec l’Union européenne et ses États membres] dans un esprit de solidarité et d’intérêt mutuel» (citation de la Convention de Lomé).

Le nouvel accord comporte des changements qualitatifs considérables par rapport à ceux qui l’ont précédé, puisqu’il passe de relations commerciales fondées sur l’accès au marché à des relations commerciales plus étendues. De nouvelles procédures ont été définies pour faire face aux problèmes de violation des droits de l’homme.

L’Union a consenti des concessions commerciales particulières pour tous les pays les moins développés, dont trente-neuf sont signataires de l’accord de Cotonou. Depuis 2005, ils peuvent exporter librement pratiquement tous les types de produits sur le marché de l’Union. Le Fonds européen de développement finance les programmes ACP grâce à un budget d’entre 2 et 3 milliards d’euros par an.

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